Tchoune Tchanelas : « Quand l’âme du Flamenco devient Flamenclasico »

11 août 2017

Après avoir apprécié pour sa qualité artistique le groupe Tchanelas dans le spectacle de Don Quichotte au Théâtre Romain de Fréjus, nous avons eu le désir et la curiosité d’assister à la représentation de cet ensemble à Saint Maximin ce mardi 1er août, dans un programme fusionnant la musique Flamenca et la musique classique.

Le flamenco, plus qu’une musique, un patrimoine

Le Flamenco tire ses origines de l’Andalousie avec un « triangle d’or » Séville Jerez et Cadix. Issu d’une fusion des cultures, il tire sa genèse et son évolution dans la mixité et dans ses adaptations tout au long de son histoire. Classé au Patrimoine Immatériel de l’UNESCO en 2010 par l’Espagne, le Flamenco est héritage mais également vie par sa créativité et son adaptation aux autres expressions artistiques comme la danse, la musique classique ou le jazz… Selon l’histoire, les Gitans seraient d’origine indienne et se seraient installés dans le sud de l’Espagne vers le 15ème siècle ; ils jouent un rôle essentiel dans la création et les expressions de cet art qu’est le Flamenco.

Issu d’une famille gitane de Séville réfugiée en France pendant la guerre d’Espagne, Tchoune, le fondateur et leader du groupe, aime à promouvoir son héritage culturel, l’adaptant à sa créativité et à sa sensibilité. Il aime à dire que son Flamenco est un Flamenco des fusions et de diverses rencontres artistiques, comme le Flamenco Classica, le Flamenco des Chants Sacrés Gitans en Provence ou le Flamenco Oriental, et qu’il les réinvente avec son propre style et son instinctivité de créateur.

Composé de cinq artistes, chanteurs, musiciens et danseurs, le groupe Tchanelas revendique ses origines et son patrimoine esthétique légués de génération en génération. Le groupe est constitué de Tchoune Tchanelas au chant, Martial Paoli au piano, Pepe Fernandez à la guitare espagnole, Marianne Favreau au violon et de Florencia Deleria, remarquable danseuse.

 

Tout dans le spectacle est mélange des genres et des styles culturels, du « Cante » au « Baille » traditionnel. La voix de Tchoune est charismatique, bouleversante ; il vit au plus profond de lui sa musique et dans son interprétation le Flamenco devient « Âme » dans la fusion de la musique et de son interprète, tout comme c’est le cas des danses de Florencia Deleria qui nous entraînent dans un « Baille » envoûtant au plus profond des racines andalouses. Les musiciens accompagnent avec passion et grande justesse ce mélange des genres qui s’harmonise à la perfection tout au long du spectacle. Un merveilleux moment dans un lieu magique mettant naturellement en valeur tout le symbolisme de cette démarche brillante et authentique.

Pour suivre leur prochain rendez-vous,  ils seront en résidence du 2 au 8 octobre à la Cité de la Musique à Marseille, sans oublier de noter leurs nombreuses autres dates en visitant le site : www.tchanelas.com

Nous avions découvert un ensemble musical à Fréjus, nous avons vécu une passion à Saint Maximin grâce aux concerts d’été organisés par l’OMC (Office Municipale de la Culture) de Saint Maximin la Sainte Baume.

J’aimerais terminer sur cette publication de notre consœur Sophie Galland dans « Le courrier » qui résume si justement cette alchimie philosophique et culturelle :
« Le Flamenco renferme aussi et surtout les trois mémoires de l’Andalousie, mêlées de façon inextricable, la Musulmane savante et raffinée, la Juive pathétique et tendre, la Gitane enfin rythmique et populaire ».