Traditions de Noël en Provence et sa crèche

6 décembre 2016

La fête de Noël qui coïncide avec le début de l’hiver est un moment important et convivial dans notre région : marchés, crèches et animations pour petits et grands. Nous n’avons que l’embarras du choix !

 

Les chrétiens célèbrent Noël, la naissance du Christ, le 25 décembre au moment du solstice d’hiver, quand le soleil commence à gagner sur les ténèbres. Tout un symbole !

Les civilisations ont repéré et célébré ce moment particulier de l’année depuis au moins la préhistoire.

D’ailleurs, ce n’est qu’au IVe siècle que la naissance de Jésus a été fixé au 25 décembre …
Il va falloir attendre plusieurs siècles pour voir apparaître les crèches, c’est-à-dire la représentation de cette naissance. On attribue cette initiative en 1223 à Saint-François d’Assise en Italie qui le soir de Noël a mis à contribution hommes et femmes du village de Greccio pour jouer et comprendre le mystère de cette naissance.

Puis petit à petit les crèches faites de figurines vont arriver en Provence depuis l’Italie.

La tradition veut que la première réalisée dans l’actuel Vaucluse date de 1316 et ait été réalisée à la cathédrale d’Avignon à l’initiative du pape Jean XXII, deuxième pape d’Avignon.
Jusqu’à la toute fin du XVIIIe siècle, les santons sont présents dans les églises et les familles les plus aisées. Ils ne vont se démocratiser qu’à la faveur de la Révolution et de l’invention du santon en terre peint qui va dès lors devenir un objet d’artisanat figeant la société provençale du XIXe siècle dans ses métiers et ses costumes.

C’est d’ailleurs à la même époque que les traditions de Noël ont été codifiées car chaque famille, chaque village avait ses habitudes. Connues sous le nom de « calendales », ces traditions méritent d’être mieux connues et surtout comprises. Il ne s’agit pas seulement d’habitudes ancestrales, tous ces rites ont un sens.

Mais d’abord revenons sur l’origine du terme « calendales ».

Cette appellation date du XIXe siècle et vient des félibres qui ont eu à cœur de sauver la langue provençale et nos traditions régionales.
Les calendes désignaient chez les romains les premiers jours de chaque mois, ainsi les fêtes calendales désignent celles des premiers jours de la vie du Christ.
Ces fêtes débutent le 4 décembre, jour de la Sainte-Barbe, où le blé est mis à germer dans trois coupelles.
Bien dru et vert 20 jours plus tard, il est gage de prospérité et surtout de qualité du blé semé dans les champs !
Les coupelles sont déposées sur la table de Noël le 24 décembre au soir pour le gros souper qui débute par la cérémonie du « cacho-fio » où une bûche d’arbre fruitier est portée dans l’âtre, arrosée de vin cuit et embrasée.
Cette lumière rappelle bien sûr le solstice d’hiver. Surtout n’oublions pas que c’est ce rite, pratiqué dans presque toutes les régions de France, qui a fait naître la bûche pâtissière …

Après cela la famille réunie autour de la table dressée avec trois nappes blanches (certes le chiffre trois est un symbole récurrent dans le christianisme, mais c’est aussi car il y avait trois repas de Noël le 24, le 25 et le 26), le blé germé, des chandelles et la belle vaisselle.
Ce repas est composé de légumes (épinards, cardes, salade, …) et de poissons (anguilles, morues, …) et se termine rituellement par les fameux treize desserts ! Fameux et pourtant le chiffre de 13 n’a été fixé qu’en 1924 … ce qui est important c’est qu’il y en ait beaucoup !
Que ce soit avant d’aller se coucher ou de partir à la messe de minuit, surtout ne pas oublier de relever les coins des nappes au risque que des mauvais esprits (ou des souris) viennent grignoter les restes du repas.

Après Noël viennent deux autres fêtes : l’épiphanie et la chandeleur. 

C’est avec cette dernière, le 2 février, que se clôturent ces fêtes calendales avec une tradition spécifique à l’ancien Comtat Venaissin : la crèche blanche. Mais c’est une autre histoire … rendez-vous en février pour en savoir plus !

 

A l’an que ven !

 

Florence Bombanel – Guide conférencière en Provence