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L’histoire d’un grand vignoble, le Domaine Bunan – La Cadière d’Azur

Famille du Domaine Bunan


L’histoire d’un grand vignoble, le Domaine Bunan – La Cadière d’Azur

Un domaine viticole bio qui ne se contente pas d’égayer les papilles mais également qui crée des liens (Laurent Bunan)

« Le vin est Vie, le faire est Art, en parler est Culture, et le boire est Joie de Vivre » (Frédéric Nietzsche)

Lors d’un déplacement en Italie, je rencontrai un jeune paysan vigneron créateur couturier, Sebby Zacco originaire de Caltagirone en Sicile, venu près de Milan présenter une splendide collection authentique, conjuguant sa terre et les étoffes. Il se présenta : «- Paysan styliste couturier » et tendit avec fierté une main calleuse.

L’idée de visiter un domaine viticole fit alors son chemin. La vigne fait partie de notre patrimoine. Notre sud produit de grands vins réjouissant les papilles.
S’il est un endroit où cette citation de Nietzsche prend toute sa valeur, c’est, nous avait-on dit, à la Cadière d’Azur, le Domaine Bunan.

Nous y avons conduit nos pas, convaincus que l’art joue une place prépondérante dans la culture de la vigne et que ces vignerons-là y sont attachés. Notre curiosité, plus que satisfaite, nous permet de découvrir un domaine où une famille entière, passionnée, soudée depuis trois générations autour d’un même projet, la culture de la vigne, donne à l’Art sous toutes ses formes ses lettres de noblesse, avec sensibilité, tendresse, élégance et excellence.

La Cadière d’Azur, berceau du domaine

« Si l’on me demandait quel est le bien le plus précieux de la terre, je répondrais c’est la vigne » (Caton l’Ancien)

Perché au bord de sa falaise, entourée de forêts de pins, sur une colline qui fait face au village du Castellet, ce petit village médiéval, La Cadière d’Azur, a le charme de nos villages provençaux encore authentiques, avec ses ruelles fleuries chargées d’histoire et une vue portant jusqu’aux abords de la Méditerranée. Ses pentes s’enorgueillissent du plus beau des joyaux, la vigne. Le vignoble du domaine Bunan est étagé en restanques. Hélios le pare de mille feux et la mer proche le tient à l’abri des gelées hivernales. C’est le célèbre et réputé vignoble (AOC) de Bandol. Dès que les feuilles de vigne miroitent, mordorées, sous un soleil plus doux, Dionysos, ceint sa couronne et s’apprête à l’extase. Il boira le vin jusqu’à la lie.

Nectar divin

Bien avant Caton l’Ancien, né en 234 avant JC, les hommes connaissaient la culture de la vigne depuis au moins le troisième millénaire avant JC et sans-doute plus avant. Hérodote raconte que l’on apportait en quantité du vin dans la magnifique Babylone des Sumériens par l’Euphrate. De récentes découvertes attestent de découvertes de résidus de vin bien plus anciennes. Boisson sacrée des Dieux et des Héros, le vin est aussi le breuvage des rois. Il les accompagne jusque dans leur tombe. Dans l’Egypte prédynastique, à l’intérieur d’une sépulture attribuée au roi Scorpion 1er (vers 3150 av JC), 700 jarres remplies d’un vin provenant de Palestine et d’Israël – avant que les Egyptiens ne produisent leur propre vin conditionné en jarre- ont été retrouvées, soit pas moins de 4500 litres pour accompagner le défunt dans l’au-delà. Plus près de nous, en Sicile par exemple, la production de vin est introduite à l’époque minoenne, comme en témoigne la découverte dans une tombe près de Syracuse de vases pour utilisation vinicole datés de 2000 ans avant JC.
Chez nous, les Grecs seraient à l’origine de l’implantation des vignes dans le sud de la Gaule, depuis leur colonie de Massalia (Marseille).

Vigneron-Paysan

« Quand Orion et Sirius auront atteint le milieu du ciel et qu’Aurore aux doigts de rose pourra voir Arcturus, alors, Persès, cueille et rapporte chez toi toutes les grappes. Expose-les au soleil dix jours et dix nuits, mets-les à l’ombre pendant cinq. Le sixième jour, puise et mets dans des vases les dons de Dionysos riches en joies. (Hésiode- Les travaux et les jours – VIIIe siècle avant JC)

Le chemin qui mène de la vigne au verre est long. Pourtant, tout au long de sa vie, le vin portera l’empreinte de la vigne qui l’a généré. Pour atteindre ce résultat, le terrain doit être défriché, retourné, soigné, la plante doit être exploitée, cultivée avec amour, dorée par un soleil généreux, les grappes de raisins récoltées délicatement, et le vin tiré, mis en tonneau, en bouteilles, nectar délicieux, breuvage des Dieux. Derrière tout cela il y a le travail de l’homme et son rapport à la terre car il faut aimer la terre pour y cultiver la vigne.

Le Domaine Bunan : respect de la terre et label AB

Un domaine viticole bio qui ne se contente pas d’égayer les papilles mais également qui crée des liens (Laurent Bunan)

Les femmes et les hommes qui travaillent au Domaine Bunan respectent la terre : ni désherbage chimique, ni utilisation de produits de traitement de synthèse, tout est travaillé à la main. Sous l’aspect technique et les beaux coteaux se profile une vérité qui fait toute la différence et explique en grande partie la réussite et l’excellence du domaine.

Un site enchanteur, des hôtes exquis, un vin digne des plus grands calices

Des vignes en restanques à perte de vue nous accueillent.
De loin en loin, des sculptures se mêlent aux vignes, en marquent les contours, répondent au paysage, comme en écho. Si nous n’étions avertis, on pourrait les croire sorties tout droit de cette terre riche, une bacchante égarée, un agneau près d’un cep. Le ciel bleu baigne les sarments humides de rosée en ce matin de décembre. L’image est bucolique et si belle. Ce pourrait être le tableau d’un Van Gogh. Le paysage épouse à la fois le passé et le présent. Une sensation de bien-être particulière nous envahit, et nous restons là, saisis d’admiration, caressés par la fraîcheur et le parfum de l’air. Nos hôtes viennent à notre rencontre en souriant et nous font visiter les magnifiques locaux. Nous entrons dans une première salle. Au plafond, une suspension originale, splendide, fait office de lustre. Elle rassemble, en quatre vagues représentant les quatre générations, 996 bouteilles de vin vides pour un poids total de 1300 kilos. C’est l’œuvre de Romy Bunan, designeuse et cela donne immédiatement le ton du Domaine. Nous sommes au cœur de l’Art.

L’Esprit de famille du Domaine Bunan

« L’histoire commence avec nos grands-parents vignerons Félix et Lucie. Ils transmettent la passion du vin à leurs enfants Paul et Pierre.
Aujourd’hui, nous, Françoise, Claire, Laurent et Philippe, travaillons ensemble, assemblant nos compétences en respectant la tradition familiale.

Notre credo : créer de l’émotion et partager notre amour de la terre.
En 1954, Paul Bunan, installé à Oran, entend parler pour la première fois de Bandol dans une gazette. Marlon Brando y vit une histoire d‘amour avec une jeune comédienne, fille d’un pêcheur local. Il garde la photo de l‘acteur américain et bien des années après, en 1961, les deux frères posent les fondations des Domaines Bunan à la Cadière d’Azur, en créant le terroir du Moulin des Costes. C’est un coup de cœur pour la région de Bandol et son appellation prestigieuse.
En 1969, Pierre Bunan achète le Château la Rouvière au Castellet, un petit terroir orienté plein sud dont les vieilles vignes de Mourvèdre regardent la mer.
Puis en 1978, les deux frères reconstituent le vignoble du Bélouvé, autrefois possédé par des religieux, pour y créer un vin d’appellation Côte de Provence. Ensemble, ces trois terroirs distincts (Moulin des Costes, Château la Rouvière et Bélouvé) forment une entité : les Domaines Bunan.

Dans la création de son vin, notre famille de bâtisseurs témoigne d’une philosophie de l’authentique. Ensemble, nous faisons vivre et grandir le domaine familial dans le respect des traditions afin de transmettre un héritage aux racines profondes. Ainsi, nous baptisons chacun de nos foudres de chêne en hommage à un membre de la famille pour rendre cet héritage vivant. »
Paul & Pierre, ces hommes de la vigne, du soleil et de la mer, fondateurs des Domaines Bunan, ont passé le flambeau à leurs enfants, même s’ils continuent d’arpenter les vignes avec passion.
Françoise, formée aux beaux-arts, débordante de créativité, a la volonté de mêler différents univers : la création artistique, l’art de vivre et l’art de faire du vin.
Laurent a vinifié son premier vin à l‘âge de 6 ans. Diplômé en œnologie, il est le premier à rejoindre l’activité familiale. Depuis trente ans, il voyage dans le monde pour promouvoir le Bandol. Il développe l’exportation dans de nombreux pays et œuvre pour l’avenir des Domaines.
Claire, un master marketing des vins en poche, a suivi les traces de son père et a repris la direction commerciale. Elle invente de nouvelles manières de faire découvrir les vins et tisse des liens étroits avec les professionnels.
Philippe, ingénieur agronome, aux manettes de la vinification, met tout en œuvre pour créer des vins qui reflètent aussi bien le terroir que les valeurs familiales.

C’est la terre qui fait le vin

Le vignoble de Bandol était déjà très prisé par les Romains au Ve siècle avant JC.
Au XVIe siècle, les historiens n’omettaient jamais de citer les crûs de Bandol. Et deux siècles plus tard, ils se retrouvent même à la table de Louis XV, qui les appréciait et en faisait une consommation journalière. Au XVIIIe, l’aptitude du Bandol au transport maritime le fît naviguer sur toutes les mers, jusqu’en Inde, au Brésil et aux Antilles. C’est à ce moment que le vignoble de Bandol prend le nom du port depuis lequel les tonneaux et barriques quittaient les quais. Aujourd’hui, le vignoble bandolais s’épanouit au gré des restanques grâce à l’ensoleillement le plus important du pays et un sol particulièrement riche en calcaire.
Un accident géologique particulier permet aux vignes de s’enraciner dans un sol triasique vieux de 250 millions d’années. C’est ce terroir orienté plein sud regardant la Méditerranée qui fait de Bandol une AOP unique en Provence, et l’une des premières en France (1941). Le Bandol poursuit son exportation à travers le monde grâce à son cépage caractéristique, le Mourvèdre, qui apporte au vin une formidable aptitude au vieillissement. Ses racines peuvent aller jusqu‘à 10 mètres de profondeur pour y puiser sa force et son énergie. Ce cépage donne ainsi un caractère unique aux rouges et aux rosés.

L’engagement pour leurs valeurs

 » Le respect et l’attachement à notre terroir nous ont naturellement portés vers l’agriculture biologique dès 2008.
Aujourd’hui, nous plaçons plus que jamais la culture au cœur de notre métier car nous croyons qu’une vigne heureuse offrira toujours un meilleur raisin. La richesse naturelle de nos terroirs nous engage à respecter l’identité de chaque parcelle, à être à l’écoute du rythme de la vigne et de la vie du sol. La pratique culturale vise donc à l’expression la plus achevée des potentialités du terroir.  Désormais, seuls des produits naturels protègent nos raisins et nos terres. L’aménagement et l’entretien des sols, la sélection du végétal, la vendange en vert, le choix précis du moment de la récolte et la cueillette sélective qui tient compte de l’avancement des maturités sont réalisés dans un esprit respectueux de l’environnement et des hommes, afin de préserver l’équilibre naturel et développer une biodiversité plus riche.
Adopter un mode de culture biologique nécessite une observation attentive de la vigne et de son environnement pour pouvoir lui apporter des soins adaptés et minutieux. Cela permet donc de se forger un savoir rigoureux concernant chaque étape de la création du vin, depuis le travail du sol et de la vigne jusqu’à la vinification. Notre connaissance approfondie de la vigne et du terroir nous rend en mesure au fil des années de garantir une constance dans la qualité de nos vins, qui fait la réputation du domaine « .

L’Art de Vinifier : Révéler l’âme du vin

Les rouges, après éraflage complet et foulage, font l’objet d’une longue cuvaison, allant de 21 à 31 jours, en cuve inox et bois tronconique, individualisant si nécessaire cépages, mais aussi parcelles. La fermentation s’effectue en s’aidant d’une maitrise des températures, accompagnée de fréquents relevages des jus (cuves inox) ou pigeages (cuves bois). La fermentation achevée, les vins qui pour la plupart sont encore des cépages purs, sont séparés des lies, et continueront d’évoluer avant d’être assemblés pour la création des cuvées. Suivra un élevage de 18 mois et plus en foudre ou barrique de chêne français au cours duquel des soutirages réguliers marieront arômes et structures.
La mise en bouteille s’effectuera après une dernière préparation, à l’optimum de l’élevage. Ces vins de longue garde pourront évoluer pendant encore 10 à 20 ans selon cuvées et millésimes. Les rosés et les blancs sont obtenus par pressurage des raisins entiers et foulés. Les jus sont débourbés en cuve inox, avant fermentation alcoolique effectuée à température régulée. Après élevage d’au moins 6 mois, les vins seront clarifiés avant leur mise en bouteille. Deux caveaux de maturation, d’une capacité totale de 350 000 cols, accueillent rouges, rosés et blancs, le temps pour chacun de s’accomplir avant d’être livré au plaisir du palais.

Découvrir le Savoir-Faire et le vignoble, les pieds dans la terre

Le temps d’une balade au cœur des domaines, on découvre la collection ampélographique (collection de cépages), le secret des vins de Bandol, la salle des foudres et les infrastructures de vinification, du chai de réception de vendanges au caveau de vieillissement. Le parcours se termine au caveau par une dégustation-plaisir des vins d’appellation Bandol. L’ensemble de la gamme de vins du Domaine Bunan (AOP Bandol, Côtes de Provence et vin de pays) et les produits locaux sont disponibles en vente directe.
La smart Balade (visite autonome) est offerte aux clients.

Balade Artistique au Domaine Bunan

En résidence au Domaine pendant un mois, le couple d’artistes plasticiens anglo-irlandais Gethan & Myles  a imaginé des installations spécialement pour le domaine, des sculptures pérennes et land art sur le thème du passage du temps “Aevum” :

The illusion

(chêne, lierre, clématite, feuille d’or)
comme Janus le dieu Romain, ce chêne a deux visages  – l’un regarde le passé, l’autre l’avenir.

Le four en pierres sèches

every bastard has a heart / famine wall #1 (pierre sèche, bauxite, galet, feuille d’or)
La structure s’inspire de fours à cade, de strates et des famine walls construits par les paysans irlandais pendant la grande famine. Le galet a été cueilli à Bandol à la pleine lune. La pierre sèche est du calcaire – minéral formé par la mer.

Food / Famine walls

(pierre sèche, terre)
“C’est la terre et la pierre qui nourrissent les vignes. C’est leur nourriture.” Philippe Bunan.

Le fût noir

midi / the ship that never sailed (tonneau, goudron, feuilles d’or, fil de cuivre)
Basé sur le cadran solaire d’Aquitaine, le foudre révèle le mouvement du soleil. Les ellipses dorées tracent le trajet du soleil de midi à 18h pendant le solstice.
Le Midi est ainsi nommé parce qu’à midi en France la position du soleil indique le sud.  NB. Par grande chaleur le goudron peut-être collant.

Les deux pins

the illusion (pins, fil de cuivre)
Un vieux couple d ‘arbres, de loin les deux semblent unis; de près l’un est écrasé par l’autre.

Le menhir

amer (pierre taillée, feuille d’or, charbon, terre)
Le soleil sur la pierre dressée est orienté pile au nord. Un petit couloir dirige la pluie au milieu de sa face. Dans le temps cette eau creusera une ligne à travers le cercle d’or.

Le pin

godspot (pin, fil de cuivre, pierre sèche)
En anglais god spot signifie le point ou le soleil, après avoir transpercé les nuages, touche le sol. Posez vous sur le god spot et observez.

Installation de pierres sèches

devant la collection de cépages à l’entrée de la cave : fin #2 (lames de calcaire, pierre sèche)
The beginning and the end.

Convivialité, Partage, Solidarité

Ici, on est dans la convivialité, le partage avec des dégustations gastronomiques, l’Opéra dans les Chais, des concerts au profit d’œuvres caritatives, des expositions photos, peintures, sculptures, l’organisation de mariages, des rendez-vous ‘Art et Vin’….

Vous l’aurez compris, la famille Bunan trouve sa vérité dans la terre, celle des ancêtres, celle d’aujourd’hui, et prépare celle de demain. C’est intrinsèquement le rapport à la terre, le rapport au temps, à l’art, le rapport à l’amour du beau et à l’amour des autres. Merveilleuse rencontre dont nous sortons, des étoiles dans les yeux, un léger goût de vin, exquis, divinement posé sur les lèvres, et la promesse d’un retour prochain.
Irréductibles appréciateurs de bons vins et de produits de qualité, épicuriens, gourmets, fins connaisseurs ou simplement curieux, promeneurs du dimanche ou randonneurs, amateurs d’art, seuls ou en familles, n’hésitez pas à faire une halte au Domaine Bunan. Ce ne sont que des humains qui vous accueilleront, mais il se dit qu’on y goûte au nectar des Dieux.

Moulin des Costes/ Chateau la Rouvière
338 bis Chemin de Fontanieu
La Cadière d’Azur
Latitude
Tél. : +33 (0)4 94 98 58 98

©Photo Domaine Bunan :  Foxe Eye

Autres liens :
Autour du raisin et du vin : de l’Antiquité au Moyen-Âge

Localisation : La Cadière d'Azur
Date : 6 janvier 2020

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