Patrimoine culturel de l’Humanité : origines et sauvegarde

26 novembre 2018

Projecteur TV est heureux de vous présenter le premier volet de sa rubrique des Rendez-vous mensuels consacrée aux différents Patrimoines de l’Humanité.

Nous souhaitons dans un premier temps vous développer la notion du patrimoine telle que nous la connaissons aujourd’hui en France, ainsi que quatre personnages qui en sont les principaux acteurs, il s’agit de François 1er, l’abbé Grégoire, Prosper Mérimée et bien évidemment André Malraux.

Une première prise de conscience de la sauvegarde du Patrimoine culturel

Remontons pour cela au 16ème siècle. Le roi François 1er, de passage à Nîmes en 1533, s’émeut des menaces qui pèsent sur les derniers monuments de l’époque romaine et leur destruction car de nombreux nîmois se servent des pierres de ces édifices comme si c’était une vaste carrière. En 1548, il fait proclamer par le connétable du Languedoc une ordonnance interdisant à tout possesseur de maisons antiques de les démolir sans autorisation des gens du roi. Il s’agit là d’un texte manifestant pour la 1ère fois une volonté politique de sauvegarder des monuments jugés dignes d’un intérêt public.
Mais il faudra attendre encore plus de 200 ans pour qu’une vraie prise de conscience nationale se mette en place afin de veiller au patrimoine menacé par les excès de vandalisme lors de la Révolution française. Les destructions massives et les scènes de pillage fréquentes de tout ce qui peut s’apparenter à l’ancien régime fait s’élever des voix, malgré la confiscation des biens de l’église en 1789 et ceux des émigrés et de la Couronne ensuite. Car ces biens revenant à l’état doivent être préservés pour les transmettre aux générations futures et non les vouer à la destruction pour quelque prétexte que ce soit.
En 1790, l’assemblée constituante crée la Commission des Monuments réunissant artistes et savants. Elle a pour mission de mettre en place les premières instructions concernant un inventaire national et de réfléchir à la conservation des œuvres d’art.

En 1791, l’abbé Grégoire, député du clergé lorrain aux états généraux puis
évêque constitutionnel de Blois, va mener un combat acharné : Il fustige, malgré la terreur, les auteurs de vandalisme qui menacent l’identité nationale, et s’en prend notamment aux pillards responsables du sac des tombeaux des rois de France à Saint Denis. Sa voix est entendue, et la convention promulgue le 3 bru- maire 1793 (notre mois de novembre) un décret interdisant les démolitions et la destruction des œuvres d’art qui devront entre transférées dans des musées. Ainsi, en 1795, le Musée des Monuments Français voit le jour à l’initiative d’Alexandre Lenoir.

Pour la première fois, en 1830, un poste est créé au niveau national pour répertorier le Patrimoine culturel français

En 1830, le Roi Louis-Philippe crée un poste d’inspecteur général des monuments historiques qui est rapidement attribué à Prosper Mérimée. Ce poste est le préambule à la fondation d’un service public de la protection et la conservation du patrimoine et prend en 1837 le nom de “Commission des Monuments Historiques”. Une prise de conscience nationale voit enfin le jour. Commence alors un autre défi, sauver et entretenir les biens nationaux. De grands chantiers de restauration se mettent en place, comme la basilique de Vézelay, la cité de Carcassonne ou la cathédrale Notre Dame de Paris. Prosper Mérimée confie ces derniers à un tout jeune architecte Viollet-le-Duc. Les dérives prennent fin petit à petit et l’on redonne aux édifices en péril leur lustre d’antan, avec, pour la première fois, l’instauration d’une notion de classement.

“Vers une notion de classement des Patrimoines français”

Nous allons maintenant faire un bon dans le temps : Nous sommes en 1960, l’Egypte décide de construire le barrage du Nil à Assouan. Ces travaux gigantesques ont de graves répercutions écologiques et culturelles :
– Une modification fondamentale du système naturel reposant depuis des millénaires sur les alluvions du fleuve.
– La destruction par immersion de territoires entiers qui n’ont pas encore révélé tous leurs secrets et de sites archéologiques de premier plan, comme l’Ile Eléphantine ou le temple d’Abou Simbel.
A l’appel de nombreux intellectuels et scientifiques du monde entier, dont principalement André Malraux, un immense chantier est mis en place pour sauver ce qui peut l’être. Ainsi, de 1960 à 1968, quelques édifices sont démontés et reconstitués, une prouesse technique pour la sauvegarde du patrimoine mondial, mais surtout une prise de conscience internationale des dangers de l’avancée de la civilisation moderne.
Cette lourde tâche va être confiée à un organisme international basé à Paris, l’UNESCO.

Rappelons rapidement ce qu’est l’UNESCO (United Nations Education Science Culture Organisation).

C’est une Organisation internationale non gouvernementale créée à Londres par les Nations Unies le 16 novembre 1945. Aujourd’hui, en 2018, l’UNESCO est composé de 195 états membres. Elle a pour mission de promouvoir dans le monde l’Education, la Science et la Culture. Son siège est basé depuis 1958 à Paris.

Ainsi pour la première fois dans le monde, une réflexion est commune aux différents Etats membres de l’UNECO, cette réflexion nous la développerons lors de notre prochain rendez-vous de Janvier.

Aussi pour terminer ce premier volet de “Nos rendez-vous mensuels Patrimoine”, je souhaite rappeler cette phrase d’André Malraux :
“Pour la première fois, toutes les nations sont appelées à sauver ensemble les œuvres d’une civilisation qui n’appartient à aucune d’elle mais dont elle revendique l’héritage”

© Photo à la Une : André Malraux  – www.est-ensemble.fr