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La chandeleur : son histoire, ses traditions et pourquoi les crêpes…

La Chandeleur Histoire et traditions

La chandeleur, une tradition en Provence

En Provence, le 2 février clôture les fêtes calendales, c’est-à-dire les fêtes de Noël, qui débutent le 4 décembre, jour de la Sainte-Barbe, où il est de tradition de mettre des lentilles ou du blé à germer. Noël est, pour les chrétiens, la fête de la naissance de Jésus. Quarante jours après, le 2 février, c’est la purification de Marie et la présentation de Jésus au Temple. La chandeleur tire son nom des chandelles qui sont allumées pour cette fête car c’est la lumière qui est mise à l’honneur.

A Marseille, la fête de la chandeleur est incontournable

Il est coutume de se régaler de navettes, en forme de barques, qui rappellent le frêle esquif sur lequel sont arrivées les Marie, à l’origine de la christianisation de la Provence. Ce biscuit est né de l’imagination du boulanger ayant fondé le four des navettes au XVIIIe siècle, une institution à Marseille !

Le jour de la chandeleur, les cierges verts sont bénis très tôt le matin sur le parvis de l’abbaye Saint-Victor. Autrefois, cette chandelle était pieusement conservée toute l’année pour être allumée les soirs d’orage ou pour soutenir un malade.

Le 2 février à Marseille c’est aussi la fête des notaires qui se déroule depuis le vœu de 1423.
D’après la tradition, c’est dans leur chapelle de la Purification de Notre-Dame, dans l’église des Accoules, qu’ils ont caché leurs minutes durant le siège de la ville par le roi d’Aragon. Cette église ayant été détruite à la Révolution, la messe a lieu dans l’église des Prêcheurs depuis le XIXe siècle.

Dans les Hautes-Alpes, à Serres, on « nego » la « lume » (on noie la lumière).

Pour cela il fallait préparer une planche sur laquelle étaient fixées des coquilles de noix contenant de l’huile et une mèche, dont on se servait habituellement pour s’éclairer pendant les veillées. Le soir de la chandeleur, ces planches illuminées descendaient le Buech pour demander la protection des lavandières et des navigateurs.

À Avignon et dans le Comtat Venaissin, on fait la crèche blanche dans les églises.

Pour cela il faut retirer les personnages de la crèche sauf la Sainte Famille, couvrit le décor provençal d’un tissu blanc qui rappelle la Purification de Marie et mettre en scène la présentation de Jésus au Temple en ajoutant les personnages de Siméon, du grand prêtre et d’Anne, en rhabillant d’autres santons.
On retrouvait cette tradition aussi hors du Comtat Venaissin car Marcel Provence, en 1938, dit que Châteaurenard en a conservé l’usage ; le chanoine Mille l’évoque à Aix en 1883; à Tourves les archives mentionnent à la fin du XIXe siècle qu’elle est d’usage très ancien, qui a disparu dans les villages autour ; à La Tour d’Aigues, la Paroisse conserve encore aujourd’hui un santon du grand prêtre.

Cette coutume, qui était tombée dans l’oubli juste après la Seconde guerre mondiale, est revenue dans les églises vauclusiennes depuis 2001 à l’initiative de Saint Saturnin les Avignon. Depuis, d’autres ont suivies comme Pernes-les-fontaines, Sarrians, Aubignan et Avignon.

Mais que viennent faire les crêpes de la chandeleur dans tout cela ?

Les fêtes païennes du début du mois de février ont été christianisées au Ve siècle, en 494, par le pape Gélase 1er.
La légende raconte qu’il aurait fait servir aux pèlerins affamés qui arrivaient à Rome des galettes de forme ronde et de couleur dorée. Pour la fête de l’épiphanie, le 6 janvier, la galette des rois à base de pâte feuilletée ou la brioche des rois aux fruits confits sont aussi rondes et dorées.

Toutes ces gourmandises rappellent le soleil, qui progressivement prend le pas sur les ténèbres depuis le solstice d’hiver.
Au IVe siècle, la fête de la naissance de Jésus a été fixée au 25 décembre, au moment de ce solstice. Il s’agit donc d’une date symbolique, en référence à la lumière, et non d’une date historique.

Quand vous ferez sauter vos crêpes, pensez à tenir un Louis d’or dans votre main pour attirer la fortune et à en laisser une au-dessus d’un meuble pour que la misère n’entre pas chez vous.

En tout cas, c’est ce qu’on dit … et c’est ce que je vous souhaite !

 

© Photos à la Une : Florence Bombanel / La crèche blanche dans l’église de Sarrians

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Date : 17 janvier 2020

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