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Pourquoi c’est comment qui gagne ? Par notre coach Jill Székely

Je m’arrête sur une aire d’autoroute. Besoin de chocolat, c’est mon petit rituel de voyage, je prends de l’essence pour la voiture et un petit chocolat pour moi, il n’y a pas de raison qu’elle soit alimentée et pas moi, non mais !

 

 

A une table j’assiste à une scène sans le vouloir. Une mère de famille qui pousse un cri : « Pourquoi tu as fait ça, idiot ? ». Je me retourne pour voir ce qui se passe. Un gamin qui marche déjà tout seul porte un plateau, ou plutôt portait un plateau sur lequel devait se trouver un gobelet en carton rempli d’une boisson. Je parle au passé car je vois bien que le liquide n’est plus dans le gobelet mais fait une très jolie flaque par terre.

« Pourquoi tu as fait ça, idiot ?» J’entends le petit répondre : « mais pour te faire ch… maman ». Bien évidemment, le petit en question ne dit rien, il est tout consterné de son idiotie et ne bouge plus, sa petite stature écrasée sous la taille géante de sa maman.

Cela me fait réfléchir à ce « pourquoi ». Qu’attend-il ? Au plus proche, un « parce que ». J’ai brûlé le feu rouge parce que je ne l’ai pas vu. J’ai raté le train parce que j’étais en retard. J’ai renversé mon gobelet de boisson parce que j’ai trébuché, parce que le plateau était trop lourd, parce que je ne l’ai pas vu, parce qu’il y avait une dame qui achetait du chocolat et moi j’ai bien envie de chocolat et que tu n’as pas voulu m’acheter du chocolat parce que tu as dit que le chocolat c’est mauvais pour la santé parce que ma santé est importante parce que je suis fragile parce que je suis petit…

Le parce que est un merveilleux collier. Il s’allonge à mesure, chaque réponse amenant une nouvelle, c’est une mise en abîme verbale, comme ces miroirs qui se reflètent à l’infini. Le parce que infini du pourquoi. Qui ne résoud rien. Mais alors rien de rien si ce n’est de justifier le pourquoi.

 

L’autre réponse possible est celle que j’aurais aimé entendre : « mais pour t’embêter maman ». Une bonne causalité, franche et vraie comme on aime.
Une claque pour la mère qui pourrait se poser la question de la raison qui fait que son gamin a très envie de l’embêter. D’ailleurs, il est des situations ou effectivement, dans le premier niveau de la réponse du parce que se cache la motivation première, le deuxième niveau, celui du bénéfice caché. J’adore t’embêter parce que quand je fais une bêtise, tu t’occupes de moi. T’embêter est un magnifique moyen d’attirer ton attention.

 

Je paye mon chocolat. Si je reprends la phrase incriminée, vous constaterez qu’elle s’exprime au passé. Le pourquoi ramène à avant, à la cause. Pourquoi tu as fait cela, est déjà dépassé, n’existe déjà plus, Ce qui est à ce moment précis est une flaque de liquide collant sur le sol. Et rien d’autre.

 

Le troisième élément de la phrase est cette injonction « idiot ».
Quelle belle preuve d’amour maternel. Le jugement ne porte pas sur l’action, ce qui aurait pu être : « pourquoi tu as fait cela, c’est idiot ? ».
Auquel cas l’enfant aurait compris que renverser son gobelet par terre est une action idiote, qui ne mérite pas d’être reproduite, sauf s’il veut attirer l’attention de sa maman (voir plus haut).
Non, en le traitant d’idiot, la mère valide un statut lié à la personne de l’enfant. Il est idiot. Point. C’est sa mère qui le dit et comme sa mère dit vrai, il est idiot. Donc il est normal pour un idiot de renverser son gobelet par terre. Donc il est normal pour un idiot de renverser son gobelet par terre encore une fois. Et encore une fois. Normal, il est idiot.

On le voit dans cette micro-analyse d’une phrase anodine d’une mère aimante, les conséquences sont ravageuses. Tout d’abord, le gamin ne sait pas quoi répondre aux différents « parce que ». Il ne sait pas. Ensuite, il n’osera pas avouer son bénéfice secondaire, d’ennuyer pour exister. Après, il est étiqueté d’un terme qui justifie son action, donc rien ne changera, voire, au contraire, il va vouloir valider l’injonction de sa maman chérie et lui prouver – souvent – qu’il est idiot. Puis, concrètement dans la vraie vie, le liquide est toujours par terre.
Et que se passe-t-il ? La mère, rageuse, est allée chercher une serpillère et une employée du restaurant arrive avec une serpillère. Un bénéfice secondaire du secondaire pour le petit, s’il est un tant soit peu machiavélique, est qu’être idiot provoque des réactions en chaîne dont il est le seul initiateur. Son pouvoir sur les autres est immense: sa mère qui crie, cette femme qui nettoie. Il n’aura donc pas appris à nettoyer la conséquence d’une bêtise, ni à éviter de la reproduire.

 

Alors ? Pourquoi tout ce blabla ?

Tout d’abord, il faut bien distinguer entre le pourquoi, lié au passé et à la causalité et le pour quoi, qui peut s’assimiler au pour qui.
« Pour quoi as-tu renversé ton gobelet ? » invite à la réponse : « pour… ». Pour voir ce que ça fait quand le liquide s’étale par terre. Pour te faire parler, pour te faire mousser. Ce pour-ci est orienté vers l’avenir. C’est une causalité qui provoque – ou non – une conséquence à venir.

 

Et après, entre pourquoi et pour quoi, à quoi sert le comment ?

Le pourquoi est mort, vive le comment. Comment tu as fait pour renverser ce gobelet ? Réponse : je ne sais pas.
Vient la suite, constructive, éducative, pédagogique, positive : « Comment vas-tu réparer ta bêtise ? » Et l’enfant de devoir aller demander à la dame au comptoir de bien vouloir venir nettoyer le liquide répandu par terre. Et il va apprendre soit à nettoyer, si elle le laisse faire, soit à simplement réparer, en osant formuler une demande claire, en s’excusant, en élaborant une communication saine avec un autre être humain. Un tel apprentissage acquis lui permettrait, à partir de ce jour précis, d’apprendre de ses erreurs, de se positionner face à une autre personne, de formuler une demande, de prendre sa responsabilité, de faire, d’agir. 

Je regarde cette mère, rouge de colère, et ce petit, qui scrute ses baskets. J’ai acheté un chocolat et en passant vers lui, il lève sa tête, ses yeux emplis de larmes. Je lui tends le chocolat, lui fais un sourire et lui dis : « tu sais, ce n’est pas grave, ça arrive même aux meilleures des mamans ».

 

Jill Székely
Votre Coach
WiB-Swiss Winners in Business

Date : 13 juillet 2016

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