La cathédrale Sainte-Marie-Majeure dite “la Major” de Marseille

21 janvier 2018

Monument Historique incontournable à visiter, la cathédrale Sainte-Marie-Majeure dite «la Major» de Marseille. Lumineuse par son architecture et riche de son Histoire, elle se dresse comme un pic à proximité du quartier de la Joliette et à quelques mètres du MUCEM ou du Fort Saint Jean . Elle est le Maître des lieux visible depuis les quais qui illumine nos yeux et suscite notre curiosité intérieure .
Pour mieux l’apprivoiser ou la comprendre, faisons connaissance avec son Histoire .

La christianisation de la Provence : une tradition forgée au Moyen Âge

Une barque sans voile ni rames, échouée en Camargue sur l’actuelle commune des Saintes-Marie-de-la-Mer, aurait amené de Palestine vers la Provence, après la mort du Christ, Marie-Jacobé, Marie-Salomé, Marie-Madeleine, Marthe et Marie avec leur frère Lazare et leurs compagnons. Ceux-ci auraient évangélisé la Provence. Lazare, ressuscité par Jésus, aurait ainsi évangélisé Marseille dont il serait le premier évêque.

Un site occupé depuis des siècles

Cet emplacement bien visible en arrivant de la mer, déjà occupé après la fondation grecque de la cité, a été choisi pour y éléver la première cathédrale au Ve siècle, probablement à la demande de l’évêque Proculus (381-428). De ce quartier épiscopal de l’Antiquité tardive, on connaît aujourd’hui, grâce à l’archéologie, un important baptistère sous forme d’un carré de 25 mètres de côté (découvert dans les années 1850 lors des travaux de terrassement de la cathédrale actuelle sous laquelle il se trouve) ainsi que la demeure épiscopale (mise au jour lors des fouilles de 2001 préalables à la création du tunnel de la Major). A l’emplacement de la cathédrale paléochrétienne, on peut voir aujourd’hui des vestiges de la vieille Major, ancien édifice roman du XIIe siècle.

Une nouvelle cathédrale au XIXe siècle

À cette période, Marseille est une ville en plein essor. C’est Louis-Napoléon-Bonaparte, alors Président, qui pose la première pierre de l’édifice le 26 septembre 1852. 41 ans et pas moins de trois architectes (Vaudoyer, Espérandieu et Révoil) sont nécessaires pour l’élévation de cette cathédrale de style romano-byzantin. Son architecture emprunte au roman et au gothique et présente une inspiration byzantine avec des assises de pierres alternativement blanches et vertes. Témoin de la prospérité de la ville, le choix des matériaux est au service de son style éclectique et de sa beauté:pierre verte de Florence, marbre blanc de Carrare, pierres de Calissane et du Gard, onyx d’Italie et de Tunisie, mosaïques de Venise. Ce subtil mélange d’Orient et d’Occident caractérise bien Marseille, port de la Méditerranée.

Ses dimensions sont majestueuses : 142 mètres de longueur, 60 mètres de haut au niveau des tours, 20 mètres de hauteur pour la nef, 70 mètres pour la coupole d’un diamètre de plus de 17 mètres, le transept quant à lui est long de 50 mètres. Elle est érigée en basilique mineure le 24 janvier 1896, consacrée le 6 mai 1897 et protégée au titre des monuments historiques depuis le 9 août 1906.
Une partie de son décor en façade renvoit à la tradition chrétienne provençale puisqu’un ensemble de statues représentent le Christ avec les apôtres Pierre et Paul, mais aussi Lazare, Marthe, Maximin et Marie-Madeleine.

La mémoire de Monseigneur de Belsunce

La statue de cet ancien évêque de Marseille, de 1709 à 1755, est un bronze réalisé par Marius Ramus en 1852. Elle a été cachée durant la Seconde Guerre mondiale pour ne pas être fondue et se trouve aujourd’hui à gauche de l’entrée de la cathédrale actuelle. Monseigneur de Belsunce s’est particulièrement illustré par son dévouement lors de la redoutable épidémie de peste de 1720 qui a vu mourir un tiers des habitants de Marseille. Lors des fouilles archéologiques de l’esplanade de la Major en 2008, une sépulture collective contenant les corps de personnes victimes de cette peste ont été mis au jour dans l’ancien cimetière au nord de la vieille Major.

Ouvert tous les jours de 10h à 19h

 

© Photo à la Une  : Wikipédia