Saint Léger du Ventoux, le plus petit village de la Vallée du Toulourenc

15 octobre 2015

Mcs Production

Saint-Léger du Ventoux, le premier village rencontré, le plus petit, est bâti sur la montagne Bluye. Il est sans contexte le point de rendez-vous et d’arrêt pour les cyclistes, pour les randonneurs vers la montagne, le Mont Ventoux ou le Toulourenc, mais aussi pour l’escalade avec la falaise de la Baleine et ses multiples voies aménagées.

Les habitants, les Saint-Légeois se répartissent entre les quelques maisons du villages alignées le long de la route et les fermes environnantes. L’exode rural a fait passé le nombre d’habitants de 207 en 1841 à 38 en 2012.

Une charmante fontaine datée 1880 rappelle que les villageois vendirent une partie des terrains communaux pour financer cette commodité toujours fort appréciée dans le village. A proximité la rue des faux-monnayeurs fait référence à une bande qui aurait sévit et vécue à l’époque du roi Louis-Philippe.

Peu d’informations sur le village avant le XIII ème siècle, quelques récentes découvertes de haches préhistoriques sur le territoire de la commune rappellent que le Mont Ventoux servait de carrière à silex pour les premiers habitants de la région et que certains se sont donc aventurés dans la vallée du Toulourenc. Les grottes sont nombreuses dans ce début des gorges et se racontait même le soir à la veillée la légende de la vache d’or qu’y est restée enfermée dans l’une d’elle.

C’est en 1254 que le seigneur Barral de Baux ( à qui appartenait la vallée) rend hommage au Comte de Toulouse pour « Sancto Laugerio », en 1274 comme le reste du Comtat Venaisin, le village devient propriété papale, mais reste aux mains de la famille des Baux jusqu’au XVème siècle.
En 1363 c’est un « Sanctus Logerius » qui est mentionné dans les hommages rendus par la famille, « Sant Leydier » n’apparaîtra qu’en 1550 lorsqu’il est fief des Vincens de Causans, noble et ancienne maison du Comtat Venaissin originaire d’Italie et co-seigneur aussi avec la famille des Baux.

Du XVIIème siècle jusqu’à la Révolution c’est Pierre-François de Tonduti, primicier universitaire d’Avignon, et sa descendance qui resteront seigneur de St Léger et Mont Serein.

L’église de St Léger dépendait du diocèse de Vaison jusqu’à la Révolution. A ce titre elle reçut la visite de Monseigneur de Suarès, évêque de Vaison; ce sont les fameuses visites pastorales qui recèlent tant de descriptions.
L’édifice actuel est daté XVIIIème et renferme un très beau décor peint et un retable en trompe l’oeil. Il y est fait mention évidemment de ce saint né sous le nom de Leodegarius qui était évêque d’Autun et fut martyr au VII ème siècle. Son nom fut transformé en celui plus simple de St Léger.

Une chapelle St Basile est mentionnée dés 1695 sur un piton rocheux dominant le Toulourenc en dehors du village, elle était l’objet d’un pèlerinage réputé pour guérir les enfants des croûtes de lait, des bonnets d’enfants y étaient suspendus en guise d’ex-voto . Comme l’indique l’inscription sur son fronton, elle fut restaurée en 1777, il reste à l’intérieur quelques traces de fresques.

En dépassant la chapelle St Basile, la route nous conduit au deuxième village Brantes ….

 

Par Françoise Richez,

Guide conférencière Au Pays de RencheAu Pays de Renche

 

Bibliographie
Robert Bailly : dictionnaires des communes de Vaucluse
Mémoires d’Ouvèze
Archives départementales Vaucluse et Drôme
Charles Rostaing toponymie de la Provence
Généalogie des familles nobles