De la lavande à perte de vue … en Provence

1 août 2018

Provençaux ou vacanciers, les champs de lavandes en fleurs enchantent la vue et l’odorat de tous. D’ailleurs, Jean Giono parle de la lavande comme de l’âme de la Haute-Provence … Voyageons un peu au pays de cette plante aromatique qui nous veut du bien.

De la lavande mais pas seulement …

La lavande appartient à la famille des Labiées qui comprend également la menthe et le thym, des plantes aromatiques aux multiples vertus. Il en existe de multiples espèces sur tous les continents, mais regardons de plus près celles que l’on retrouve en Provence :

– la lavande maritime ou lavandula stoechas

qui fleurit d’avril à juin et se caractérise par ses grosses fleurs. C’est la plus précoce des lavandes, les autres fleurissent plutôt en été.

– la lavande aspic ou lavandula spica

qui se plaît dans les cols calcaires, en dessous de 600 mètres d’altitude. Sa fleur a une odeur caractéristique très camphrée.

– la lavande fine ou lavandula angustifolia

aussi connue sous les noms de lavande vraie ou lavande de population, pousse au-dessus de 800 mètres d’altitude. C’est la plus recherchée des lavandes. L’huile essentielle de lavande de Haute-Provence possède une certification AOP (Appellation d’Origine Protégée).

– le lavandin

quant à lui, provient du croisement entre la lavande fine et la lavande aspic, grâce au travail des abeilles notamment. Il pousse jusqu’à 800 mètres d’altitude. Son rendement en huile essentielle est bien plus important que celui de la lavande mais elle possède des propriétés différentes.

Une plante aux mille vertus :

A elle seule, la lavande est souveraine pour soulager bien des maux : elle est calmante, désinfectante, cicatrisante, anti-parasitaire, … Connue depuis des siècles, voire des millénaires, elle était même un ingrédient des recettes d’embaumement de corps.
Les fleurs peuvent être utilisées de diverses façons : en infusion, en fumigation, en sachets pour diffuser leur senteur. C’est un anti-mite des plus agréable dans les armoires de vêtements !
Les fleurs, une fois distillées, donnent une huile essentielle utile pour les petits maux du quotidien.
Savamment dosée, la lavande apporte une touche d’originalité en cuisine, et notamment dans les desserts comme la crème brûlée ou en sorbet.
En parfumerie, elle est indémodable depuis des siècles et entre dans la composition de l’eau de la reine de Hongrie.

Un peu d’histoire

La lavande serait originaire de Perse. Elle se plaît particulièrement autour de la mer Méditerranée où les terres sèches et caillouteuses ne sont pas un obstacle à son épanouissement.
Cette plante était utilisée par les Égyptiens, les Grecs et les Romains pour parfumer les bains et conserver le linge. D’ailleurs son nom viendrait du mot latin lavare, qui signifie lavage, et rappelle que des fleurs de lavande pouvaient être additionnées à l’eau de rinçage du linge pour le protéger des insectes.
La lavande est une plante sauvage que l’on trouve au Moyen Âge dans les jardins de simples. Toutefois, des lavanderaies sont attestées au XVe siècle en Comtat Venaissin et dans la Drôme.
Cueillir la lavande était un rude travail, auquel participaient hommes, femmes et enfants, en pleine chaleur, sur des terrains éloignés et parfois difficiles d’accès, et cela sans compter les piqûres d’insectes !

Si vous en avez quelques pieds, très décoratifs et odorants dans les jardins, pensez à les ramasser, les faire sécher et les utiliser. Mais prudence, pour concocter des recettes de cuisine originales, il faut utiliser de la lavande comestible bio.