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Vaison Danses : « Don Quichotte », un ballet académique dans toute sa splendeur !

Vaison Danses Don Quichotte Ballet Nice Méditerranée

« Don Quichotte », le ballet académique dans toute sa splendeur au théâtre antique de Vaison-la-Romaine

Festival Vaison Danses 2019 – Don Quichotte – Ballet Nice Méditerranée – Chorégraphie : Éric Vu An

Le public l’avait voulu, et il l’a eu, son ballet académique pur jus. C’est en effet par « Don Quichotte » que le festival Vaison-Danses piloté par Pierre-François Heuclin a ouvert, ce samedi 13 juillet, son édition 2019 avec le Ballet Nice Méditerranée que dirige depuis 2009 le chorégraphe et ancien danseur soliste Éric Vu-An.
Il est vrai que Vaison-Danses n’avait pas mis l’affiche des ballets classiques depuis longtemps. Le « Swan Lake » de Dada Masilo donné en 2013 était une version complètement décalée du ballet initialement chorégraphiée par Petipa sur une musique de Tchaïkovski.
Et il faut remonter à 2007 pour trouver dans la programmation du festival vaisonnais « Giselle », le plus emblématique des ballets romantiques dansé à l’époque par le ballet national de Cuba.
Sous un ciel étoilé et une douce chaleur, les trente-six danseurs du Ballet Nice Méditerranée ont donné plus de deux heures de grand spectacle en trois actes entrecoupés par deux entractes, le temps de changer les décors, d’allumer le feu du camp des Gitans, et de revêtir les costumes chatoyants qui apportent couleur et lumière sur le vaste plateau du théâtre à ciel ouvert.

Les amours contrariées de Kitri et Basile

La version d’Éric Vu An est la reprise raccourcie de la chorégraphie de Marius Petipa qui l’avait créée et présentée pour la première fois au Théâtre Bolchoï de Moscou en 1869. Le livret s’inspire de quelques épisodes du roman « L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche » écrit par Cervantès au début du 17e siècle. Ce que montre le ballet est une histoire qui se trouve dans le deuxième tome du livre de l’écrivain espagnol. Il faut dire que le livret du ballet se centre beaucoup plus sur les amours contrariées de Kitri et Basilio que sur le chevalier à la triste figure et son serviteur Sancho Pança qui n’apparaissent que dans quelques scènes comiques.

Le scénario est simple :

Acte 1 : Kitri est amoureuse de Basile, un barbier démuni, alors que son père Lorenzo voudrait qu’elle épouse le riche Gamache. Don Quichotte passe par là, à la recherche de sa Dulcinée. Il remarque l’amour de Kitri et Basile et les voit décider de s’enfuir ensemble.

Acte 2 : les Gitans cachent Kitri et Basile. Don Quichotte arrive et prend Kitri pour Dulcinée; c’est là qu’il attaque un moulin à vent. Lorenzo et Gamache cherchent les amants et vont les découvrir dans une auberge. Basile fait semblant de se tuer. Kitri aidée par Don Quichotte persuade son père de lui laisser épouser Basile. Et Basile, miraculeusement, reprend vie ! Lorenzo accuse Don Quichotte de complicité et le provoque en duel. Mais il est aussitôt désarmé, et contraint de faire contre mauvaise fortune bon coeur.

Acte 3 : c’est la célébration du mariage avec le célèbre Grand Pas de Deux. Après les festivités du mariage, Don Quichotte s’en va tristement, pour continuer à chercher sa Dulcinée.

Un spectacle enlevé et enjoué

Certes le ballet académique est un spectacle conventionnel dont le public maîtrise les codes depuis longtemps. Mais Marlen Fuerte Castro, dans les rôles de Kitri et de la reine des Dryades, Luis Valle Ponce dans celui de Basile, ont apporté les prouesses techniques et l’énergie attendues par les amateurs de danse classique. Le corps de ballet avec sa mise en scène dynamique, avec ses danses de caractères typées, a mis de la variété et du rythme. Et les personnages plus secondaires, comme Don Quichotte (Éric Vu-An), Dulcinée (Zaloa Fabbrini), le père de Kitri (Luigi Neri) Sancho Pança (Stefano Sacco) ou Gamache (Andres Heras Frutos) ont joué leur rôle avec ce qu’il fallait de fantaisie, d’humour et de rêverie.

Un ballet pour tout oublier

Il ne fait aucun doute que, comme l’affirme Éric Vu-An, « devant un ballet comme Don Quichotte, on vient rêver, tout oublier et se donner l’illusion que le monde va bien, pendant un moment ». L’atmosphère festive hispanisante, la musique du compositeur et violoniste viennois Ludwig Minkus, que l’on considère comme un des précurseurs de Tchaïkovski, tout contribue comme le disait une spectatrice à la sortie du spectacle à faire de la soirée « un divertissement réjouissant qui nous rend en même temps admiratif de la beauté des corps et des mouvements d’ensemble qui nous transportent au-delà de la facilité du propos ».

Prochains rendez-vous du festival à découvrir sur le site de Vaison-Danses 
jusqu’au 27 juillet –

Localisation : Vaison la Romaine
Auteur : Victor Ducrest
Date : 15 juillet 2019

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