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Le coquelicot, une plante messicole d’une beauté fragile

Le coquelicot des champs (Papaver rhoeas), est une plante herbacée très abondante dans les terrains fraîchement remués à partir du printemps, qui se distingue par la couleur rouge de ses fleurs, et par le fait qu’elle forme souvent de grands tapis colorés visibles de très loin. Elle a failli disparaitre lorsqu’elle a été assimilée aux « mauvaises herbes » des cultures messicoles et arrosée d’herbicides. Pour notre plus grand plaisir, le coquelicot, originaire du Moyen-Orient, se laisse admirer sur de grandes étendues au bord des champs et des chemins.

Le coquelicot ou pavot annuel fascine par sa couleur rouge vif, et les grandes étendues qu’il recouvre ont été représentées dans nombreux tableaux impressionnistes. Il égaye nos campagnes de ses fleurs, inspire les artistes, mais il a surtout un symbole, des bienfaits et s’inscrit dans le cycle de la vie d’un grand nombre de petites bêtes.

Histoire du coquelicot des champs

Le Papaver rhoeas

bouton floral coquelicot plante botanique

Bouton floral © Aconcagua

Originaire du Moyen-Orient ou du Sud de la Méditerranée, le coquelicot a été amené par les Indo-Européens entre -3000 et -2000 ans av J.-C., conjointement aux céréales cultivées. La plante a des tiges velues, ramifiées, exsudant un latex lorsqu’on les coupe et portant des feuilles très découpées et duveteuses. Sur les tiges simples de 20 à 60 cm, des fleurs écarlates, solitaires et éphémères, à quatre pétales très fins s’épanouissent de mai à septembre environ. Elles se distinguent par la couleur rouge brillant de leurs pétales qui entourent un cœur d’étamines noires avec un pistil globuleux. En séchant, les pétales deviennent lie-de-vin.

Le coquelicot et ses bienfaits

Plus tard, les fruits apparaissent sous forme de capsules, sphériques, contenant une grande quantité de graines minuscules et facilement disséminables par le vent. Les graines contiennent une huile grasse. Contenant des alcaloïdes, le coquelicot est doté de propriétés calmantes, adoucissantes et même légèrement narcotiques. On peut l’utiliser contre la nervosité, les quintes de toux et les insomnies, et ses fleurs comme ses feuilles sont tout à fait comestibles.

Le Coquelicot rouge et sa crête de coq

Le coquelicot doit son nom à une métaphore entre sa couleur et celle de la crête du coq désigné par l’onomatopée « coquerico » en ancien français. Par ailleurs, la couleur rouge des fleurs de coquelicot ne peut être perçue par les insectes occidentaux qui la voient gris anthracite. Mais l’abeille distingue parfaitement l’ultraviolet émis par la fleur, et elle peut ainsi récupérer les millions de grains de pollen que la fleur produit et relâche tôt le matin. Les bourdons font de même en faisant vibrer les anthères entre leurs mandibules pour augmenter la récolte, ce qui produit ce vrombissement si caractéristique qu’on leur connait.

capsule de coquelicot avec ses graines reproduction

Capsule de coquelicot avec ses graines © Venividi

La fragilisation des plantes messicoles

On appelle plantes messicoles les plantes annuelles à germination préférentiellement automnale ou hivernale habitant dans les moissons, c’est-à-dire dans les champs de céréales d’hiver (blé, orge, avoine, seigle). Alors que leur histoire est commune avec les cultures et particulièrement anciennes, les effectifs des messicoles ont fortement diminué avec la mécanisation et l’industrialisation de l’agriculture dans la seconde moitié du XXème siècle. En effet, les messicoles sont particulièrement sensibles aux méthodes de désherbage modernes (tri des graines, désherbage mécanique ou au moyen d’herbicides), qui sont efficaces au point de faire craindre que ces espèces disparaissent, amoindrissant la richesse botanique (biodiversité).

Plantes messicoles sur le causse du Larzac dans le Massif central © Fritz Geller-Grimm et Felix Grimm

En France, un Plan national d’actions (PNA) en faveur des plantes messicoles est commandé en 1998 par le Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement aux Conservatoires Botaniques Nationaux (CBN). Il est coordonné principalement par le CBN méditerranéen de Porquerolles, le CBN du Bassin parisien et le CBN alpin. Ce travail fait suite au Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992 où les plantes messicoles sont inscrites au programme d’action de la France pour la préservation de la faune et de la flore sauvages.

Source de nourriture pour de nombreuses espèces

Les messicoles sont aussi une source de nourriture pour de nombreuses espèces (ou de graines, par exemple pour l’alouette des champs qui en hivernage consomme les graines de dizaines d’espèces de plantes sauvages). Cela confirme la dépendance de cette espèce aux champs riches en messicoles (non traités par des herbicides) et aux habitats riches en herbes sauvages. Plus spécifiquement, le pollen abondant des fleurs de coquelicot est le mets favoris des abeilles et des bourdons ! Principale source de protéines pour ces insectes, le pollen entre également dans la composition de produits que nous consommons comme la gelée royale ou le miel. En revanche le coquelicot ne produit pas de nectar. Une plante qu’il s’agit donc d’observer, d’admirer, de récolter avec parcimonie et de respecter !

Auteur : Auriane Legendre
Date : 22 juin 2021

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