Brantes, village perché chargé d’Histoires, domine la Vallée du Toulourenc

18 octobre 2015

MCS Productions

Que l’on décline son nom au fil des siècles en, Bantulo, Brantules, Brantulis, Brantulae, Brantoux et enfin Brantes en 1626, c’est toujours cette notion de pierres branlantes qui apparaît en priorité même si certains préconisent la version des vainqueurs d’une bataille, qui se seraient exclamés “les aven branta (nous les avons secoués)”.

En effet le village est situé sur une arrête rocheuse et fait face au Géant de Provence, par son côté nord. Il en résulte un panorama époustouflant qui au fil des saisons laisse entrevoir une palette de couleurs.
On passe ainsi du blanc et rose des amandiers en fleurs sur fond enneigé de sommet du Ventoux, aux bouquets jaunes des genêts s’alliant aux verts des pins et des chênes. En automne, c’est toute la gamme des roux qui vient envelopper les versants. Brantes est un village de Haute Provence qui part son histoire et son dynamisme continue à nous faire vibrer dès les premiers pas dans ses calades ensoleillées.

On arrive à Brantes par deux routes, soit en suivant la D40 ou en empruntant la D41 par le col de Fontaube. De chaque côté, la vue est superbe et laisse entrevoir le village accroché à ses rochers, couronné des ruines du château médiéval.

L’habitat y est consécutif depuis le néolithique, c’est près du cimetière, dans un abri sous roche, que des pointes de flèches et les vestiges d’une faune intéressante ont été trouvés.

De part son emplacement stratégique, Brantes va aiguiser les appétits de contrôle de territoire et ce fief aura donc le privilège d’être en coseigneurie dés le XIème siècle entre les familles de Vinces Causans et de Baux et toujours sous tutelle papale dés le XIV ème siècle. Pendant les guerres de religion, en 1578, Charles-Dupuy Montbrun, voisin huguenot rançonnera le village pour le retrait de ses troupes. Jusqu’au XVII ème siècle par jeux de mariage, successions, partages on retrouve parmi les coseigneurs les Isnards, Raffelis, Cambis, Benoit.

En 1667, c’est Clément X qui érigera la baronnie en marquisat et en 1694, c’est Pierre du Blanc collatéral des troupes d’Avignon, gouverneur et seigneur de la Roque sur Pernes, Buisson et Entrechaux qui va acquérir le nouveau marquisat qui deviendra donc la prestigieuse lignée des Blanc de Brantes.

La première église paroissiale de Brantes, St Jean-Baptiste, est située en contrebas du village, c’est un bel édifice roman qui dépendait de la commanderie de St Jean de Jérusalem d’Avignon, une croix pâtée figure encore sur la clé de voûte au dessus de la porte d’entrée. Autre particularité elle dépendait du diocèse de Gap.
Au XIVème siècle un nouvel édifice sera construit en intra-muros. L’église St Elzéar ne résistera pas aux guerres de religion et sera reconstruite et rebaptisée église Saint-Sidoine. Présentant un réel danger pour la population l’édifice est rasé et à nouveau reconstruit, un siècle plus tard, c’est le bâtiment actuel qui fera l’objet au XIX ème d’une belle décoration de peintures en trompe-l’oeil. Une chapelle dédiée à St Roch, patron du village a fait l’objet aussi de restauration de la part de l’association des “amis de Brantes” qui fait un travail remarquable sur le village.

Le charme des ruelles est entretenu par la vie artisanale qui s’y déroule. Pour profiter de la vue sur le Mont Ventoux, il est vivement conseillé de s’attarder sur les terrasses des auberges.

L’incontournable “Brantes dans les étoiles” anime le village en décembre autour des traditions de Noël. Les Brantais pour l’occasion revêtent les costumes et confectionnent lampions et friandises.

 

 

Par Françoise Richez,

Guide conférencière –  06 40 29 58 07

 

Bibliographie
Robert Bailly : dictionnaires des communes de Vaucluse
Mémoires d’Ouvèze
Archives départementales Vaucluse et Drôme
Charles Rostaing toponymie de la Provence
Généalogie des familles nobles