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La culture au temps du Coronavirus, la Région Sud Provence Alpes Côte d’Azur se mobilise

L’art est un patient qui guérit toujours. Au temps du coronavirus, nous nous apercevons que la culture si fragile et trop souvent mise à l’écart, est indispensable. Élément de vie, nourriture essentielle, la culture permet de rester humain quand le monde devient fou. Pour soutenir ce monde culturel indispensable à l’ouverture aux autres et l’émancipation de chacun, la Région Sud Provence Alpes Côte d’Azur lance le plan « Terre de Culture ».

La culture au temps du Coronavirus


Soutien de la culture au temps du coronavirus,« Le Plan « Terre de culture » de la Région Sud :
Un 1er volet de 3,2M€ aux filières du livre et de la lecture, des arts plastiques et visuels, du cinéma et de l’audiovisuel ainsi que du spectacle vivant »

Adopté le 10 avril dernier, le Fonds exceptionnel de 5M€ affecté à la Culture par la Région Sud entre dans sa phase opérationnelle. La Commission Permanente du 19 juin a ainsi voté un 1er volet d’aides d’urgence de 3,2M€ qui sera suivi, en octobre prochain, de mesures destinées à favoriser la relance de l’activité culturelle partout sur le territoire de Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Ces aides ont été arbitrées après de nombreuses consultations, en visioconférence, de l’ensemble des professionnels concernés. Des élus ont aussi été associés à ces moments essentiels d’échange, afin que les décisions soient prises dans le respect des compétences et des avis de chacun. (source communiqué de presse de la Région Sud du 23 juin 2020)

« La culture favorise l’ouverture aux autres et l’émancipation de chacun. Elle est aussi le résultat d’un travail intense porté par des professionnels qu’il faut impérativement soutenir dans une période où leur capacité d’agir est mise à mal. Avec notre majorité, nous accordons la plus grande importance à la vie culturelle et à toutes celles et ceux qui l’incarnent pour le plus grand bonheur des habitants du Sud. Ces aides exceptionnelles montrent l’attention que la Région Sud porte à tous les secteurs, sans exception, touchés par la crise sanitaire » ont déclaré Renaud Muselier, Président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Président de Régions de France, et Christian Estrosi, Président délégué de la Région, Maire de Nice, Président de la Métropole Nice Côte d’Azur.

La Culture au temps du Coronavirus

« La culture est création, rencontre des hommes, produit des échanges entre les hommes. Elle est plongée dans l’histoire des hommes, elle est l’histoire même de tous les hommes pétris, forgés ensemble. Elle est la négation même de la fatalité de l’exclusion. » Joseph Wresinski

Définition de la Culture

Du latin cultura, son sens courant la rapporte à la formation spirituelle, ayant élevé le goût, l’intelligence et la personnalité à la dimension de l’universel. L’homme cultivé est ainsi en mesure d’exercer son jugement Dans son sens sociologique, la notion s’entend de l’ensemble complexe incluant connaissances, techniques, traditions et caractérisant une société ou un groupe donné. La culture est l’ensemble des connaissances, des savoir-faire, des traditions, des coutumes, propres à un groupe humain, à une civilisation. Elle se transmet socialement, de génération en génération et non par l’héritage génétique, et conditionne en grande partie les comportements individuels.

Au début était la culture

À partir du XVI° siècle, la culture cesse de désigner exclusivement le travail des champs pour évoquer, dans la perspective de l’humanisme, le développement des facultés mentales grâce à des exercices appropriés. Cicéron est le premier a appliquer le mot « culture » aux choses de l’esprit ou à l’âme (animus) : « Un champ si fertile soit-il,  ne peut être productif sans culture, et c’est la même chose pour l’âme sans enseignement » (Tusculanes, II, 13). Cette « culture de l’âme » est synonyme de ce que Cicéron appelle par ailleurs les « humanitas », cela même que les grecs appelaient paiedeia, terme qui désigne « le traitement à appliquer aux enfants pour qu’ils deviennent des hommes ».
Au XVIII° siècle le mot culture (Kultur en allemand) est employé – d’abord en Allemagne puis en France dans les écrits qui marquent le mouvement des Lumières – en concurrence avec le mot civilisation. Le mot désigne alors  un processus intérieur de formation, d’acquisition d’une discipline, de maturation intellectuelle et morale.
Comme «créativité» ou «amour», la «culture» est l’un de ces termes dont le sens est connu de tous, dont nous tenons pour acquis le sens, dont la définition en résumé est vraiment difficile et, quelle que soit sa formulation, est susceptible d’apparaître mécanique et réductrice. Comme le dit le dictionnaire, la culture est l’ensemble des connaissances qui forment la personnalité et la capacité critique d’un individu, l’ensemble des connaissances propres à un peuple entier, et l’ensemble de ses croyances et traditions. Dans le concept de culture, il y a donc aussi l’identité, la capacité, l’expression de soi en tant que personne et en tant que communauté, le projet, l’imagination, la mémoire du passé et la projection dans l’avenir, l’évolution, la fierté et le sens de soi et mille autres choses. Enlever la culture signifie réduire les peuples et les individus à être des phénomènes biologiques.

Première victime, la culture

« L’actualité nous montre en permanence comment la peur conduit souvent à déverser de l’agressivité sur l’autre : l’infidèle, l’étranger, le rival, le marginal. Cette violence en nous, la culture a essayé de l’apprivoiser. Si nous n’essayons pas ensemble de la dépasser, elle ressurgira par un dictateur, un savant fou, ou un groupe d’exaltés. »

La culture au temps du coronavirus

Statue : La Nature se dévoilant (1899) Marbre et onyx polychrome d’Algérie, terrasse en granit gris, scarabée en malachite, ruban en lapis-lazzuli H. 200 ; L. 85 ; P. 55 cm Paris, musée d’Orsay © Ernest Barrias (1841-1905)

Les conséquences sociales d’un phénomène tel que celui du coronavirus font que la culture est la première victime. Nous sommes confrontés à un danger invisible, qui fait de tout autre être humain un ennemi potentiel. La conséquence directe est l’élimination de tout ce qui est le plus humain: l’art, les différentes formes d’expression, la sociabilité, le contact. Les cinémas ferment, les sorties de films sont reportées, les spectacles et concerts annulés, le football est regardé en direct à la télévision depuis les stades à huis clos.
Tout cela nourrit la psychose collective, la terreur de l’autre. Ainsi, la partie la plus pure de la nature humaine est bloquée, ce qui se manifeste précisément dans ces formes d’art et dans cette coexistence civile, dans ce partage d’expériences. Si j’ai peur de l’autre parce que je devais m’intéresser à ce qu’il a à dire, à sa créativité, pourquoi devrais-je partager mes émotions avec lui? D’un autre côté, nous nous retrouvons dans cette individualité néfaste, qui se manifeste par la xénophobie, le racisme, le nationalisme, la fermeture. C’est aussi grâce aux réseaux sociaux, qui nous ont habitués à une communication rapide et incontrôlée, qui permet à chacun de s’exprimer sans sélection adéquate et sans contrôle.

Rester humain quand le monde devient fou

« La culture est un antidote à la violence, car elle nous invite à la compréhension d’autrui et féconde la tolérance, en nous incitant à partir à la rencontre d’autres imaginaires et d’autres cultures. » (Renaud Donnedieu de Vabres)

Si la Culture est la première victime quand il y a un climat tendu et effrayant, la Culture est toujours la première à renaître quand il faut alors se reconstruire. L’humanité trouve toujours un moyen de récupérer, de se retrouver. Lorsque la peur est vaincue, nous revenons toujours à nous reconnaître en tant que communauté, et le pouvoir de l’Art, sous toutes ses formes, est de donner la parole à cet organisme. Il nous permet de partager des émotions que nous redécouvrons universelles, qui nous unissent, qui rendent toute cette méfiance absurde et rendent les pièces isolées si froides. Nous sommes sûrs: les cinémas et les théâtres rouvriront, nous nous retrouverons dans les salles puis commenterons ensemble. Nous nous retrouverons sous les mêmes scènes et aux mêmes événements, sans masques et sans peurs. L’art est un patient qui guérit toujours.

Il y a de la violence dans l’interruption soudaine d’une saison, c’est une rupture avec la société. Ce qu’un théâtre propose, c’est le contraire de ce que produit cette pandémie, c’est-à-dire la dislocation du lien social. La crise sanitaire nous met en garde: elle raconte l’histoire des dysfonctionnements de notre monde. Son ampleur aura un impact sur l’imagination des artistes dans les prochains mois. Les crises devraient servir d’indicateur pour corriger les façons de penser et d’agir.

Capitalisme et Culture

Le développement de la culture de masse a entraîné l’érosion des formes autonomes de culture populaire et la dissolution des liens sociaux au profit d’un monde artificiel d’individus isolés, fondement de la société de consommation. Le capitalisme ne peut donc être réduit à un système d’exploitation économique, il représente un « fait social total ». II ne tient que sur l’intériorisation d’un imaginaire et grâce au développement d’une culture du divertissement permanent. Cette uniformisation des comportements et des aspirations se présente comme l’affranchissement de toutes les contraintes (sociales, spatiales, temporelles, etc.). Survalorisée et triomphante, la culture de masse (séries américaines, nouvelles technologies, football, jeux vidéos, etc.) trouve des défenseurs même chez les intellectuels dits contestataires. Il est donc urgent et nécessaire de mener une critique intransigeante du mode de vie capitaliste et de démontrer comment notre civilisation du loisir participe de la domestication des peuples.

La culture, élément de vie

« La culture est la possibilité même de créer, de renouveler et de partager des valeurs, le souffle qui accroît la vitalité de l’humanité… »

Le combat pour les droits culturels est à cet égard essentiel car les droits culturels, indissociables des autres droits fondamentaux, constituent un formidable vecteur de lien social qui rapproche au-delà des origines et des milieux sociaux et fait partager des moments communs de bonheur. (ATD Quart Monde)

Au sens individuel, la Culture, c’est la formation de l’esprit, la culture générale de l’individu qui s’acquiert par l’éducation. On dit d’ailleurs ‘se cultiver’ pour former son esprit, sa raison et sa sensibilité. Le culturel, c’est de l’acquis, c’est-à-dire l’ensemble des caractéristiques conventionnelles et institutionnelles qu’on doit à la société à laquelle on appartient. Elles nous sont transmises par l’héritage social.

La culture nourriture essentielle pour l’être humain

La culture a plusieurs formes : elle peut être aussi bien matérielle qu’immatérielle. Chaque société, chaque communauté locale, voire chaque personne peut accorder une importance primordiale à la culture, parce que la culture peut être considérée comme un besoin par tous. (Source C&D)

« Lorsqu’on vit dans la pauvreté, l’accès à la beauté de la nature ou de l’art demeure un besoin profond. La culture est une nourriture essentielle pour l’être humain. Le matériel, au sens large, ne suffit pas pour redonner de l’élan dans une vie. Les gens ne se mettent pas en route pour cela. La difficulté, par exemple, que peuvent avoir des personnes en situation de précarité à prendre leur santé en main peut provenir d’une absence de but, d’un manque de finalité dans leur existence. Les besoins culturels des personnes défavorisées sont méconnus. » source ATD Quart Monde

La Culture a besoin d’une plate-forme d’échanges pour les acteurs culturels convaincus de l’importance de la culture afin d’agir comme levier de lutte contre l’exclusion.
L’accès à la culture, au savoir et à l’éducation sont essentiels pour que toute personne développe son potentiel et contribue à la société. Lorsque l’on vit dans la grande précarité, l’accès à ces droits est pavé d’obstacles. C’est pourquoi ce combat doit être au cœur des priorités.

« La culture est une œuvre à laquelle chacune, chacun participe à sa façon. Humains, nous sommes ces êtres de relation, de passerelles, de partage, ces êtres de liberté appelés à la pleine émancipation… On mesure mieux ce qui fait défaut à nos vies dans l’épreuve que traverse notre pays et toute l’humanité. La culture, la création, les arts, ne sont pas des suppléments pour nos vies….» Pierre Dharréville.

Journalistes, médias, politiques, citoyens, il nous appartient de défendre cet élément essentiel à nos vies et à celle des générations futures : la culture pour tous et par tous.

Photo à la Une : Symbole ésotérique, oeil de la connaissance

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Date : 9 juillet 2020
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