Lettre à un soldat d’Allah : Karim Akouche, Alain Timàr, Raouf Raïs

9 janvier 2019


Rencontre à trois, à quelques heures des représentations théâtrales de chroniques d’un monde désorienté : “Lettre à un soldat d’Allah”  écrite par Karim Akouche, mise en scène d’Alain Timàr, interprétée par Raouf Raïs.

Karim Akouche, auteur, poète dramaturge, écrivain kabyle vit au Québec depuis 2008. Il a rencontré Alain Timàr grâce aux réseaux sociaux, ce dernier interpelé et “emballé” par l’écriture de son dernier essai “Lettre à un soldat d’Allah” Une rencontre humaine, artistique, intellectuelle qui a initié une adaptation théâtrale franchement appréciée au festival off d’Avignon 2018.
L’histoire est racontée sous forme de chroniques d’un monde désorienté, sur le monde contemporain, la société de consommation, l’islamisme, le capitalisme dans lequel la Société est noyée . Une parole urgente à partager pour le directeur du Théâtre des Halles, “une urgence à faire vivre ce texte “.

La dénonciation d’ “un monstre à plusieurs têtes”, pour Karim Akouche

L’islamisme en Algérie qui a assassiné ses amis, ses idoles, des poètes , des artistes, un cousin, des médecins, des personnes …,le consumérisme, le puritanisme, l’extrême droite représentent ce monstre que l’auteur souhaite dénoncer . Une liberté de parole qui résonne à travers son expérience personnelle et ses rencontres avec des femmes et des hommes libres .
Poète et porteur d’un message d’espoir tel qu’une luciole porteuse de lumière sur le monde : souvenir d’enfance d’une luciole qui avait éclairé son chemin en Kabylie .

Interprétation d’intériorité pour le comédien Raouf Raïs, qui transpose les émotions de l’auteur comme si c’était lui qui avait écrit le texte . L’incarnation d’un personnage d’une histoire à raconter, qui ne se veut pas dénonciatrice, mais porteuse d’espoir .

Lettre à un soldat d’Allah
de Karim Akouche
Mise en scène Alain Timàr
Avec Raouf Raïs

Jeudi 10 et vendredi 11 janvier à 20H30
Théâtre des Halles 

Extrait Lettre à un soldat d’Allah de Karim Akouche

” C’est fou comme tu as changé. Je ne reconnais ni tes yeux, ni ta barbe, ni tes idées. Un océan de cauchemars nous sépare. Pourtant nous étions si proches, nous buvions à la même tasse, nous regardions dans la même direction, nous empruntions les mêmes chemins ; tels des jumeaux, nous faisions les mêmes rêves et, parfois, les mêmes bêtises. Tu étais mon confident, tu me racontais tout, je savais apaiser tes douleurs et, lorsque j’étais triste, tu guérissais mon coeur. Fini, les histoires grivoises que tu me racontais autour d’un verre de vin, dans la minuscule chambre universitaire où le délire se mêlait à la fumée des cigarettes. Fini, ce passé où nous défendions des idéaux de justice et de liberté, où nous luttions contre l’obscurantisme et pratiquions la raison critique, le ” plaisir du texte ” et la philosophie de l’absurde.
Nous étions des étudiants indomptables, allergiques à la censure et empreints de folie, épris de Rimbaud et de Neruda, nous écrivions des poèmes, nous caricaturions les galonnés et les barbus, nous poussions à l’extrême l’art et la liberté…”