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Librairies fermées, Culture empêchée. Réouverture en force dès le 28 novembre !

Les librairies font partie des commerces victimes de ce deuxième confinement. Fermées depuis le 29 octobre, elles sont petit à petit asphyxiées par leur manque à gagner nous laissant au désespoir de pouvoir acheter un livre. Bonne nouvelle, selon la dernière allocution du Président de la République, les librairies rouvrent dès le 28 novembre ! Nous avons souhaité donner la parole à Frédéric Pietri, propriétaire de la librairie du Prado à Marseille, qui s’inscrit comme une véritable institution au coeur de la Cité Phocéenne.

Librairie fermée culture confinement

Quand le passant assoiffé de lecture ne peut entrer étancher sa soif dans une librairie, c’est la culture qui ‘trinque’ !
Les Librairies sont fermées en respect des mesures Covid édictées par le gouvernement. Notre magazine Projecteur TV a décidé de mettre en avant les libraires et les écrivains qui traversent cette période difficile, en leur donnant la parole.

Coup de projecteur sur la librairie du Prado à Marseille, une véritable institution !

La librairie Prado Paradis a été créée en 1975. Auparavant au bas de la rue Paradis, elle a déménagé de l’autre côté du Prado, dans le quartier de St Giniez, sur un espace plus important. Cette librairie indépendante généraliste offre sur 750 m² un large choix d’ouvrages de nouveautés et surtout de fonds – littérature, sciences humaines, livres pratiques, scolaire, jeunesse, Bandes Dessinées , Beaux-Arts… 
L’accent est mis sur la littérature française et étrangère en proposant de nombreuses rencontres avec des écrivains – toujours basées sur une interview. Ils proposent aussi à leurs clients de rencontrer des auteurs de sciences humaines, des voyageurs, des poètes, des bédéistes… pour mettre en valeur la diversité que nous proposent les éditeurs.
Ils sont également partenaires de prix littéraires dans les établissements scolaires et reçoivent les élèves pour leur expliquer le fonctionnement d’une librairie. Ils accueillent également des stagiaires des Métiers du Livre et des collèges-lycées.

La parole à Frédéric Pietri, propriétaire de la librairie depuis 2006

Projecteur TV – Danielle Dufour-Verna : Pensez-vous que la culture soit bâillonnée ?

Frédéric Pietri – Sans parler de culture, je voudrais parler d’abord de commerce. C’est de plus en plus pénible. Tous les petits commerces trinquent. Parmi les petits commerces, il y a des librairies. Je viens d’entendre que c’est prolongé de 15 jours, ça commence à devenir pesant et de plus en plus stressant. Ils ont beau nous donner entre guillemets de l’argent, quand on fait des chiffres dix fois supérieur en cette période-là, ce ne sont pas leurs 10 000 euros qui vont nous faire du bien. Ça ne me paye même pas le loyer. C’est stressant.

DDV – En plus de la perte sèche que vous accusez, risquez-vous de mettre la clé sous la porte si cela perdurait ?

Frédéric Pietri – Si on ne peut pas travailler en décembre, c’est sûr. Contrairement au premier confinement où j’ai été stressé dix, quinze jours, tout s’est arrêté. Les éditeurs avaient aussi arrêté les livraisons. Là, ils ne se sont pas arrêtés. Donc on nous remplit le magasin de tout ce qu’on a commandé pour Noël. Pour moi, mon stock, pour vous donner une idée, a pris 97 000 euros seulement la semaine dernière, avec la porte fermée devant, sans pouvoir le vendre.

DDV -Pour vous, la situation est catastrophique…

Frédéric Pietri – Oui

DDV – Comment aurait-on pu faire autrement ?

Frédéric Pietri – Pour moi, un truc tout bête. Premier confinement les commerces fermés, les grandes surfaces ouvertes, deuxième confinement, on fait l’inverse. Un peu d’équité. Petits commerces ouverts, grandes surfaces fermées. Puisque tout le monde s’agglutine dans les grandes surfaces. Je pense que nous, dès qu’on nous a permis de rouvrir, on a su rouvrir avec les gestes barrière, on a su ouvrir comme il fallait et là on est équipé pour. On s’équipe, ça nous a coûtés de l’argent et on est obligé de refermer. Pourquoi toujours les petits, jamais les gros? Je suppose qu’il y a des grandes familles derrière et que ce n’est pas pareil, et je sais pourquoi, voilà.

DDV -Vous avez votre librairie depuis combien de temps ?

Frédéric Pietri – Elle est à moi depuis 2006.

DDV – C’est une librairie qui fonctionne bien, surtout en période de fêtes ?

Frédéric Pietri – Oui. Novembre, décembre, c’est presque 30% du chiffre.

DDV – Que faisiez-vous auparavant ?

Frédéric Pietri – Avant d’acheter, je travaillais ici, depuis toujours. Je connais tous les rouages. Je connais le moindre centimètre carré d’étagère. C’est pour ça que je vous dis que c’est la première fois que je suis autant stressé.

DDV – Qu’espérez-vous pour demain ?

Frédéric Pietri – Là, ils viennent de dire que c’était mort. J’avais espéré ouvrir demain. Ce n’est pas le click and collect avec lequel on fait 10% qui va nous sauver.

DDV – Malgré tout, pouvez-vous me donner votre définition du bonheur ?

Frédéric Pietri – C’est une très belle question. C’est compliqué à l’heure actuelle. Je viens d’écouter le Premier Ministre, j’ai plein d’images négatives. Qu’on nous laisse travailler, qu’on nous laisse vivre. J’ai l’impression qu’on nous empêche de vivre finalement, surtout les petits commerces. Il y a plein de choses négatives qui font qu’on n’est pas serein.

DDV – Le fait d’être atteint moralement peut impacter au niveau santé ?

Frédéric Pietri – Je peux vous le dire, oui, parce que je suis en plein dedans. J’ai un problème cardiaque qui est dû au stress.

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Auteur Covid19
Localisation : Marseille
Date : 27 novembre 2020

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