“Tous à l’Opéra à Avignon, dans un grand vent de Liberté”, les 4 et 5 mai 2018

23 mai 2018

Un événement international dans le cadre de “Opéra Europa”, organisé en France par la R.O.F (Réunion des Opéras de France), en partenariat pour Avignon avec l’Opéra Grand Avignon, la BnF, Le Grand Prix International Vidéo Danse et ProjecteurTV.com

Pendant deux jours, nous avons vibré à l’Opéra du Grand Avignon avec l’univers chorégraphique et nous avons pu suivre avec intérêt une manifestation originale, “Tous à L’Opéra”, créé par la R.O.F (la Réunion des Opéras de France). Cet événement international s’est inscrit dans le cadre de l’Année Européenne du Patrimoine Culturel en partenariat avec “Opéra Europa”. Ce sont 25 maisons d’opéras en France qui ont ouvert gratuitement leurs portes aux côtés de 25 pays européens.

Pour cette édition 2018, le thème fédérateur était la Danse avec une marraine de prestige, Aurélie Dupont, directrice de la danse de l’Opéra National de Paris.
Un hommage mérité au monde chorégraphique au cœur de la Région Provence Alpes Côte d’Azur, qui célèbre ainsi Marius Petipa en commémorant les 200 ans de sa naissance à Marseille. Il ne faut pas oublier que Marius Petipa a révolutionné, à la tête des Théâtres Impériaux de Saint Petersbourg, l’univers du Ballet tel que nous le connaissons aujourd’hui dans son évolution internationale.
Pendant de nombreuses années, c’était une tradition, les Maisons d’Opéra avaient leurs chanteurs, leur orchestre, un choeur, une maitrise d’enfants, leur troupe de danse, et ne faisaient que quelque fois appel à de grands interprètes. Ils avaient également leurs ateliers de décors et d’accessoires ainsi que leur atelier de costumes, un lustre d’antan aujourd’hui souvent révolu à notre plus grand regret et qui nous laisse un sentiment de nostalgie.

Aurélie Dupont, Une marraine de charme pour honorer la Danse dans les 25 Maisons d’Opéra de France.

En Avignon, “Tous à L’Opéra” a pris une dimension bien particulière ; en effet, l’Opéra Grand Avignon, dirigé par Pierre Guiral, est une des dernières Maisons d’Opéras de France à conserver une troupe de danse rattachée à son établissement, le Ballet de l’Opéra Grand Avignon sous la direction artistique d’Eric Belaud.
Ces journées portes ouvertes nous ont proposé de nombreuses déclinaisons très attractives ; elles nous ont permis d’avoir, sur un monde que l’on pourrait croire élitiste, un regard attentif et humain en allant tout simplement partager avec des passionnés les coulisses de leur métier, comme cette rencontre autour de l’ouvrage lyrique “Un Barbier” de Rossini avec le Choeur et la Maîtrise de l’Opéra Grand Avignon.
Nous avons également pu assister à trois événements importants mettant en valeur la Danse dans ses approches les plus variées, alliant le spectacle vivant à l’audiovisuel, et enfin nous avons participé à une rencontre conviviale avec Brigitte Lefèvre, ancienne directrice de la Danse au Ministère de la Culture puis, pendant 19 ans, directrice de la Danse à l’Opéra National de Paris.

Tous à l’Opéra à Avignon : trois événements de grande qualité dédiés à l’univers chorégraphique

Vendredi 4 mai, Avignon “Opéra Confluence”
Projection du film : “Le Parc”

Chorégraphie, Angelin Preljocaj – Réalisation, Denis Caïzzoti
Avec le Ballet de l’Opéra National de Paris
Diffusé avec l’aimable autorisation de l’Opéra National de Paris.

L’Opéra d’Avignon, en collaboration avec La BNF (Bibliothèque National de France), a souhaité mettre en valeur le dépôt à Paris des archives du Grand Prix International Vidéo Danse. Une compétition créée il y a maintenant 30 ans à la Chartreuse de Villeneuve-lez -Avignon, et aujourd’hui riche de plus de 2000 productions Vidéo Danse au plan international.
Brigitte Lefèvre, Jacques Menet, fondateur du Grand Prix International Vidéo Danse, Arnaud Lanez, en sa qualité de représentant de l’Opéra du Grand Avignon, ainsi que Lenka Bokova, responsable de l’Antenne de la BNF à la Maison Jean Vilar à Avignon, nous ont présenté lors de cette soirée une magnifique production mettant à l’honneur Angelin Preljocaj, lauréat du Grand Prix en 1993 avec “Un trait d’union” et en 1999 avec “Le Parc”. Un concours international précurseur de cet art à part entière qu’est la Vidéo-Danse et qui a, en onze compétitions, réuni 2023 productions, 67 pays et 53 chaines de télévision.
Nous avons pu regarder la projection de ce film en public, sans doute l’une des dernières fois pour des raisons de droits d’auteurs. Le fondateur de la compétition, en présentant le film “Le Parc”, a eu une pensée émouvante en souvenir de la célèbre danseuse “Prima Ballerina Assoluta” Maïa Plissetskaïa, disparue le 2 mai 2015. C’est elle qui, en qualité de Présidente du jury, avait remis le trophée du Grand Prix à Angelin Preljocaj pour “Le Parc” en 1999 à Nice.
Le film est l’enregistrement télévisuel du Ballet commandé par Brigitte Lefèvre, alors directrice de la Danse à l’Opéra National de Paris. Le thème en est la recherche de ce qui reste encore d’un “art d’aimer”. Angelin Preljocaj présente dans une chorégraphie moderne, guidée par des airs empruntés à Mozart, un théâtre de stratégies galantes, cruel échiquier des passions, dont l’enjeu est l’éclosion de l’amour vrai.
Un film qui a conquis par sa modernité et ses plans visuels remarquables un public nombreux, séduit par les solistes et le Ballet de l’Opéra National de Paris.
Un beau symbole pour cette manifestation “Tous à l’Opéra” qui honore ainsi un art complet et magique qu’est l’univers de la Danse et de la Vidéo-Danse.

Rencontre à la Maison Jean Vilar avec Brigitte Lefèvre, ancienne directrice de la Danse à l’Opéra National de Paris

Samedi 5 mai – Avignon, Maison Jean Vilar (salon de la Mouette)
Rencontre publique avec Brigitte Lefèvre

Projection du film : “Ma mère adorait la danse”
Diffusé avec l’aimable autorisation de “La Belle Télé”

C’est avec beaucoup de plaisir que Lenka Bokova, responsable de l’antenne de la BnF à la Maison Jean Vilar, a accueilli Brigitte Lefèvre, ancienne directrice de la Danse à l’Opéra National de Paris. Après avoir présenté les actions de l’antenne de la BnF à Avignon, elle a évoqué la mise en dépôt des archives du Grand Prix International Vidéo Danse et tout l’intérêt pour les générations à venir de tels documents, témoins (et reflet) d’une époque dans le domaine de la Danse dans toute sa diversité et aussi pionniers de l’évolution des supports audiovisuels.
Elle a ensuite donné la parole à l’invitée de la rencontre Brigitte Lefèvre qui a évoqué, avec beaucoup de simplicité et de passion, une vie toute consacrée à la Danse et à l’Opéra de Paris. D’abord “petit rat”, elle entre à 8 ans à l’Ecole de Danse de l’Opéra de Paris où elle évolue jusqu’à sa nomination de “Sujet” dans le Ballet. Puis, prenant son envol, elle créé avec Jacques Garnier sa propre compagnie : “Le Théâtre du Silence”. Elle est invitée à plusieurs reprises à danser dans la cour d’honneur du Palais des Papes dans le cadre du Festival d’Avignon. Aussi est-ce avec beaucoup d’émotion qu’elle nous avoue participer à cette rencontre à la Maison Jean Vilar, lieu hautement symbolique pour elle. Des moments touchants que nous avons eu la chance de pouvoir partager avec elle tout au long de cette après-midi. Elle a retracé avec un réel plaisir sa vie toute dédiée à une seule passion : la Danse.
Puis elle nous a proposé de visionner le film “Ma mère adorait la Danse” que sa fille lui a consacré. Une production de “La Belle Télé” en partenariat avec France 3, emprunte d’authenticité et relatant sans artifice la réalité de son parcours artistique puis son rôle en qualité de directrice de la danse face aux différentes joies mais aussi difficultés de ses fonctions. Un beau reportage et une belle démonstration en cette journée de “Tous à l’Opéra” qui souhaite nous initier aux coulisses des Maisons d’Opéra et nous sensibiliser à l’envers du décor.

 

“La fille mal gardée”, un ballet du grand répertoire classique où souffle déjà un grand vent de liberté !

La fille mal gardée” – Pôle culturel Jean Ferrat, Sauveterre

Ballet de l’Opéra Grand Avignon
Chorégraphie d’Eric Belaud

Pour clore cet événement, nous nous sommes rendus à Sauveterre afin de rencontrer le Ballet de l’Opéra d’Avignon qui a proposé une après-midi de rencontres avec les spectateurs en leur permettant d’assister à une répétition publique du ballet “La fille mal gardée”.
Le Pôle Culturel Jean Ferrat est un lieu inauguré en septembre 2017 avec les seules finances de cette petite commune de moins de 2000 habitants, une prouesse qu’il faut mentionner car remarquable à notre époque avec une programmation prestigieuse pour une commune de cette importance. La direction artistique a été confiée à Fanny Giora que nous avions eu le plaisir de découvrir lors de sa mise en scène “d’Orphée” pour l’ouverture de la salle Confluence en décembre dernier. Une superbe exposition photographique y est actuellement présentée avec un parcours initiatique de Cédric Delestrade, “Spectacle en mouvement”.

Le sujet du Ballet “La fille mal gardée” est tiré d’un opéra-comique d’Egidio Romualdo Duni créé en 1758. Un ballet-pantomime champêtre de Jean Bercher, dit Dauberval, voit le jour en 1789 au Grand Théâtre de Bordeaux, quelques jours avant la Révolution française ; il prédit déjà ce besoin de liberté. Le ballet sera représenté sur les plus grandes scènes du monde, en particulier à Saint Petersburg en 1890, avec, dans le rôle de Lise, Anna Pavlova dans une chorégraphie de Marius Petipa. “La fille mal gardée” fait partie, encore aujourd’hui, des grands ballets du patrimoine chorégraphique mondial.
Le sujet met en scène Lise, une jeune fille de bonne famille amoureuse de Colas, un jeune berger désargenté. Cela contrarie sa mère qui voudrait la marier au fils d’un riche propriétaire terrien. Espiègle et tenace, Lise finit par arriver à ses fins. Elle peut ainsi se marier avec l’homme qu’elle aime, avec l’approbation de sa mère.
Un spectacle coloré et frais sur une chorégraphie d’Eric Belaud, qui nous touche par sa légèreté et son sens du spectacle classique comme peuvent en rêver tous les enfants amoureux de la danse.
N’est ce pas là, la raison première de “Tous à l’Opéra” : savoir transmettre l’amour du beau et donner l’envie de s’épanouir en vivant sa passion dans un grand souffle de liberté ?