Le Diable me manque : par notre coach Jill Székely

16 octobre 2016

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A l’époque où nos contrées cultivaient encore une certaine spiritualité, notre religion chrétienne avait eu la bonne idée d’inventer le diable. Le diable, cet être hideux et méchant, portait à lui tout seul le mal-heur du monde.

 

Il faut savoir que le mot diable vient du grec nous dit Wiki : du grec διάβολος / diábolos, issu du verbe διαβάλλω / diabállô, signifiant « celui qui divise » ou « qui désunit » ou encore « qui détruit ».

 

Celui qui divise…. Et si on oublie le « celui » étant d’accord que ce petit bonhomme tout rouge à queue fourchue et oreilles pointues n’existe pas, on peut simplement utiliser la formule : « ce qui divise ».

En revenant à notre époque dite civilisée, on réalise que sans diable, on doit bien trouver un coupable. Quand je vois les images des missiles qui sont pointés à détruire des milliers de choses construites par la nature ou les humains, et en passant à en éliminer un bon nombre, je me demande ce qu’est le diable. Si ce n’est ni l’un, ni l’autre, n’en déplaise à notre « grand frère Sam », le diable serait-il cette division qui sépare les deux camps ?

 

Le mal est en moi au même titre que le bien.

Tout dépend de ce que je développe, et tout dépend aussi de l’étiquette que je colle dessus. Dire quand je fais quelque chose de mal que c’est « le diable qui m’a troublée » permet tout d’abord de ne pas crouler sous ma culpabilité s’il en est. J’ai fait un truc pas terrible, et me dire que « je suis nulle ou un vrai monstre » ne va pas aider à me relever. En revanche, me dire que ce coquin de diable m’a perturbée et que dorénavant je ne le laisserai plus se saisir de moi est une option qui peut avoir ses bons côtés. Je suis responsable de mon amélioration, de mon développement, de mon changement.

 

Je me rends bien compte que je risque l’enfermement à me prononcer en faveur du diable, n’empêche qu’il était bien utile aussi en termes d’éducation, et éventuellement en terme de construction ou de développement de la conscience. « La peur du gendarme » qui a remplacé « la peur du diable » ne l’a pas vraiment remplacée. On n’a plus peur de rien et on peut tout. Surtout ne pas respecter : les lois, les limites, les gens. L’égo seul se permet de se pavaner et de laisser le diable l’entourer. Oui, le diable qui divise. Si mon être est séparé de celui des autres, nous sommes divisés. Si mon égo est tellement égotique que je suis seul au monde, je me sépare des autres. Nous sommes divisés.

 

L’individualisme est sans doute un des grands succès du diable, ou du mal dirions-nous.

Séparer les gens, diviser, créer des camps. Et la force ultime est de les désigner : les bons et les méchants. Qui d’autre que le mal, le diable, peut déclarer deux camps ? Son but est la division, et la division entre le bien et le mal est performative, elle se fait en s’énonçant.

Le bien, au contraire, unit. Le bien unit ce qui est différent.
Le bien crée une entité supérieure, aujourd’hui on dirait « méta » qui englobe les diversités des êtres. Et dans le bien qui unit, le diable a sa place, comme support à nos erreurs, égarements, faux-pas.

Le diable comme aide à l’éducation, soutien au développement de la conscience et vide à combler. Vide entre les hommes et les femmes. Vide qui marque l’isolement, la séparation, la division. Le diable comme prise de conscience de notre unité en tant qu’humanité. Sans missiles, sans divorces, sans familles déchirées…

 

Le diable me manque, comme révélateur du Bien.

 

Jill Szekely
WiB-Swiss Winners in Business