Ce que vous savez de moi que je ne sais pas, par notre coach Jill Székely

24 février 2017

Dans ce qui a trait au savoir, savoir que l’on partage avec les autres êtres humains, il se trouve qu’il y a “savoir” et “savoir”.

En premier lieu, il y a le savoir que je sais et que vous savez aussi. Par exemple, dans une rencontre avec vous, je sais que je m’appelle Jill, et vous le savez aussi. Vous savez un certain nombre de choses de moi que je sais aussi, cela semble d’une évidence évidente. Faites cependant le petit exercice suivant avec une personne qui vous est proche. Répertoriez ce que vous savez d’elle qu’elle sait aussi. Une fois passé le nom, prénom, âge éventuellement et le fait qu’elle a un chat qui s’appelle Satanas et qu’elle aime les crêpes ou le vin rouge du Plan de Dieu, vous allez vite réaliser que ce que vous savez est assez limité…

On en arrive à la deuxième case du savoir : ce que je sais de moi que vous ne savez pas.

 

Vous savez un certain nombre de choses, mais, et par chance, il y en a de nombreuses que vous ne savez pas. Par chance parce que sinon ce serait épuisant !
Imaginez que vous ayez une seule personne amie, vous auriez déjà deux vies complètes de souvenirs et de pensées à gérer. Si vous poussez la réflexion jusqu’à avoir cinq amis, vous auriez votre disque dur personnel surchargé de millions de données qui finiraient sans doute par provoquer un arrêt de la machine. D’autre part, cette partie que vous ne savez pas de moi me permet à moi de préserver mon jardin secret, cette zone qui n’appartient qu’à moi et qui me rend unique, pour un jour et pour toujours.
Et dernier avantage qui me semble non des moindres, le fait que vous ne sachiez pas ce que je sais de moi nous permet à tous deux d’entamer une relation basée sur la découverte qui va maintenir l’intérêt et la curiosité pendant des années et des années.
Si en un coup de baguette magique vous pouviez tout savoir de moi, quelle tristesse pour l’avenir, ce serait la place belle faite au déterminisme et à la fin de la liberté de changer. D’ailleurs, ce qui est vrai pour vous l’est pour moi. Ne pas savoir me permet de partir à la découverte de vous.

Donc on voit ici qu’il y a deux cas spécifiques : ce que je sais de moi que vous savez, ce qui pourrait se traduire par la zone “publique” de mon identité, et ce que je sais de moi que vous ne savez pas, ce qui pourrait s’exprimer par la zone “privée” de ma personne.

Il existe encore deux autres catégories.
Tout d’abord, il y a ce que vous savez de moi que je ne sais pas. Comment me direz-vous ? Oui, il y a des choses que je ne vois pas sur moi et que vous voyez.
Je vais vous donner un exemple. Je recevais des personnes pour un entretien d’embauche. Je suis spécialiste des questions de Genre (masculin-féminin construit) et j’étais là pour observer les candidats et candidates. Une jeune femme au CV impeccable s’est présentée en micro-short et décolleté plongeant, faisant de grands effets de cils et de cheveux. Ce que je savais d’elle qu’elle ne savait sans doute pas était que son comportement basé sur la séduction “primaire”, n’était pas adapté au poste qui était à repourvoir. Elle utilisait certainement une stratégie qui était ou avait été gagnante pour elle auparavant, etqui ne l’était pas là. Je savais quelque chose sur elle qu’elle ne savait pas.

Cette zone fait référence à la zone “aveugle”, un “coin” de soi qui n’est pas connu par moi, et qui peut me desservir parfois. La découverte de cette zone aveugle se fait grâce à l’intervention, si possible bienveillante et volontaire, d’un tiers. Nous sommes tous perclus de zones aveugles, ce qui est également un merveilleux terrain de découverte sur le chemin du savoir qui nous ramène à l’antique Connais-toi toi-même” de Delphes.

Et ce n’est pas tout. La quatrième zone qui se profile est celle de ce que je ne connais pas de moi et que vous ne connaissez pas non plus. A quoi bon s’acharner me direz-vous ?
Effectivement, cette zone inconnue, perdue, cachée, n’a aucune raison de nous questionner.
En fait, elle devient nocive quand elle surgit par inadvertance. Comme si vous labouriez dans votre jardin et que vous trouviez un os… Vous pouvez l’enfouir sous la terre ou creuser pour voir de quoi il retourne. Si possible aussi avec une aide, un tas d’os peut être lourd à porter tout seul. Et si vous l’avez enfoui, il est fort probable qu’il reste vous hanter dans votre souvenir.

Vous êtes assis ? Ouvrez la fenêtre (de Johari*) et plongez en esprit dans une relation, cherchez ce que vous savez de vous, ce que l’autre sait de vous, ce que vous savez de lui, ce qu’il ne sait pas de vous et ce que vous ne savez pas de lui… vous aurez plein de questions qui vous viendront. Et les questions posées avec attention, intérêt et gentillesse permettent à l’autre de se raconter, ce qui est la base de l’amitié.

Source d’inspiration : Fenêtre de Johari, de Joseph Luft et Harrington Ingham

Jill Szekely
WiB-Swiss Winners in Business