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Quand l’Érotisme se décline en lectures des textes des plus grands auteurs, par Gérard Chambre

Dans un monde où les rapports entre les hommes et les femmes sont devenus très difficiles, l’érotisme serait il une voie pour retrouver une nouvelle façon de se serrer la main, une nouvelle façon de s’embrasser, une nouvelle façon de vivre ensemble ?  Si l’érotisme nous était conté, par Gérard Chambre.

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Si l’Érotisme nous était conté ? Le metteur en scène et comédien Gérard Chambre a donné une conférence le 9 octobre 2020 au Ciné-Palace de Saint Rémy de Provence. L’acteur, metteur en scène, chanteur, poète, propose un voyage en compagnie de ceux et de celles qui ont chevauché par leurs textes, la fougueuse cavale de l’Eros…

« C’est peut-être cela la définition de l’érotisme, c’est de parcourir les labyrinthes de son propre imaginaire et de l’imaginaire de l’autre aussi, bien sûr. » (Gérard Chambre)

De Socrate à Michel Onfray, de Sade à Georges Bataille, de Violette Leduc à Jean Genet… tous les grands auteurs se sont penchés sur ce sujet incontournable, inépuisable, incontrôlable, inexplicable.
Alors, ils s’y sont parfois perdus, et parfois nous ont perdus ! Comment, à travers leurs textes, ont-ils emprunté quelques-uns des chemins secrets qui conduisent vers ce précipice sans fond qui recèle nos fantasmes les plus obscurs, les plus inconscients, les plus exigeants ?

Pour pouvoir effleurer l’Eros de nos vies, parcourons, à travers les textes de ces explorateurs de l’infini, le labyrinthe obscur de notre sensualité imaginaire et laissons-nous entraîner par le torrent de leurs inconvenances, par leurs approches sacrilèges, par leur vocabulaire blasphématoire et par leurs histoires offensantes aux yeux des bien-pensants pour tenter d’apercevoir les abysses de nos véritables désirs.

Si l’Érotisme nous était conté ? Notre interview avec Gérard Chambre

Danielle Dufour-Verna – Projecteur TV : Parlez-moi de vous
Gérard Chambre -(Il rit) Je suis Gérard Chambre. Je monte des spectacles. J’écris un peu, je chante, je joue et j’essaie, dans ce monde un peu compliqué qui nous est dévolu, j’essaie de faire fonctionner le théâtre, la musique, une petite troupe que je dirige depuis assez longtemps. Voilà, je résume très vite.

DDV – Projecteur TV  : Vous faîtes des lectures de textes de plusieurs auteurs sur l’érotisme …
Gérard Chambre -Il doit y avoir une quinzaine, une vingtaine d’auteurs. Il faut dire que le thème est vaste et a été souvent traité par différentes plumes, à la fois masculines, à la fois féminines et ce sont de très beaux textes que j’ai choisis et que j’ai l’occasion de dire au cours de cette lecture commentée. On est dans un monde où les rapports entre les hommes, les femmes, les hommes, les hommes, les femmes, les femmes, sont devenus très difficiles. Il va falloir réinventer beaucoup de choses et je pense que l’érotisme est peut-être une voie pour retrouver une nouvelle façon de se serrer la main, une nouvelle façon de s’embrasser, une nouvelle façon de vivre ensemble.

DDV – Projecteur TV  : Vous dîtes que l’érotisme peut nous permettre de penser la vie d’une autre façon, de nous embrasser d’une autre façon étant donné que nous ne pouvons plus le faire. De quelle façon ?
Gérard Chambre -Absolument. Tout ne se réduit pas à la sexualité, évidemment, dans les rapports entre deux personnes, dix personnes et que tout ce qui nous avait été symboliquement donné et établi par la tradition, l’histoire etc., tout cela est remis en question aujourd’hui. Il faut donc réinventer quelque chose. Et comme l’érotisme pour moi c’est un art, une pratique qui d’ailleurs n’est pas uniquement sexuelle – l’érotisme est dans plein d’éléments – il faut essayer, en creusant un peu et en sortant du traditionnel geste et coutume, de retrouver des chemins différents.

DDV – Projecteur TV  :
Donnez-moi votre définition de l’érotisme

Gérard Chambre – Je crois qu’il y a plein de définitions. Il n’y a pas une définition. J’essaierai de regrouper tout ça en disant que c’est un art. C’est une recherche où l’esprit et le corps sont impliqués et cette recherche permet de sortir des chemins tout tracés. Et ça tombe très bien car aujourd’hui on a besoin de sortir des chemins tout tracés. C’est un art qu’il ne faut pas oublier, qu’il faut cultiver et c’est aussi une recherche dans la sensualité, dans la connaissance de soi, dans la connaissance de l’autre et bien souvent malheureusement cette recherche est oubliée.

Si l'erotisme nous etait conte - Gerard Chambre - metteur en scene et comedien
DDV – Projecteur TV  :
On confond souvent érotisme et pornographie

Gérard Chambre – Oui. Comme dans tout art il peut y avoir de la vulgarité et de la facilité. Peut-être qu’on peut dire que la pornographie c’est une forme de vulgarité. La pornographie peut être une porte d’entrée. On peut commencer par la vulgarité mais il faut s’en éloigner, c’est essentiel, sinon on retombe dans les poncifs, dans les choses qui sont vulgaires et faciles. Je crois que l’érotisme est quelque chose qui se travaille. C’est quelque chose de difficile. C’est quelque chose d’exigeant. Comme tout art. Un peintre va commencer par faire de petits dessins à l’âge de six ans un peu lourds, un peu facile, puis il va s’améliorer au fur et à mesure. On peut traiter l’érotisme un peu de la même façon qu’on traite un tableau, par exemple.

DDV – Projecteur TV  :
Quand on parle d’érotisme, cela fait immédiatement référence à l’humain. Ne peut-il y avoir d’érotisme dans l’art, dans l’écriture, la peinture etc. ?

Gérard Chambre – Bien sûr. Evidemment que c’est une voie d’approche essentielle et exigeante. Je suis sûr que la plupart des peintres, en tout cas des bons peintres, ont un érotisme –je ne vais pas dire un érotisme exacerbé – mais ont cette finesse, cette analyse, cette recherche qui évolue peut-être dans leur vie, mais qu’ils traduisent dans leurs tableaux, dans les couleurs qu’ils choisissent, dans les perspectives, dans le labyrinthe de leur imaginaire. C’est peut-être cela la définition de l’érotisme, c’est de parcourir les labyrinthes de son propre imaginaire et de l’imaginaire de l’autre aussi, bien sûr.

DDV – Projecteur TV  :
L’érotisme serait indispensable à la vie par la sensibilité qu’il y apporte ?

Gérard Chambre – Oui absolument, sauf que moi j’ajouterai dans la belle vie, parce qu’on peut se passer de l’érotisme. C’est d’ailleurs malheureusement ce qui se passe la plupart du temps. Je pense que si on arrive à passer par-dessus ce petit mur qui nous empêche d’aller dans une autre sphère de pensée, de sensibilité, si on arrive à faire ça, on est dans l’érotisme sinon on est dans la sexualité, dans les rapports normaux, normalement acceptés par la société.

DDV – Projecteur TV  :
En résumant, l’érotisme serait, dans la vie, synonyme de sensibilité et de poésie ?

Gérard Chambre – De sensibilité, bien sûr, de poésie, absolument et…

DDV – Projecteur TV  :
De recherche de soi ?

Gérard Chambre – Je pense qu’on porte tous en soi un imaginaire qui parfois peut nous faire peur, qui parfois peut ne pas nous concerner, qui parfois peut passer à côté, mais si on utilise cet imaginaire au lieu d’utiliser le normal, on est dans la voie de l’érotisme. C’est une recherche qu’il faut faire soi-même. On ne peut pas la faire autrement. On peut être aidé dans la démarche. Je pense que peut-être que l’érotisme c’est la recherche de son véritable désir.

DDV – Projecteur TV  :
De sa vérité ?

Gérard Chambre – Oui c’est cela

DDV – Projecteur TV  : Est-ce que les textes choisis peuvent faire réagir le public ?
Gérard Chambre – Je serais ravi que ces textes suscitent, et je pense qu’ils le feront, des questions, qu’ils suscitent des interrogations, qu’ils suscitent même, et c’est souhaitable, d’être choqués par certains de ces textes parce que pour changer il faut être un peu choqué. Il n’y a pas que cela. Il y a des textes qui sont drôles, des textes qui sont fins, des textes philosophiques, des textes qui sont des petites histoires, il y a un peu de tout mais il y a parmi eux des textes qui sont un peu choquants, qui racontent des histoires un peu étranges. C’est évidemment un peu de provocation, non seulement de la part de l’auteur, mais de ma part parce que j’ai choisi ce texte

DDV – Projecteur TV  : Qui a choisi ce thème et ces textes ?
Gérard Chambre – Ce thème je ne l’ai pas choisi, mais c’est un thème qui m’est cher et que j’ai souvent abordé dans mes spectacles. Ce n’était pas des spectacles érotiques, mais des spectacles qui parlaient d’érotisme. Vous parliez de poésie tout à l’heure, dans tous mes spectacles il y a de la musique, il y a des chansons et les chansons c’est la poésie. Chaque chanson véhicule – pas nécessairement de l’érotisme encore que j’ai quelques textes que j’ai chantés et qui le sont -, interpelle celle ou ceux qui l’écoute soit parce que c’est beau et soit parce que ça évoque… Le problème de tous ces textes que j’ai choisis –parmi eux il y a des chansons que je ne pourrai pas chanter parce qu’il n’y a pas de musicien mais que je lirai certainement -, tous ces textes vont aller dans l’esprit des gens.

Le grand art des auteurs qui ont écrit ces textes, c’est d’une part d’allumer quelque chose dans l’esprit des gens –questions etc- et de traduire des choses que l’on ressent mais qu’on ne peut pas écrire. On dit ‘Oui, mais oui, mais bien sûr. Moi je suis dans cette situation-là. C’est évident, je n’y avais pas pensé. » C’est ça le grand talent du bon écrivain. C’est savoir, par sa plume, toucher des endroits sensibles qu’on avait ressenti mais pas pu exprimer. Alors qu’eux l’expriment.
DDV – Projecteur TV  : Susciter le questionnement …
Gérard Chambre -Entre autre. Susciter le questionnement, mais pas seulement. Susciter la coïncidence. Par exemple un bon écrivain parle d’une rupture, vous lisez cette histoire et d’un seul coup, grâce à lui, vous dîtes « Mais je n’avais pas vu ça. C’est ce que j’ai ressenti à ce moment-là. Mais pourquoi j’ai réagi comme ça ? Mais oui, il a raison… » Voilà, c’est cela l’art du grand écrivain, pas seulement dans l’art de l’érotisme, dans tous les domaines.

DDV – Projecteur TV  : Qui a choisi le thème si vous avez choisi les textes ?
Gérard Chambre – C’est la personne qui s’occupe de cette association qui s’appelle Art et Culture où j’ai fait une lecture il y a un an autour d’Albert Camus. A l’issue de cette lecture, la Directrice, Jacqueline m’a dit « Vous pourriez faire une soirée. » Je lui ai dit d’accord, donnez-moi un thème et elle m’a dit : l’érotisme. Et ça m’a plu car j’ai déjà fait un spectacle lecture sur ce sujet.

DDV – Projecteur TV  : Vos projets ?
Gérard Chambre – Il y en a beaucoup, mais ce ne sont que des projets. Je devrais reprendre le Toulouse-Lautrec. Je devrais reprendre le spectacle qu’on a été obligé d’arrêter sur Jacqueline Kennedy, qui est une comédie musicale qui marchait très bien et qui plaisait beaucoup au public, mais ça a été brutalement arrêté. J’ai lancé cette année le premier festival de cinéma à Lacoste sur le thème de la comédie musicale

DDV – Projecteur TV  : Quel est votre définition, Gérard, du bonheur ?
Gérard Chambre – Je pense que le bonheur, c’est une addition de petits moments heureux, de petites surprises. Ça peut être une rencontre, ça peut être le regard d’un très bel arbre, ça peut être un parfum… Et l’ensemble de toutes ces petites choses fait que l’on est plutôt heureux ou plutôt malheureux.

DDV – Projecteur TV  : Qu’espérez-vous pour demain ?
Gérard Chambre – Naturellement, j’espère que les hommes vont arrêter de se disputer, qu’ils vont tous s’associer pour essayer de vivre autrement que la façon dont ils vivent en ce moment. C’est-à-dire retourner vers des valeurs plus humanistes, arrêter cette horrible compétition économique, guerrière etc. C’est mon espoir même si je vous avoue que je ne suis pas d’un optimisme absolu mais je pense que c’est la seule façon d’y arriver.

DDV – Projecteur TV  : Et là, l’érotisme y a sa place ?
Gérard Chambre – Oui, parce que je pense que si on donne d’autres objectifs aux gens que de gagner énormément d’argent, ou d’être puissant, ou simplement de survivre, si on leur donne d’autres objectifs, ça passe par eux. Je pense que la connaissance de l’homme, c’est le seul moyen, de l’homme et de la femme évidemment. C’est commencer par soi. Il faut qu’on commence par soi-même, c’est-à-dire qu’il faut qu’on essaie d’écarter tous les malentendus – en tous cas le plus possible-. Là comme il y a un problème civique qui se pose, concret, qui ne s’est jamais posé d’ailleurs sauf peut-être dans les périodes de grandes épidémies ou ça se passait comme ça mais je ne crois pas car on ne savait pas comment se faisait la transmission etc. Aujourd’hui on est touché dans notre intégrité. De peau à peau on ne peut plus s’échanger ne serait-ce qu’une poignée de main. Et ça avait déjà commencé auparavant par le SIDA.

DDV – Projecteur TV  : Il faut donc inventer autre chose ?
Gérard Chambre – Il faut inventer autre chose absolument. Il faut être déterminé à vouloir inventer autre chose. On peut suivre la presse et dire on va faire cela ou cela. Mais il faut prendre la décision personnellement. Il faut se dire « ça ne va plus, ça ne marche plus, ça a peut-être marché, mais ça ne marche plus ; alors réfléchissons mais ne réfléchissons pas seuls. Réfléchissons avec les autres.

DDV – Projecteur TV  : Voulez-vous ajouter quelque chose à cette interview ?
Gérard Chambre – Non je veux simplement vous remercier d’avoir pris le temps de me faire parler d’un sujet que je connais moyennement bien, mais qui est passionnant.
(fin de l’interview)

En amour, l’érotisme serait-il une sensualité plus noble qui s’éveille pour une personne unique ? Une seule personne brise la pudeur, réclame le contact, et permet la relation corps à corps. On ne peut pas être amoureux sans savoir de qui : c’est l’objet spécifique de l’amour qui définit l’amour. Alors on n’aime pas qu’un corps, mais une personne. Et d’ailleurs le corps peut changer sans que le désir soit perdu; de même une autre personne avec un corps similaire ne pourra pas satisfaire le besoin affectif. Mais qu’importe ! Sade, Georges Bataille, Socrate… la découverte des textes de ces grands auteurs par la voix chaude et envoûtante de Gérard Chambre -érotisme ou pas- doit être certainement un régal à écouter !

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Date : 15 octobre 2020
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