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La France au cœur des Patrimoines mondiaux de l’Humanité de l’UNESCO

Mont Saint Michel Patrimoines de l'Humanité UNESCO

La France et la sauvegarde de ses Patrimoines culturels et naturels

En 1978, douze sites sont classés par l‘UNESCO à travers le monde ; cette année marque bien évidemment une première prise de conscience internationale pour la sauvegarde des patrimoines culturels et naturels exceptionnels. Le tout premier site classé est un archipel, les iles Galapagos, proposé par l’Equateur de part le critère de beauté et de phénomène naturel dans les diversités biologique, marine et terrestre.
Cette même année, la France ne proposera pas de classification auprès de l’UNESCO, bien qu’André Malraux soit un des pionniers de la création de la commission de la sauvegarde du patrimoine mondial.
Pour lui, il existe un autre combat plus important au plan national, la création de la Direction du Patrimoine, un enjeu majeur pour la France dans cette prise de conscience internationale.

2019 marque le 40ème anniversaire de la classification du premier site français au Patrimoine mondial de l’Humanité de l’UNESCO

En 1979, la France propose cinq premiers biens culturels à l’UNESCO ; il s’agit du site préhistorique paléolithique de la vallée de la Vézève avec 25 grottes ornées dont celle de Lascaux, de la Basilique de Vézelay, de la Cathédrale de Chartres, du Mont-Saint-Michel et sa baie et du Château de Versailles et ses jardins à la française.
Parmi les sites culturels proposés par la France depuis 1979, on peut citer des lieux hautement symboliques comme le centre historique d’Avignon et le Palais des papes, mais également des sites culturels exceptionnels comme Paris et les rives de la Seine, des hauts lieux historiques comme le Château de Versailles, des voies de communication comme le canal du Midi, des réseaux architecturaux comme les châteaux de la Loire ou des sites marquant l’évolution de l’histoire industrielle comme le bassin minier du Nord-Pas-de- Calais.
A noter également que certains sites peuvent être proposés par plusieurs pays, en particulier les sites transfrontaliers comme « les Pyrénées et le Mont Perdu », site mixte (culturel et naturel) présenté à l’UNESCO par la France et l’Espagne.

L’agrément UNESCO, un enjeu touristique et économique majeur

Aujourd’hui, devant le succès rencontré par de nombreux sites, beaucoup de pays proposent à l’UNESCO des classifications pour les opportunités économiques induites par le développement touristique. En effet, de récentes études prouvent qu’il y a jusqu’à 30% de touristes en plus sur les sites classés.
Aussi, devant le nombre croissant des projets et l’affluence des demandes de classification, l’UNESCO a été obligé de mettre en place des critères de plus en plus stricts. Aujourd’hui, Les biens classés doivent répondre à 10 critères mis en place et vérifiés par un comité d’experts. De même les sites postulants ne peuvent être proposés que par les Etats membres qui établissent d’abord une liste exhaustive avant de solliciter l’agrément auprès de la commission du Patrimoine de l’Humanité et du comité d’experts.
De même chaque pays membre ne peut proposer que deux projets par an, qu’ils soient culturels, naturels ou mixtes et ce que tous les deux ans.
Depuis 1996, la France soutient 37 projets en instance d’agrément, ce qui, si nous calculons bien, fait que cela reporte le dernier projet inscrit sur la liste indicative en 2018 à 38 ans soit 2054 en partant du principe qu’aucun projet ne soit rejeté ou reporté comme cela fut le cas récemment pour l’œuvre architecturale de Le Corbusier.
Il est cependant intéressant de signaler que les sites transfrontaliers peuvent avoir un agrément plus rapide puisqu’ils dépendent du nombre de sites proposés par le pays ayant la liste indicative la moins importante, ce qui est le cas par exemple pour « les Alpes de la Méditerranée », site proposé par la France, l’Italie et Monaco en 2017, en 34ème position sur la liste indicative de la France, en 39ème position de la liste indicative de l’Italie mais en première position de la liste indicative de Monaco et qui, de ce fait, ne dépend plus maintenant que de la rapidité de la commission des experts de l’UNESCO.

Il est indéniable que les nouveaux critères imposés par l’UNESCO pénalisent largement les pays au potentiel patrimonial riche, provocant des attentes importantes pour leur reconnaissance internationale, en miroir à des pays émergents ou au passé plus récent dans l’histoire de l’humanité. Ce qui rend majeur l’enjeu économique pour le développement touristique de nombreux pays, en particulier pour la France.

Nous vous donnons donc rendez-vous en mars pour découvrir le Patrimoine Immatériel de l’Humanité, créé 2003 par l’UNESCO, qui a pour mission d’agréer les traditions héritées de la transmission orale intergénérationnelle comme la musique, la danse ou le savoir des anciens tels « les savoir-faire liés au Parfum en Pays de Grasse » agréés fin novembre 2018 à l’UNESCO.

Pour terminer cet article, j’aime à me souvenir de ce proverbe très symbolique de mon enfance : « ce qui n’est pas fait avec le temps n’est pas reconnu par le temps ».

Liens utiles :
Les sites français agréés à l’UNESCO
Listes indicatives avec accès aux différents pays membres de l’UNESCO :
UNESCO, liste indicative des sites français
Exemple transfrontalier « les Alpes de la Méditerranée »

Liste du Patrimoine Mondial de l’Humanité Français agréé à l’UNESCO

Les sites sont classés suivant trois critères de sélection :
Les biens culturels exceptionnels de par leur construction et leur histoire,
Les biens naturels remarquables du point de vue scientifique ou esthétique,
Les biens mixtes qui allient culture et nature.
Depuis 1979 jusqu’à juin 2018, date de la dernière commission de l’UNESCO, la France a fait classer 44 sites dont 39 sont culturels, 4 naturels et 1 mixte ; à signaler que 4 sites sont transfrontaliers et 2 sont dans les DOM TOM :

1 – Sites préhistoriques et grottes ornées de la vallée de la Vézère
2 – Cathédrale de Chartres
3 – Mont-Saint-Michel et sa baie
4 – Palais et parc de Versailles
5 – Basilique et colline de Vézelay
6 – Abbaye cistercienne de Fontenay
7 – Arles, monuments romains et romans
8 – Cathédrale d’Amiens
9 – Palais et parc de Fontainebleau
10 – Théâtre antique et ses abords et Arc de Triomphe d’Orange
11 – La grande saline de Salins-les-Bains à la saline royale d’Arc-et-Senans
12 – Abbatiale de Saint-Savin sur Gartempe
13 – Golfe de Porto : calanche de Piana, golfe de Girolata, réserve de Scandola, Corse
14 – Places Stanislas, de la Carrière et d’Alliance à Nancy
15 – Pont du Gard
16 – Strasbourg, Grande-Île et Neustadt
17 – Reims, Cathédrale Notre-Dame, ancienne abbaye Saint-Rémi et palais du Tau
18 – Paris, rives de la Seine
19 – Cathédrale de Bourges
20 – Centre historique d’Avignon : Palais des papes, ensemble épiscopal et Pont d’Avignon
21 – Canal du Midi
22 – Pyrénées – Mont Perdu
23 – Ville fortifiée historique de Carcassonne
24 – Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France
25 – Site historique de Lyon
26 – Beffrois de Belgique et de France
27 – Juridiction de Saint-Émilion
28 – Val de Loire entre Sully-sur-Loire et Chalonnes
29 – Provins, ville de foire médiévale
30 – Le Havre, la ville reconstruite par Auguste Perret
31 – Bordeaux, Port de la Lune
32 – Fortifications Vauban
33 – Lagons de Nouvelle-Calédonie : diversité récifale et écosystèmes associés
34 – Cité épiscopale d’Albi
35 – Pitons, cirques et remparts de l’île de la Réunion
36 – Les Causses et les Cévennes, paysage culturel de l’agro-pastoralisme méditerranéen
37 – Sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes
38 – Bassin minier du Nord-Pas de Calais
39 – Grotte ornée du Pont-d’Arc, dite Grotte Chauvet-Pont-d’Arc, Ardèche
40 – Coteaux, Maisons et Caves de Champagne
41 – Les Climats du vignoble de Bourgogne
42 – L’Œuvre architecturale de Le Corbusier
Les deux derniers sites classés en 2018 sont :
43 – Taputapuātea (Polynésie française)
44 – Haut lieu tectonique Chaîne des Puys – faille de Limagne

Liste indicative des sites agréés par la France

La liste indicative est un inventaire des biens que chaque pays a déjà sélectionné dans l’intention de les proposer pour l’inscription à l’UNESCO, et qu’il considère comme étant un patrimoine culturel et/ou naturel de valeur universelle exceptionnelle.
Depuis 1996, la France a enregistré 36 biens sur la liste indicative dont 21 sont culturels, 7 naturels et 8 mixtes. Ces biens patrimoniaux sont dans l’attente d’une reconnaissance internationale par l’UNESCO :

1 – Sites mégalithiques de Carnac
2 – Cathédrale de Saint-Denis
3 – Rouen : ensemble urbain à pans de bois, cathédrale, église St-Ouen, église St Maclou
4 – Château de Vaux-le-Vicomte
5 – Les villes bastionnées des Pays-Bas du nord-ouest de l’Europe
6 – Le massif forestier de Fontainebleau
7 – Montagne Sainte-Victoire et sites cézaniens
8 – Ensemble de grottes à concrétions du Sud de la France
9 – Parc national de la Vanoise
10 – Massif du Mont Blanc
11 – La Camargue
12 – Bouches de Bonifacio
13 – Parc national des Écrins
14 – Parc national de Port-Cros
15 – Marais salants de Guérande
16 – Le rivage méditerranéen des Pyrénées
17 – Rade de Marseille
18 – Les villes antiques de la Narbonnaise et leur territoire : Nîmes, Arles, Glanum, aqueducs, via Domitia
19 – Le chemin de fer de Cerdagne
20 – Office National d’Etudes et de Recherches Aérospatiales, Meudon
21 – Hangar Y, premier hangar à dirigeables construit dans le monde
22 – Ancienne chocolaterie Menier à Noisiel
23 – Phare de Cordouan
24 – Centre ancien de Sarlat
25 – Arsenal de Rochefort et fortifications de l’estuaire de la Charente
26 – Les Iles Marquises
27 – Nîmes, l’Antiquité au présent
28 – Aires volcaniques et forestières de la Martinique
29 – Metz Royale et Impériale, enjeux de pouvoir, confrontations stylistiques et identité urbaine
30 – Les Plages du Débarquement, Normandie, 1944
31 – Sites funéraires et mémoriels de la Première Guerre mondiale (Front Ouest)
32 – Les grandes villes d’eaux d’Europe
33 – La Réserve naturelle nationale des Terres Australes Françaises
34 – Les Alpes de la Méditerranée
35 – Nice, la ville neuve née du tourisme, ou l’invention de la Riviera
36 – Cité de Carcassonne et ses châteaux sentinelles de montagne
37 – Le Charolais-Brionnais, paysage culturel de l’élevage bovin

Les 10 critères de sélection du Patrimoine de l’Humanité à l’UNESCO

Pour figurer sur la Liste du patrimoine mondial, les sites doivent avoir une valeur universelle exceptionnelle et satisfaire à au moins un de ces dix critères de sélection :

1 – Représenter un chef-d’œuvre du génie créateur humain
2 – Témoigner d’un échange d’influences considérables pendant une période donnée ou dans une aire culturelle déterminée sur le développement de l’architecture ou de la technologie, des arts monumentaux, de la planification des villes ou de la création de paysages
3 – Apporter un témoignage unique ou du moins exceptionnel sur une tradition culturelle ou une civilisation vivante ou disparue
4 – Offrir un exemple éminent d’un type de construction ou d’ensemble architectural ou technologique ou de paysage illustrant une ou des périodes significative(s) de l’histoire humaine
5 – Etre un exemple éminent d’établissement humain traditionnel de l’utilisation du territoire ou de la mer qui soit représentatif d’une culture (ou de cultures), ou de l’interaction humaine avec l’environnement, spécialement quand celui-ci est devenu vulnérable sous l’impact d’une mutation irréversible
6 – Etre directement ou matériellement associé à des événements ou des traditions vivantes, des idées, des croyances ou des œuvres artistiques et littéraires ayant une signification universelle exceptionnelle (Le Comité considère que ce critère doit préférablement être utilisé en conjonction avec d’autres critères)
7 – Représenter des phénomènes naturels ou des aires d’une beauté naturelle et d’une importance esthétique exceptionnelles
8 – Etre des exemples éminemment représentatifs des grands stades de l’histoire de la terre, y compris le témoignage de la vie, de processus géologiques en cours dans le développement des formes terrestres ou d’éléments géomorphiques ou physiographiques ayant une grande signification
9 – Etre des exemples éminemment représentatifs de processus écologiques et biologiques en cours dans l’évolution et le développement des écosystèmes et communautés de plantes et d’animaux terrestres, aquatiques, côtiers et marins
10 – Contenir les habitats naturels les plus représentatifs et les plus importants pour la conservation in situ de la diversité biologique, y compris ceux où survivent des espèces menacées ayant une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de la science ou de la conservation.

Date : 12 février 2019

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