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L’Etna : un volcan de feu, de cendres et d’amour

Février 2021 : le célèbre volcan Etna (Sicile), le plus haut d’Europe et l’un des plus actifs de la planète, est une fois de plus entré en éruption. Catane a pu observer à nouveau ce spectacle saisissant fait de puissantes explosions de lave et de cendres. L’occasion pour la ville portuaire de se souvenir de l’histoire de ce volcan et des éruptions passées, qui n’empêchent pas les Siciliens de conserver une admiration sans faille pour ce monument de l’île.

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Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, le volcan Etna se trouve sur la côte orientale de la Sicile.  Entré en éruption fin février 2021, l’Etna est le volcan le plus grand d’Europe et l’un des plus actifs du globe.

« L’Etna neigeux, colonne du ciel…. » Pindare (518 av. J.-C./438 av J.-C.)

« Il Gigante Buono » : l’Etna, le bon géant

La hauteur maximale du cône volcanique du volcan Etna dépasse aujourd’hui les 3300 mètres d’altitude sur environ 45 kilomètres de diamètre de base. De telles dimensions en font le volcan le plus imposant d’Europe et de la région Méditerranéenne. L’Etna est le volcan le plus étudié et le plus sous contrôle au monde. Il revêt une importance scientifique culturelle globale pour la vulcanologie, la géophysique et les autres disciplines de sciences de la terre.

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L’Etna enneigé derrière la ville de Catane.

L’Etna est également appelé Ætna, Etnea, Monte di Catania, Mongibello ou encore Mons Gibel Utlamat, en sicilien a muntagna ou Mungibeddu . Etna dérive du mot grec classique Aito (qui brûle). C’est aussi dans la mythologie grecque le nom d’Ætna, géant, fils d’Ouranos. A l’époque romaine, il était connu sous le nom Ætna. Les écrits arabes se réfèrent à l’Etna comme la montagne Ǧabal al-burkān (montagne du volcan) ou Ǧabal Aṭma Ṣiqilliya (« plus haute montagne de Sicile ») ou Ǧabal al-Nār (« montagne de feu »). Mongibello ou Mungibeddu en sicilien provient du latin « Mont » et de l’arabe « Gebel » (mont). Selon d’autres sources, le nom Mongibello dériverait de Mulciber (du latin qui ignem mulcet – qui calme le feu) l’une des épithètes avec lesquelles le dieu Vulcain était appelé par les Latins. L’appellation « A muntagna » (la montagne) est utilisée par les populations locales simplement dans son sens de montagne par excellence ainsi que le surnom « Il gigante buono » (le bon géant).

« J’aime surtout la Sicile, mais seulement du haut de l’Etna, dans la lumière, tant que je domine l’île et la mer. » La chute, Albert Camus

L’Etna, un volcan toujours actif

Le début du processus de formation de l’Etna remonte au Quaternaire, il y a 600 000 ans, où l’on pense qu’il y avait un grand bassin, le pré-golfe de l’Etna. Ici, au point de contact entre la plaque euro-asiatique au nord et la plaque africaine au sud, eurent lieu les premières éruptions sous-marines de lave basaltique, très fluides, avec la naissance des premiers édifices volcaniques. Des preuves de ces premières éruptions peuvent être trouvées dans les colonnes basaltiques d’Acitrezza et de Motta Sant’Anastasia, ainsi que dans les fameux « faraglioni » (basalte colonnaire) d’Acicastello.

Placé au patrimoine mondial de l’Humanité à l’UNESCO, c’est un lieu magique, légendaire, qui a modelé son contour avec son feu et sa lave, modifiant continuellement le paysage et créant la préoccupation des communautés alentour, mais également la richesse des terres qui s’étendent à ses pieds. L’Etna domine incontestablement la large vallée et le golfe de Catane. Il est également visible depuis Reggio Calabria et la chaine de montagnes des Madonies au nord de la Sicile.

« Le superbe sommet de l’Etna qui s’élève vers le ciel, et ses vallées qui sont déjà toutes noires, et ses neiges qui brillent avec les derniers rayons du soleil, et ses bois qui tremblent, qui murmurent, qui s’agitent. » Storia di una capinera, Giovanni Verga

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Cendres du volcan dans la ville de Catane, 1979 – Notre journaliste Danielle Dufour-Verna

Quand Vulcain rugit sous l’Etna

La nouvelle éruption de l’Etna fin février 2021 génère à nouveau de l’anxiété parmi les populations vivant autour du volcan actif le plus haut d’Europe

Depuis février 2021, l’Etna connait un paroxysme éruptif. Ce volcan à l’allure débonnaire, dont les habitants suivent avec bonhommie les fréquentes éruptions et vont jusqu’à s’approcher des coulées de lave visqueuse qui progressent en vagues sinueuses le long de ses flancs, ce volcan donc, se laisse aller depuis deux mois à d’incessantes sautes d’humeur. A croire que Vulcain, qui réside sous l’Etna pour forger les traits de foudre de Jupiter, son père, soit entré dans une rage peu commune : fontaines de lave, nuages de cendres géants et rejets de lapilli – fragments de lave – jusqu’à Catane, sont le théâtre de « nombreux désagréments » : c’est ainsi que le quotidien La Sicilia décrit « l’incroyable rugissement » de l’Etna. Villes et villages recouverts de cendre noire, aéroport de Catane fermé… On se souvient que « Il gigante buono » a eu, par le passé, des colères mémorables.

L’Etna : deux éruptions cataclysmiques à 500 ans d’écart

« … Toute la Trinacrie est secouée de rugissements et le ciel se couvre de nuages ​​brûlants » Aetna, Virgile

Éruption du volcan : 4 février 1169

L’histoire, depuis l’Antiquité, est pleine d’épisodes désastreux qui ont affecté les zones sur les pentes de l’Etna. En particulier, l’événement le plus catastrophique des 500 dernières années, en 1669, lorsque la lave a atteint la mer, lors d’une éruption spectaculaire et terrifiante de style hawaïen. Tout au long de son histoire, Catane a été en proie à divers cataclysmes. Rien ne manque : tremblements de terre, éruptions, tsunamis. Le premier événement historiquement constaté est daté du 4 février 1169, la veille du jour de sainte Agathe, la bien-aimée patronne de la ville. Vers 21 heures, un fort choc sismique se produit, d’une magnitude estimée à environ 6,6, avec un épicentre de localisation difficile (pour certains auteurs près de Lentini, pour d’autres en mer). Catane est dévastée. La cathédrale, pleine de fidèles réunis pour la fête de Sant’Agata, s’effondre : au moins une centaine de personnes meurent, dont Monseigneur Aiello.

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La ville de Catane sous la lave. (Sicile)

Un tsunami s’ensuit qui frappe violemment non seulement la ville de l’Etna mais toute la côte ionienne, de Messine (où les églises et les abbayes s’effondrent) à l’embouchure du fleuve Simeto. Les tremblements, qui durent plusieurs jours, causent d’importants dégâts et font au moins 10 000 victimes estimées. La séquence sismique provoque l’effondrement de la partie orientale de l’Etna, entraînant un jaillissement de puissantes coulées de lave qui, se dirigeant vers le sud-est, atteignent la mer à Aci Castello.

« La bête est calme et dort au fond, tout au fond. Seule une fumée épaisse s’échappe de la prodigieuse cheminée haute de 3312 mètres. » Guy de Maupassant

Éruption du volcan : mars 1669

Exactement cinq cents ans plus tard, en 1669, l’une des éruptions les plus spectaculaires de l’histoire de l’Etna. Le volcan est dans une phase de repos depuis une quinzaine d’années : la dernière éruption majeure remonte à 1651 lorsque la lave détruisit Bronte. En 1669, tout a commencé au début du mois de mars. Entre le jour 8 et le jour 11, une série de tremblements de terre, manifestement précurseurs, a frappé le côté sud-est de l’Etna, provoquant des effondrements et des dégâts importants. La population, déjà terrifiée, est choquée par le début de l’éruption qui se développe à travers une série de fractures ouvertes sur le haut versant sud, respectivement à 2800 et 1200 mètres d’altitude. La lave se déverse rapidement dans la campagne, détruisant Nicolosi et atteignant le Monpileri, le cône au sud de la ville, héritage, selon les scientifiques, de l’éruption qui eut lieu en 693 av. J.-C.

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L’Etna, le volcan en éruption de 1669.

Le paysage prend des contours lunaires et infernaux : le 25 mars, le cratère central s’effondre et s’écroule, lançant des produits pyroclastiques et générant de nouvelles destructions. Profitant de la morphologie abrupte, la lave gagne de la vitesse en puissance, détruisant tout sur son passage sans que la population ou même les autorités puissent contrer l’avancée.

Des barricades pour stopper la lave

En revanche, il n’y a pas le moindre moyen pour sauvegarder le territoire : certains courageux, armés de courage et d’ingéniosité, tentent de construire des barricades avec les ruines des maisons, mais la tentative s’avère infructueuse. Des villages protestent contre cette tentative, en particulier Paterno’ qui, épargnés par la lave, craignent d’être envahis par la coulée volcanique.

Ainsi, le 29 mars , le flux principal atteint Misterbianco, alors situé plus au nord-ouest de l’actuel, le submergeant. Les habitants de Catane commencent à s’inquiéter et se souviennent du triste événement de 500 ans plus tôt. Sainte Agate est invoquée mais cette fois, rien ni personne ne peut arrêter le flux. Le 1er avril, la lave envahit les premiers quartiers hors les murs (dont Cibali), enterre l’ancien lac d’Anicito (ou Nicito) et atteint les murs. On espère que les murailles arrêteront la terrible avancée mais ce n’est pas le cas : les remparts de San Giorgio et Santa Croce sont dominés et la coulée, maintenant haute de plusieurs mètres, pénètre dans la ville, générant panique et destruction. Profitant de la morphologie, elle se dirige vers le sud-ouest, écrasant les barricades éphémères construites à la hâte par les habitants de Catane, en particulier dans l’actuelle Piazza Santa Maria di Gesù. De nombreux bâtiments sont détruits, dont le couvent bénédictin. Pendant vingt jours, Catane est envahie par un fleuve de feu que nul ne peut arrêter. Plusieurs dizaines de milliers d’habitants se retrouvent soudain sans abri, dans un paysage fantomatique régi par la fureur de la nature : peu à peu la ville se dépeuple mais beaucoup encore assistent au dernier spectacle.

lave a corde eruption volcan

Lave pāhoehoe (terme hawaïen signifiant « rivière de satin ») ou lave cordée

Des coulées de lave jusqu’à la mer

Le 23 mars, la lave atteint et passe le château d’Ursino, mettant finalement fin à sa course en mer, dans la zone du port actuel. Dans un voyage qui rappelle les éruptions hawaïennes, entre bouffées et fumées, la coulée de lave pénètre dans la mer pendant environ 1km, puis s’arrête définitivement. Il en résulte, de fait, l’expansion du littoral.

La phase paroxystique de l’éruption, la plus importante du dernier millénaire, se termine essentiellement ici mais jusqu’au 15 juillet, le volcan continue d’émettre de la lave et des produits pyroclastiques, bien qu’avec une intensité beaucoup plus faible. Les données de l’événement parlent d’elles-mêmes: 122 jours de durée, 16 km de coulée de lave, une quarantaine de kilomètres carrés de territoire enfoui, 900 millions de mètres cubes de matériaux en éruption, 16 villages détruits dont Catane qui pour la première et seule fois dans le l’histoire est atteinte et endommagée par la lave. Un événement qui a longtemps marqué la ville de l’Etna et ses environs, qui pourront pourtant se relever et se redresser. D’un autre côté, comme déjà mentionné, ce n’est ni la première ni la dernière fois que Catane doit faire face au pouvoir de la nature.

La lave de l’Etna, une lave aux pouvoirs magiques

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Éruption de l’Etna en mars 2021.

Sa masse se dresse, colossale, fière, défiant l’ombre et les distances. L’Etna veille majestueusement, du haut de ses 3330 mètres, sur sa terre, la Sicile. Si le volcan crache, éructe, épouvante, recouvre villes et villages de cendres noires, jette des lapilli, recouvre routes et bâtiments de sa lave incandescente, redessine les routes et modifie les plans, si son rugissement secoue le sol, faisant vibrer l’air et danser les feuilles des arbres, les Siciliens, malgré tous les tourments qu’il peut leur infliger, aiment leur « Mongibello » d’un amour inconditionnel. Comment pourrait-il en être autrement ? C’est grâce à lui que les oranges à chair rouge, juteuses, délicieuses et les citrons charnus poussent à foison, à perte de vue, au pied du volcan, sur cette terre bénie. Les églises, les monuments gris et noirs de ce magnifique et baroque Val di Noto (Vallée de Noto), érigent leurs murs de lave, baignés de soleil, somptueuses formes sombres sous le bleu pur, tranchant d’un ciel sans nuage. Depuis les carrières de pierre de lave, les artistes sculptent, créent en céramique, façonnent ce basalte dur aux minéraux précieux et aux propriétés énergétiques insoupçonnées. Du robinet des habitants des villes situées sur ses flancs, coulent une eau légèrement pétillante.

Les Siciliens toujours debout

Que leurs œuvres, leurs bâtiments, leurs villes soient mille fois détruites, les Siciliens reconstruisent mille fois car la terre volcanique est riche de sédiments et nourrit celui qui l’habite. De tout temps, l’homme a défié les éléments pour subsister. C’est particulièrement vrai pour les Siciliens qui ont vu sur leur sol, non seulement les éléments se déchainer, mais ont dû subir le joug de bien des peuples même si certains ont contribué à la richesse de l’île en laissant un patrimoine considérable, même si certains, notamment pendant la période arabe, ont usé de modération et privilégié la culture. Riches de leur passé, fécondés par une terre fertile, tenaces, avec une incroyable capacité à reconstruire, les Siciliens se dressent depuis toujours contre l’adversité, d’où qu’elle provienne. Accueillants, joviaux à l’humour teintée d’ironie, férus d’histoire et de légendes, amoureux des arts et de leur terre, les habitants de la Trinacrie, nom qui signifie « trois pointes » donné à la Sicile par les Grecs anciens, se redressent toujours. Souvent pliés sous les coups du sort, mais toujours debout, les femmes et les hommes de cette île vivent en amis près de leur volcan. Il ne peut en être autrement.

« Des âmes ardentes comme le feu de l’Etna. » Napoléon, Max Gallo

Des mythes, des Dieux, des miracles et des Hommes

La respiration du géant Encélade

Si le nom Encélade a été donné à une lune de la planète Saturne géologiquement active et qui abriterait sous sa couche de glace un océan d’eau liquide, c’est surtout le nom, dans la mythologie grecque, de l’un des Géants, fils de Gaïa (la Terre), fertilisée par le sang de la castration d’Ouranos (le Ciel).

Selon un mythe, l’activité de cendres et d’éruptions laviques du volcan serait la respiration brûlante du géant Encélade. Lors de la Gigantomachie, Encelade fut mis hors de combat par la lance de la déesse Athéna. Il fut enterré sur l’île de Sicile, sous le mont Etna. Les éruptions volcaniques de l’Etna passaient pour être la respiration du Géant, de même que les secousses telluriques, provoquées par les mouvements du Géant se retournant sous la montagne (un mythe similaire existe à propos de Typhon et Vulcain).

bassin de lencelade versailles 1675 etna

Bassin de l’Encelade, fontaine des jardins de Versailles, 1675

La sandale d’Empédocle

La première ascension répertoriée du volcan a été faite par le philosophe grec Empédocle entre 490 et 430 av. J.-C. ; l’histoire dit que l’on retrouva ses sandales au bord du cratère. Le philosophe, pour prouver son immortalité, aurait escaladé le mont Etna portant des sandales de bronze, et se serait volontairement laissé tomber dans le cratère de l’Etna qui aurait rejeté l’une des sandales. À cette époque, on jetait des objets en or et en argent en guise d’offrandes au dieu Vulcain. Le géographe grec Strabon (mort vers 23) est l’un des premiers à décrire sérieusement l’aspect de l’Etna. Dans son ouvrage intitulé Géographie, il montre l’étagement de la végétation et les activités sur les pentes du volcan. Il indique que le sommet change fréquemment de forme et décrit la partie supérieure comme ayant une forme circulaire de vingt stades de circonférence (soit environ 3,6 kilomètres).

Le voile de Sainte Agathe

Sainte Agathe, patronne de la ville de Catane située au pied de l’Etna, fut martyrisée par les Romains en 251. Sa mort fut accompagnée d’un tremblement de terre qui ébranla toute la ville. Un an après ces événements, l’Etna entra en éruption, déversant un flot de lave en direction de Catane. Les habitants s’emparèrent du voile qui recouvrait la sépulture de Sainte Agathe et le placèrent devant la lave qui s’arrêta aussitôt, épargnant ainsi la ville. Depuis, Sainte Agathe est invoquée pour se protéger des tremblements de terre, des éruptions volcaniques ou des incendies provoqués par l’Etna.

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La lave se divise pour les Frères Pii

Anapia et Anfinomo étaient deux jeunes agriculteurs. La légende raconte que pendant qu’ils travaillaient la terre près de l’Etna en compagnie de leurs parents âgés, ils furent surpris par une éruption effrayante. La seule solution étant de fuir, mais, comme les parents ne pouvaient pas courir, ils les chargèrent sur leurs épaules, ralentissant (hélas) leur course désespérée. La lave les atteignit, mais le miracle se produisit : soudain, la rivière de lave se sépara en deux, sauvant les frères et leurs parents. Les habitants de Catane, ayant appris le miracle, ont surnommé les deux garçons « Fratelli Pii » et le lieu où s’est produit le phénomène « Campi Pii ».

Un lien fort et indestructible entre l’Etna et les Siciliens

Il y a un lien curieux, parfois inexplicable, qui unit les habitants à leur Etna, un lien étrange, certainement fait de peur et de respect révérencieux, mais aussi d’affection, de confiance et d’attachement. Bien que difficile à expliquer, ce nœud indissoluble entre la « Montagne » et ses citoyens se dénoue à travers l’histoire, entre contes populaires, mythes et légendes plus ou moins véridiques, dans lesquelles le volcan prend presque la figure d’une mère vivifiante même si destructrice. Ses éruptions, parfois désastreuses et parfois d’une beauté spectaculaire, ont transformé un simple volcan en un lieu mystique plein de croyances populaires, de mythes grecs et de légendes.

Aujourd’hui encore, après des millénaires d’histoire et de légendes, la fureur destructrice de l’Etna ne semble pas vouloir se calmer. Le volcan italien actif, à intervalles assez rapprochés, entre en éruption, d’abord avec une phase de dégazage et d’émission de cendres volcaniques, qui est suivie d’une émission de magma. Heureusement, les éruptions de l’Etna restent pour la plupart des spectacles violents, mais ne sont pas particulièrement dangereuses pour les personnes.

« Etna, ma mère, j’ai aussi une belle grotte parmi les rochers creux… » Idylles, Théocrite

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Camomille poussant sur de la lave

Il s’appelle Alfredo Verna et habite au pied de l’Etna

Éruption de l’Etna février 2021

Témoignage d’un Sicilien

Il s’appelle Alfredo Verna, n’habite pas une grotte bien sûr, mais une jolie maison à Belpasso, tout près de la belle ville de Paterno’ où, sur un promontoire, ancien cratère primitif, le château normand, construit en 1072 par Roger de Hauteville, superbe, domine la vallée, magnifique belvédère sur le sommet de l’Etna. Nous lui avons téléphoné pour recueillir ses impressions après les récents sursauts du volcan qu’il connait bien :

« Je le vois de chez moi, nous dit-il, il rougeoie le ciel et son panache est comme un point d’attache que l’on cherche des yeux le jour comme la nuit. Ses coulées de lave nous rassurent car on dit qu’elles empêchent les tremblements de terre. Ce qui est certain, c’est qu’elles fertilisent le sol de notre belle île. Il suffit de voir la beauté de nos fruits, la magnificence de nos figues de barbarie à la chair sucrée et tant d’autres choses. Notre terre est une bénédiction grâce à elle, la montagne. Bien sûr, quand la cendre envahit nos balcons, comme c’est le cas en ce moment, c’est bien ennuyeux et cela peut être nocif mais l’Etna fait partie de notre vie, de nous, il nous appartient, il est le sang qui coule dans nos veines. C’est pour nous un monument à la beauté fascinante, une merveille, un spectacle de tous les jours. Nous le respectons, nous le craignons, mais surtout, nous l’aimons et nous en sommes fiers. »

etna ville de paterno

Ville de Paterno, province de Catane.

« Ce sol sur lequel la lave répand des croûtes impénétrables où ne pousse pas un brin d’herbe, est aussi l’un des plus fertiles que l’on connaisse. La stérilité et l’extermination vont de pair avec la vie et la fertilité. Quand quelqu’un écrira sur la psychologie de ses gens, il devra dire une chose : quand on est né et qu’on a vécu ici, on ne peut que rester froid devant les autres spectacles de la nature, mais aussi en présence d’œuvres humaines majeures. Ce qui est devant eux les a trop émerveillés : plus rien ne les impressionne. » Federico De Roberto (1861-1927)

Localisation : Sicile
Date : 25 mars 2021

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