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« Petite Rome des Gaules » : Arles, ville d’Art et d’Histoire

Arles, au cœur de la Camargue, est une ville d’art et d’histoire située à l’extrémité nord du département des Bouches-du-Rhône. La cité bénéficie d’une double inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, pour le bien culturel « Arles, monuments romains et romans » et pour le bien culturel en série « Chemins de Saint-Jacques de Compostelle en France ». Histoire d’un patrimoine culturel exceptionnel qui a inspiré Van Gogh et Picasso. « Les monuments d’Arles sont comme les belles Arlésiennes : ils resplendissent parce qu’on les aime ».

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La ville d’Arles bénéficie d’une double inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, et possède 112 sites classés au patrimoine national. Arles, comme une trentaine de villes, fait partie de l’Alliance des Villes Européennes de Culture. Arles, « La petite Rome des Gaules« , est une ville qui brille par son passé, fait étinceler le présent et rayonne sur l’avenir.

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Ruelles du quartier Hauture © HélèneDrouet

Arles, une cité rayonnante

Une luminosité extraordinaire, une cité baignée de quiétude et de vent, des monuments classés historiques et des hommes qui en racontent l’histoire, Arles est une ville dynamique, audacieuse, sémillante, son destin est scellé d’art et de beauté.

Voici des colonnes, renversées ou debout, avec des chapiteaux ou des souches, ressemblant à la base d’un vieux tronc, qui sortent de terre comme des lutins. La fontaine ronde, avec un obélisque au milieu et des visages en bronze sur le côté, accueille les touristes qui cherchent un endroit frais pour s’asseoir et se rafraîchir, vers la cathédrale Saint-Trophime d’Arles, l’un des exemples les plus importants du roman provençal du XIIe siècle.

De structure austère et simple, avec un clocher à moitié caché par la façade, elle impressionne par son portique richement décoré et sculpté de figures représentant le Jugement dernier dans la lunette, tandis que l’Annonciation et la Nativité sont visibles sur les chapiteaux.

Arles, une cité provençale au patrimoine de l’Humanité

Arles, splendide cité provençale du département des Bouches-du-Rhône est connue pour ses vestiges romains et médiévaux, pour avoir été fréquentée à un moment crucial de sa vie par Vincent Van Gogh et aussi par Pablo Picasso, mais également pour être un centre chimique et métallurgique important, en plus du tourisme. Arles n’est pas seulement « Un musée à ciel ouvert » comme la définissait François-René de Chateaubriand. Elle est également la ville de France la plus étendue (770 km2). Arles a le privilège d’être la ville avec le plus grand nombre de monuments romains après Rome.

Riche d’Art et d’Histoire, Arles est une cité plurielle qui doit être découverte à pied pour en apprécier son esprit, sa diversité et ses nombreux musées. A travers les ruelles du centre-ville, il faut aller à la découverte de l’Amphithéâtre romain, du Théâtre antique, des thermes romains de Constantin : un voyage surprenant pour remonter le temps. Plus loin, sur la péninsule qui abrite l’antique cirque romain, le musée départemental d’Arles antique est un lieu incontournable parmi les sites insolites à visiter qui nous ont offerts. Située sur le Rhône, qui, après avoir laissé Genève et le Lac Léman, traverse la France, parcourt des cités comme Lyon, Orange, Valence, Vienne et Avignon, avant d’arriver ici, dans le cœur de la Camargue, Arles a le pouvoir envoutant des vieux murs baignés de soleil.

Arles sent la lavande et le terroir camarguais avec les fruits, les légumes du soleil et les produits locaux comme le riz ou encore le sel. Arles frémit de la beauté sauvage des manades et des chevaux. Parfois, quand le vol élégant des flamants roses l’effleure, Arles se colore de rose sous un ciel bleu azur.

Sur les traces de Vincent van Gogh à Arles

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© Ville d’Arles

Des champs de blé brûlés par le soleil, des étendues de lavande à perte de vue, des femmes plantureuses dans des charrettes qui suivent lentement les chemins de campagne, des arbres qui se découpent mélancoliquement dans le bleu de la nuit : c’est ainsi que Vincent van Gogh a peint la Provence et Arles, la ville où il s’est installé en 1888 et où il a passé l’une des années les plus tourmentées de sa vie, mais en même temps une grande inspiration artistique. Les célèbres Tournesols ont été peints cette même année. Et Arles en regorge encore.

Le nom d’Arles est aujourd’hui indissociable de celui de Vincent van Gogh. C’est la lumière qui a attiré Van Gogh dans le midi. Vincent est arrivé à Arles un jour de février 1888 à la recherche de lumière extérieure et d’éclairage intérieur.

Pablo Picasso portrait a la cigarette 1956 Copyright Atelier Lucien Clergue

Pablo Picasso – 1956 © Atelier Lucien Clergue

Commence alors une période de travail intense et passionné dans la lumière du midi. Son séjour à Arles est la période la plus productive de la vie du peintre en termes de peintures et de dessins : plus de 300 œuvres en l’espace de 15 mois forment l’un des chapitres les plus lumineux de l’histoire de l’art. Qui d’Arles ou de Van Gogh a le plus influencé l’autre ? Ici, son ombre plane sur la ville.

Sur les traces de Picasso à Arles

C’est sa passion d’Andalou pour la tauromachie, et plus encore la présence de Vincent van Gogh, figure obsessionnelle, qui ont attiré Picasso à Arles. Une première exposition, organisée au Musée Réattu par Jean-Maurice Rouquette en 1957, avait permis de réactiver les liens que l’artiste avait toujours entretenus avec Arles.

L’année suivante, à Vauvenargues, Picasso entreprend la série de huit portraits de Jacqueline en Arlésienne, écho amplifié des Arlésiennes réalisées en 1912, puis en 1937, avec cette fois Lee Miller comme modèle. C’est en 1971, deux ans avant sa mort, que Pablo Picasso scelle cet attachement en offrant au musée un ensemble de cinquante-sept dessins soigneusement sélectionnés.

Arles, ville d’art

Les Rencontres de la photographie d’Arles

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© Ana Lefaux

Depuis 1969, Arles est également la capitale internationale de la photographie. Un festival unique en son genre, de juillet à septembre, dans le cœur de la cité, avec pratiquement 60 expositions. Avec une programmation composée essentiellement de productions inédites, les Rencontres d’Arles ont acquis une envergure internationale. Lors de l’édition de 2019, le festival a accueilli 145 000 spectateurs. Souvent produites en collaboration avec des musées et des institutions françaises et étrangères, les expositions présentées dans différents lieux patrimoniaux de la ville font l’objet d’une scénographie et certains sites historiques – tels que des chapelles du XIIe ou des bâtiments industriels du XIXe- ne sont ouverts au public que pendant la durée du festival.

De nombreux photographes ont été révélés grâce aux Rencontres d’Arles, ce qui confirme l’importance du festival dans son rôle de tremplin pour la photographie et la création contemporaine.

Le festival Arelate

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© Guillaume Bonfils

Le festival Arelate « journées romaines d’Arles » anime l’antique cité d’Arles et cherche à rassembler à nouveau un large public autour de ce patrimoine romain qui a vu s’unir les peuples du bassin méditerranéen et de l’Europe occidentale et plonger au cœur des racines arlésiennes pour partager le sentiment réconfortant d’appartenir à un grand tout. Archéologues, historiens, reconstituteurs, artistes et passionnés attendent le public pour lui livrer les clefs de cette époque romaine qui a façonné Arles pour des millénaires !

Arles, ville d’histoire

Théliné, la nourricière

Avec une occupation continue, les civilisations successives se sont inscrites tour à tour dans le paysage d’Arles. Vers 625 avant J.C., l’éminence rocheuse est occupée par des indigènes. Les fouilles ont montré pour cette période une grande abondance de vaisselle et d’amphores liées au commerce des navigateurs Grecs, en particulier ceux de Massalia. Dès 500 avant J.-C., une première urbanisation est mise en place dans les quartiers sud (fouilles du jardin d’hiver en 1975) et plusieurs autres sondages ont montré les restes d’un habitat organisé dans le centre du site. Au IVe siècle avant J.-C., l’habitat et la nature des vaisselles utilisées semblent indiquer la prédominance d’une vie indigène (celto-ligure). Dès le IIe siècle avant J.-C., on constate une très forte présence italienne dans l’Arles préromaine avec une présence économique, et peut-être déjà culturelle.

Arelate, la ville des marais, capitale des Gaules

Des textes célèbres évoquent le commerce d’Arles : l’Anonymi totius orbis descriptio, un poème d’Ausone, un Édit de l’empereur Honorius. Le port exporte le vin, l’huile, le grain. Il est en relation avec Rome et avec l’Orient d’où arrivent des produits de luxe, entre autres les marbres servant à la fabrication des sarcophages. Les inscriptions montrent à côté de marins indigènes des éléments grecs et orientaux. Des textes tardifs des Ve et VIe siècles attestent l’existence d’une communauté juive.

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© Guillaume Bonfils

Dès le IVe siècle, on cite « Arelate », nom donné à Arles par la tribu celtique-ligure d’origine. Durant la période gallo-romaine, la ville devint un des centres les plus importants en France, avec l’édification de grandes infrastructures, en particulier le canal érigé par le général Caius Marius en 102 avant J.-C., les fameuses Fosses Mariennes, un canal fluvial entre Fos et Arles, qui rejoignait le Rhône, amenant ses eaux jusqu’à la mer et contribuant à faire de Arelate un centre marchand important. Arles devint totalement romaine quand Jules César distribua les terres de la zone entre ses légionnaires en 46 avant J.-C., devenant Colonia Julia Paterna Arelate Sextanorum. Durant le règne de l’empereur Auguste, la cité continua son développement marchand, accompagné d’une croissance démographique et par conséquent, urbanistique. Au IVe siècle, la cité devient une des résidences préférées de l’empereur Constantin. Chef-lieu de la Préfecture des Gaules, elle devint la seconde capitale de l’Empire.

Capitale politique et religieuse

portrait de Lee Miller en Arlesienne, 1937, huile sur toile pablo picasso

Portrait de Lee Miller en Arlésienne, 1937, huile sur toile, dépôt de l’État en 1990 © Succession Picasso

Dans cette ville où une partie de la population a célébré des cultes orientaux, dont certains habitants sont des Juifs, des Chrétiens se sont fixés de bonne heure. Au milieu du IIIe siècle, il y a un évêque. En rapport évident avec la présence du préfet du prétoire s’affirment les prétentions de l’Église d’Arles à la primatie. Pour étayer ces ambitions naît la légende de Trophime envoyé par Saint-Pierre « pour fonder l’Église d’Arles et rayonner sur la Gaule ». La personnalité de ses évêques Honorat, Hilaire, Césaire contribue au prestige de cette église. L’évêque d’Arles a sous son autorité la moitié méridionale de la Viennoise. Il est désormais un archevêque. Césaire se révèle un pasteur infatigable. Il fonde un monastère de femmes et, en 514, le pape Symmaque lui confère le titre de vicaire apostolique pour la Gaule entière. Lorsque s’achève l’époque romaine, au tournant des Ve et VIe siècles, dans une large mesure, la topographie religieuse de la ville est en place et surtout Arles est riche de toute une série de monuments : deux établissements de bains dont les thermes dits de Constantin construits au IVe siècle, un théâtre, un amphithéâtre, un forum, des cryptoportiques, un cirque, une enceinte, un aqueduc amenant l’eau des Alpilles, deux nécropoles, l’une à Trinquetaille, l’autre aux Aliscamps ; un arc de triomphe l’arc de triomphe du Rhône), des maisons ornées de mosaïques, des sarcophages, un obélisque…

1170. Début des travaux de sculpture des façades de la basilique Saint-Trophime d’Arles.

1170. Première attestation en France de moulins à vent dans une charte de la ville d’Arles. L’idée a été rapportée du Moyen-Orient par les croisades. Les croisés découvrent en Terre Sainte des moulins perses très différents de ceux qui seront utilisés en Europe : les éoliennes ont un axe vertical et sont confinées à l’intérieur du moulin. L’air actionne l’éolienne en s’engouffrant dans la tour.

Arles et ses monuments historiques

« Les monuments d’Arles sont comme les belles Arlésiennes : ils resplendissent parce qu’on les aime »

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Piste gradins Amphithéâtre © R Laniel

Nous en citerons quatre seulement. Qu’il s’agisse de l’Aqueduc de Barbegal, des Alyscamps, les Champs Elysées, cité des morts vertueux dans la mythologie grecque, qui, de l’époque romaine au Moyen Âge, les Alyscamps ont été une nécropole païenne puis chrétienne peints par Van Gogh et Gauguin, des Arènes, construites à la fin du 1er siècle, son amphithéâtre fut ensuite transformé en forteresse puis en lieu de résidence et qui, avec 136 mètres de longueur et 107 de largeur, sur deux étages, composés chacun de 60 arcades, pouvaient accueillir 22 000 spectateurs, du théâtre antique pouvant contenir jusqu’à 20 000 personnes, le lieu idéal pour les représentations de danse, les projections cinématographiques et les festivals, construit à l’époque de Vespasien (75 avant J.-C. et dont Henry James, écrivain américain célèbre pour sa littérature de voyage de fin 1800, écrivait : « Ce sont les ruines les plus belles et les plus émouvantes que je n’aie jamais contemplées. » ; de la cathédrale, célèbre pour son magnifique cloître et l’élaboration de son portail sculpté au XII e siècle, dédiée à Saint Trophime et construite à partir de 1080 sur une église bien plus antique, chef-d’œuvre de l’art roman provençal dans la lignée du style classique roman, les monuments d’Arles sont comme les belles Arlésiennes : ils resplendissent parce qu’on les aime.

Photo à la Une © Lionel Roux

Localisation : Arles
Date : 29 avril 2021

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