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Léonard de Vinci, le génie italien qui aimait la France

« Colui che non rispetta la vita, non la merita» (Celui qui ne respecte pas la vie ne la mérite pas) (Léonard De Vinci) »

C’est par cette phrase d’une actualité absolue que nous initions cette rubrique consacrée au plus grand génie de tous les temps, Léonard de Vinci, et à son tableau célébrissime, la Joconde.

La France et l’Italie sont liés par le plus beau, le plus énigmatique, le plus charismatique des sourires, celui de Mona Lisa, né de la main du génie toscan.

« Le plaisir le plus noble est la joie de comprendre » (Léonard De Vinci)

A la fois artiste, organisateur de spectacles et de fêtes, scientifique, ingénieur, inventeur, anatomiste, sculpteur, architecte, urbaniste, botaniste, musicien, poète, philosophe et écrivain, Léonard naît à Vinci le 15 avril 1452 et meurt à Ambroise le 2 mai 1519.
C’est à l’époque de la Renaissance que Léonard de Vinci éclaire d’un jour nouveau le monde de l’art et des sciences. Entré à 16 ans dans l’atelier renommé de l’artiste florentin Andrea del Verrochio, on le connaît surtout en tant que peintre de la Cène et de La Joconde, le tableau le plus célèbre au monde, mais c’est aussi un génie hors pair.

Il fut le premier à dessiner le développement de l’embryon humain et il fit des découvertes sur le fonctionnement de notre corps que le monde mettra cinq siècles à redécouvrir. Trois cents ans avant la mise au point du scaphandre, il conçut un moyen de marcher au fond de la mer. Il dessina également une sorte de deltaplane qu’on expérimentera avec succès seulement quatre-vingt-dix ans plus tard.

Illustration d'un foetus par Leonard de Vinci

Da Vinci est considéré comme le précurseur de nombreuses machines modernes et, au-delà de l’étonnement éprouvé face à son imagination, on reste subjugué par ce fils illégitime d’un notaire et d’une paysanne qui reçut un enseignement rudimentaire, apprenant les bases de la lecture, de l’écriture et de l’arithmétique. Son ignorance du Grec et du Latin, langues qu’il apprendra en autodidacte à l’âge de 40 ans, lui ferma les portes de l’Université.

Le Lac d’Iséo, là où commence la magie

Léonard de Vinci y est venu. Comme nous, il a plongé son regard sur l’ondoiement de ses eaux, sur les montagnes qui s’y reflètent. Comme nous, il a respiré le parfum de ses rivages. Lieu d’enchantement, joyau d’une rare beauté aux merveilleuses facettes sur lequel se reflète l’azur du ciel et le rouge des couchers de soleil, niché au creux d’une précieuse couronne de monts et de cols aux motifs chromatiques et aux incisions antiques : nous sommes sur le lac d’Iseo.

Entre les provinces de Brescia et de Bergame, le lac d’Iseo, placé au fond du Val Camonica, contient la plus grande île lacustre de l’Italie, le Monte Isola. Là poussent les genêts au printemps et les bruyères à l’automne. Les arbres fruitiers et les oliviers se plaisent sur le versant descendant en pente douce sur le lac. Source d’inspiration, le lac d’Iséo a, sans aucun doute, ajouté ses couleurs à celles de la palette de l’artiste.

Léonard de Vinci

Alors qu’il fuit Milan entre 1499 et 1500, le peintre séjourne sur les rives du lac d’Iseo, allant jusqu’à Breno, en Val Camonica. Mais c’est à Maspiano que Léonard connut un grand amour : la jeune noble dame bresciane Medea Martingo da Barco, qui lui aurait inspiré son chef d’œuvre, le tableau le plus célèbre au monde : La Joconde.

Des historiens soutiennent que le célèbre sourire de Monna Lisa ne fut pas inspiré par une noble dame florentine, mais par son amour brescian. Le fond du tableau serait le lac d’Iseo, représenté à l’envers, comme réfléchi dans un miroir, exactement comme écrivait le peintre. A gauche du visage de Mona Lisa, on reconnaît les trois crêtes de la « Corna dei trentapassi » et à droite de la « Punta dei Dossi ». Léonard aurait reproduit un pont similaire à celui se trouvant sur le fleuve Olio, entre Capriolo et Castelli Calepio.
Pour terminer son œuvre, si cette hypothèse s’avère exacte, Léonard de Vinci dut monter sur le Mont Guglielmo duquel on jouit d’un magnifique panorama sur le lac et sur les montagnes alentour.

En France à la cour du Roi

Il a 63 ans. Léonard de Vinci arrive en France en 1517 avec de nombreux manuscrits et tableaux dont celui de la Joconde, encore incomplet, à la demande de François 1er, grand amateur de l’art italien et admirateur de Léonard. Il le loge au château de Clos-Lucé, près d’Amboise et lui donne le titre de ‘Premier architecte et mécanicien du roi’ avec une rente de 5000 écus. Les dernières années que le peintre vit en France sont sûrement les plus sereines de sa vie. Bien qu’il soit affaibli physiquement par l’âge et par une paralysie de la main droite, il réussit à compléter ses recherches et ses études, se dédiant à ce qui lui semblait le plus intéressant, c’est-à-dire les sciences et la physique. En France, Léonard de Vinci projette la réalisation du Palais royal de Romorantin, destiné à Louise de Savoie, mère du roi. Invité aux évènements les plus importants : baptême du dauphin, noces de Laurent de Médicis, Duc d’Urbino avec une noble française, mise-en-scène de la Mandragola, fameuse comédie de Machiavel… Il s’occupe de mettre en scène les fêtes de la cour, surtout celles dédiées au roi. Celles de Lyon et d’Argenton sont fameuses : un lion automate mobile, se déplaçant, s’arrêtant, ouvrant sa poitrine emplie de lys et de différentes fleurs, au grand étonnement d’une cour émerveillée.

Léonard de Vinci : Le Testament

En avril 1519, Léonard laisse ses volontés testamentaires au notaire, stipulant vouloir être enterré dans l’église Saint Florentin d’Amboise, avec une grande cérémonie funèbre, accompagné d’aumôniers, de frères et de soixante pauvres, chacun tenant une torche. Il demande par ailleurs la tenue de plusieurs messes solennelles dans diverses églises.
Quand il meurt, le 2 mai 1519, le roi François 1er, très affligé, ne peut retenir ses larmes. En 1518, il avait acheté le tableau de la Joconde à Léonard de Vinci pour 4 000 pièces d’or.

La Joconde : 77cm x 53 cm et un sourire qui émeut le monde

Une femme au sourire fascinant a une place d’honneur au Musée du Louvre. Une peinture à l’huile sur un panneau de bois de peuplier de 77cm x 53 cm, représentant le haut du corps d’une femme assise, positionnée de trois quarts et pontant son regard vers le spectateur attire tous les spectateurs. C’est La Joconde.

LA JOCONDE- Léonard de Vinci

Avec son regard pénétrant et son léger sourire, Mona Lisa semble défier le spectateur et s’en amuser. La douceur, la légèreté, le velouté de l’image, sont donnés par la technique du sfumato signifiant enfumé, vaporeux que Léonard de Vinci maîtrisait parfaitement. C’est grâce à cet effet de sfumato, inscrivant la figure dans l’espace, caractéristique de la peinture de l’artiste, que la Joconde apparaît si présente au spectateur. Elle est là, toute proche, et nous observe. Cette présence est encore accentuée par le contraste fort qui existe à l’intérieur du tableau entre la figure et le paysage vaporeux sur lequel sa silhouette se détache. (cf panorama de l’art)

22 août 1911 : on a volé la Joconde !!!

Dans les semaines qui suivent la disparition du tableau, les spéculations les plus folles sont échafaudées. On envisage toutes les pistes: un complot juif ou un espion du Kaiser Guillaume II, dans un contexte international tendu. Le juge d’instruction chargé de l’affaire, Joseph-Marie Drioux – que la presse surnomme le «mari de la Joconde» -, va même jusqu’à emprisonner quelques jours à la Santé le poète Guillaume Apollinaire.

Son ancien secrétaire, le Belge Guy Piéret, a en effet dérobé trois statuettes au Louvre en 1907 et 1911 et vient d’en envoyer une au quotidien Paris Journal, avant de prétendre avoir volé aussi la Joconde et de réclamer une rançon de 150 000 francs… et pourtant, la Joconde se trouve à… Paris. Pendant deux ans, elle reste cachée dans un appartement décrépit de la rue de l’Hôpital Saint-Louis, dans le Xe arrondissement.

Le voleur?

Un vitrier italien, Vincenzo Peruggia, qui avait travaillé au Louvre et mis le portrait sous verre. Connaissant les lieux, il profite, le 21 août 1911, de la fermeture du musée pour s’en emparer, le dissimulant sous sa blouse d’employé avant de regagner son domicile. Interrogé avec les autres employés, il sert alors à la police un alibi qu’elle accepte. Mais le voleur se trahit en tentant de le revendre en 1913, sous le nom de Leonardi, à un antiquaire florentin, Alfredo Geri.
Rendez-vous est pris le 10 décembre avec Geri, qui s’est fait accompagner de M.Poggi, directeur du musée des Offices. Constatant l’authenticité du tableau, ils alertent la police, qui arrête Peruggia à son hôtel. Après une tournée triomphale en Italie, la Joconde est restituée au Louvre le 4 janvier 1914, où elle fait l’objet d’une surveillance renforcée.
Quant au voleur, il devient pour beaucoup d’Italiens un héros national en prétendant, lors de son procès, avoir agi par patriotisme. Il aurait cru que la Joconde avait été dérobée à l’Italie par Bonaparte. Il n’écope donc que d’un an de prison, peine réduite par la suite à sept mois. Ses mobiles ne furent jamais réellement éclaircis et de nombreuses hypothèses ont été avancées: le patriotisme, la commande d’un faussaire argentin, Eduardo de Valfierno, la manipulation d’un espion allemand. Ou celle, plus romantique, d’un coup de foudre entre le vitrier et la mystérieuse Italienne, qui lui rappelait une amie d’enfance disparue…

Que nos amis transalpins se rassurent. Ce joyau qui nous fait aimer davantage le pays de l’Art, de la musique, de l’amour, nos milliers de regards lui rendent hommage et son sourire, devenu universel, invite le monde à la fraternité.

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Date : 17 mars 2020

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