Les herbes médicinales de la Saint Jean : vertus et origines

22 juin 2018

En Provence, lorsque l’on évoque la fête de la Saint Jean, le 24 juin, on pense aux feux allumés pour célébrer le soleil en cette période de l’année où le jour est le plus long, moments de convivialité sur les places des villes et des villages.
Moins connue est la cueillette des herbes la nuit de la Saint Jean. Cette tradition permettait de se réapprovisionner en plantes médicinales pour toute l’année, afin de soigner les hommes comme les animaux.

Les herbes médicinales de la Saint Jean, leurs origines :

Le solstice d’été et la Saint Jean

Les fêtes païennes liées aux solstices ont été christianisées par les fêtes des deux Saint Jean : Saint Jean l’évangéliste le 27 décembre au moment du solstice d’hiver et Saint Jean-Baptiste le 24 juin pour le solstice d’été. Ce dernier dit aussi « le moissonneur » est très populaire en Provence comme protecteur des récoltes.
Les solstices sont des événements astronomiques particuliers, repérés par les plus anciennes civilisations, où le soleil s’arrête dans sa course. Le mot solstice vient du latin « sol », le soleil, et « sistere », arrêt.

Cela se produit deux fois dans l’année :

– le solstice d’été, en général le 21 ou le 22 juin (en 2018, le 21 juin à 10h07), période où les nuits sont les plus courtes de l’année,
– le solstice d’hiver, en général le 21 ou le 22 décembre (en 2018, le 21 décembre à 22h22), où, au contraire, les nuits sont les plus longues.

Ces dates marquent le début de deux saisons : l’été et de l’hiver. Le printemps et l’automne commencent aux équinoxes, où les jours et les nuits sont de durée égale.

Le soleil est célébré pour les deux solstices : en été en allumant des feux en extérieur pour célébrer celui qui jour après jour décline, tandis qu’en hiver c’est dans la cheminée familiale que l’on faisait brûler la bûche (en Provence c’est le rite du « cacho-fio ») lors de la veillée de Noël pour fêter le soleil qui petit à petit gagne sur les ténèbres.
Ces jours sont si particuliers qu’ils étaient perçus comme « magiques », notamment pour les herbes médicinales qui se chargeraient alors de pouvoirs.

Les herbes médicinales de la Saint Jean, la ceuillette :

La cueillette des herbes

« Saint Jean brûle les mauvaises herbes et donne les bonnes », « les herbes de la Saint Jean gardent leurs vertus tout l’an » : ces dictons populaires rappellent les qualités que l’on attribuait à ces plantes.

Quand faut-il les ramasser ?

Il faut se lever tôt pour les cueillir avant l’aube, moment entre la nuit et le jour considéré comme magique, pour ensuite les faire sécher au soleil qui les charge en énergie. Dans le Var, il était de tradition de monter à la Sainte-Baume afin de voir le soleil sur le sommet du Saint-Pilon (au-dessus de la grotte de Sainte Marie-Madeleine) pour déterminer le moment idéal. A Marseille, où il est pour certains impossible de partir cueillir ces plantes, un marché, attesté au début du XIXe siècle, avait lieu ce matin là sur le Cours.

Les herbes médicinales de la Saint Jean, leurs vertus

Elles sont nombreuses car on compte parmi elles les simples comme le thym ou farigoule, le romarin, la sauge ou encore la mélisse.
La « reine » de ces herbes est le millepertuis. La fleur est constituée de petites poches contenant de l’huile essentielle, aux vertus cicatrisantes déjà connues dans la Grèce antique. On fabrique avec ces fleurs une huile rouge salvatrice pour la cicatrisation et les brûlures légères. Pour l’obtenir, il faut faire macérer, au soleil, des fleurs dans de l’huile d’olive durant tout l’été, puis la filtrer et la conserver à l’abri de la lumière. Attention à ne pas vous exposer au soleil après application car cette huile est photosensibilisante.

Voici d’autres plantes que l’on pouvait ramasser ce jour-là :
– la cataire ou herbe aux chats ou menthe des chats est antispasmodique, calmante et emménagogue,
– l’armoise commune ou ceinture de Saint Jean ou couronne de Saint Jean, dont le nom latin est artemisia vulgaris, protège les femmes malades, traite les infections urinaires et les troubles de la ménopause mais elle est toxique à haute dose,
– l’immortelle jaune qui pousse dans les sols secs, est anti-inflammatoire et bénéfique pour la circulation sanguine.

© Photo à la Une : Jardinage – Ooreka