Cannes, au Palais Croisette : “Mozart en jazz”, l’Amour partagé

11 décembre 2016

Quand le classique et le jazz se rencontrent autour du génie de Mozart, cela ne peut être qu’un moment unique et exceptionnel. C’est ce qu’a voulu nous faire vivre et partager Dimitri Naïditch, avec les membres de son trio jazz, Gilles Naturel à la contrebasse, Cédric Affre à la batterie, et l’Orchestre Régional Cannes Provence Alpes Côte d’Azur.

Brillant aussi bien en musique classique qu’en pianiste jazzy, il est tout à la fois concertiste, arrangeur, improvisateur, chef d’orchestre et même compositeur reconnu.

Originaire de Kiev, il obtient à 17 ans le très prestigieux Prix du Conservatoire Tchaïkovski. Aujourd’hui, il se produit sur les plus grandes scènes internationales comme soliste ou chef d’orchestre avec des formations aussi prestigieuses que celle de la Philharmonique de Kiev, l’Orchestre Symphonique du Théâtre Marinsky de Saint Petersbourg, l’Orchestre National de Lille, ou comme ce soir, avec l‘Orchestre de Cannes.

En 2012, à l’invitation de Jean-François Zygel, il revisite en jazz au Théâtre du Châtelet la 40ème symphonie de Mozart puis sur France 2 à l’occasion de l’émission “La Boite à Musique“. Le succès est au rendez-vous, et avec ses amis jazzmen “Mozart fait le bœuf “! Suivront Tchaïkovski, Bach, Liszt puis Rachmaninov.

A l’occasion du concert de ce vendredi 9 décembre au soir, c’est la première fois que Dimitri Naïditch collabore dans cet esprit avec un orchestre au grand complet, avec cordes et vents ; un vrai régal pour les auditeurs conquis dès les premières mesures de la symphonie n° 40, puis avec la magistrale adaptation du concerto n° 23. Comme il aime à le dire sur scène lors de la présentation des différents morceaux, “A l’époque, la musique classique était improvisation, libre interprétation, souvent sur des thèmes populaires. Mozart, Bach Liszt étaient connus pour ce don inné. Aujourd’hui, la musique classique est trop structurée, trop stricte ; aussi le jazz en est un remède évident, je suis sur que si Mozart vivait de nos jours, il serait très certainement jazzman“.

Bien évidemment, il faut détenir une parfaite maîtrise du langage et savoir transformer ces lignes mélodiques dans la rythmique et les couleurs du jazz. Aussi, tout au long du concert, Naïditch a su manier avec virtuosité composition originale et improvisation ; il s’est saisi de la mélodie mozartienne en arrangeant et adaptant les harmonies et les accords comme un artiste peintre qui unit les couleurs pour apporter un éclairage nouveau à son chef-d’œuvre.

En fin de concert, il a définitivement conquis l’auditoire en proposant une 13ème variation du jeune Mozart adaptée d’une musique populaire sur le thème “Ah, vous dirais-je maman“. Un vrai délice que le public a repris en chantant avec spontanéité et enthousiasme.
Une soirée originale et réussie à Cannes, ville du cinéma, où rendez-vous est pris au printemps avec Dimitri Naïditch car il collabore avec Francis Lay et Laurent Couzon pour les musiques du nouveau film de Claude LelouchChacun sa vie” qui sortira dans les salles en 2017.
Enfin j’aimerais laisser la parole à Dimitri Naïditch : “Mozart, c’est l’amour absolu et total de toute ma vie, et cet amour, je veux vous le faire partager ce soir“.

 

 Béatrice et Jacques Gernez

Correspondants Côte d’Azur de Menton à Toulon