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Vaison Danses « My Ladies Rock » de Jean-Claude Gallotta

My Ladies Rock - Confusion des genres_AA

Festival Vaison-Danses, édition 2019
Les femmes du rock, mises en danse par Jean-Claude Gallotta au théâtre antique

« J’ai rencontré des femmes du rock. Je les ai trouvées fières, libres et téméraires. Je les ai trouvées provocantes, affranchies, et déchaînées. Je les ai trouvées combattantes, malpolies et réjouissantes. Je les ai trouvées affreuses, soûles et attachantes. Je les ai trouvées sexuelles, puissantes et belles. Je les ai trouvées grossières, élégantes et audacieuses. Je les ai trouvées effrontées, inventives et courageuses. Je les ai trouvées meurtries, indomptables et seules. »
C’est ainsi que Jean-Claude Gallotta décrit les Rock women des années 70 dans leur diversité et leurs contradictions. C’est pour elles qu’il a conçu le ballet « My Ladies Rock », le deuxième spectacle programmé au festival Vaison–Danses 2019 dans l’impressionnant théâtre antique. Des gradins occupés par plus de 2 000 personnes, par un public intergénérationnel.

Concilier le populaire et l’esthétique

Un vrai plaisir et une reconnaissance pour le chorégraphe grenoblois qui tient à toucher le plus large public. Pour lui, comme il l’indiquait dans le bord de scène qui a suivi le spectacle, « la danse est faite pour tous ». C’est à la fois le bal populaire, où se rencontrent les gens, et l’acte artistique créateur du ballet. Une des ambitions de Gallotta est précisément de concilier le populaire et l’esthétique, de réunir l’idée d’une danse pour tous et celle d’un art contemporain, dont il dit pourtant qu’il est plus difficile et moins bien compris. D’une certaine manière le fait d’avoir été longtemps directeur du Centre chorégraphique national de Grenoble qui se situe à l’intérieur de la Maison de la Culture de la ville, réalise concrètement ce rapprochement.

Après le ballet académique, la Nouvelle danse française

Les soirées du théâtre antique se suivent et ne se ressemblent pas : nous étions, quatre jours auparavant, en plein ballet académique avec le « Don quichotte » de Marius Petipa adapté par Eric Vu-An. Et là, nous sommes en pleine Nouvelle danse française, dont Jean-Claude Gallotta est un éminent représentant. On peut dire que cette nouvelle danse française est un courant de danse contemporaine, né en France dans les années 1970 dont Dominique Bagouet s’est illustré comme un des chefs de file. Les chorégraphes de ce courant souhaitaient principalement se démarquer d’un courant né aux États-Unis : la modern dance. Mais aussi se libérer peu à peu des codes classiques et néoclassiques, en privilégiant « les gestes quotidiens, en faisant plusieurs centres sur la scène, en ayant des gens très différents, des vieux, des jeunes ; en essayant de faire une danse d’une heure, une heure et demie, comme un film. C’était ça notre pari pour répondre aux Allemands et aux Américains qui nous avaient tant portés sur la danse contemporaine, la danse moderne ».

Un ballet en quatorze tableaux

Dans cette pièce pour 11 danseurs créée il y a deux ans, Gallotta raconte une histoire de quatorze grandes figures féminines du rock qu’il a décidé de défendre par la danse : Wanda Jackson, Brenda Lee, Marianne Faithfull, Siouxsie Sioux, Aretha Frankin, Nico, Lizzy Mercier Descloux, Laurie Anderson, Janis Joplin, Joan Baez, Nina Hagen, Betty Davis, Patti Smith, et Tina Turner, toutes nées entre 1937 et 1955. Toutes avec une histoire forte, où se mêlent la transgression, la colère, la drogue, la politique et le sexe.

Sur scène, aucun décor matériel : un plateau noir, un immense écran noir qui l’occupe tout entier et sur lequel se projette par intermittence un diaporama d’images et de textes.
De la musique et du chant bien sûr en premier rôle, avec pourtant un rapport très particulier à la danse. La danse est, d’une certaine façon musique du corps, et pourtant Gallotta, chorégraphie « dans le silence ». Ainsi, et c’est étonnant, dans les chorégraphies de Gallotta,« les danseurs ne dansent pas « sur la musique », c’est la musique qui, plus tard, pendant les répétitions, les rejoint sur le plateau. »
On ne sait plus si c’est la musique qui crée la danse ou l’inverse, de même qu’il arrive qu’on ne sache plus qui, dans la danse, est l’homme ou la femme lorsque la variabilité des rôles sexuels permet aux hommes sur scène d’emprunter les costumes et la gestuelle des femmes et réciproquement.

Un final populaire

Après 1h15 sans entracte, comme dans une explosion de lumière et de rythme, le final revient au public qu’avec enthousiasme et conviction Jean-Claude Gallotta invite sur scène pour rocker tous ensemble sur une musique de Tina Turner !

Prochaines dates au théâtre antique : 20 juillet Compagnie IT Dansa, Quatre pièces de A. Ekman, S. L. Cherkaoui, A. Khan et L. Nogal.

Prochains rendez-vous du festival à découvrir sur le site de Vaison-Danses 
jusqu’au 27 juillet –

Localisation : Vaison la Romaine
Auteur : Victor Ducrest
Date : 19 juillet 2019

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