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Off Avignon, Dans la solitude des champs de coton (Koltès) -Théâtre des Halles

Une grande et belle « Solitude » ! Dans la solitude des champs de coton, au Théâtre des Halles, tous les jours pendant le festival Off Avignon – Mise en Scène : Alain Timar

Deux personnages qui se cherchent, s’affrontent, s’évitent.
Très schématiquement : un client et un dealer ; bien qu’on ne sache jamais ce que propose l’un et ce que recherche l’autre. Dans la solitude des champs de coton fait désormais partie des grands textes de théâtre traitant de la condition humaine. Car le contrat de dupes qui lie les deux personnages va bien au-delà d’une simple relation commerciale, emblématique des rapports humains au sein d’une société marchande marquée par les rapports de domination et de soumission.
Ce qui se joue là est l’impossibilité pour l’être humain de rencontrer l’autre dans une vraie relation d’innocence et de fraternité. Toute tentative est vouée à l’échec, l’individu est renvoyé à sa solitude cosmique. Aux deux compères de ce duo-duel – remarquables Robert Bouvier et Paul CamusAlain Timàr ajoute un troisième larron, un musicien qui joue de la batterie en fond de scène, légèrement en retrait mais bien présent. Il s’agit de l’excellent Pierre-Jules Billon qui ponctue de ses baguettes ou accompagne de ses balais les échanges des deux comédiens.

« La présence de la musique, dit Alain Timàr, contribue à rendre audible le texte de Koltès. »
Un texte dont le sens est loin d’être épuisé par les multiples mises en scène qui en ont été faites. Celle d’Alain Timàr, d’une grande beauté plastique, en souligne les différents niveaux de lecture et d »interprétation tout en lui gardant son envoûtant mystère.

Dans la solitude des champs de coton de Bernard-Marie Koltès
Jusqu’au 29 juillet à 17 h – Salle Chapitre – Relâche le lundi 24 juillet.

Rue du Roi René, 84000 Avignon
Téléphone : 04 32 76 24 51

© Jean -Pierre Petit ( Alain Timàr )/ © Thomas O’Brien

AlainTimàr, l’homme-théâtre – Metteur en Scène et directeur du Théâtre des Halles

Avec son indéboulonnable chapeau vissé sur le crâne, il a des airs de violoniste tzigane ou de vagabond céleste. Alain Timàr ne rejettera certainement pas cette image, lui qui se définit comme « un être cosmopolite qui aime à transgresser les barrières et abolir les frontières factices ou réelles ».

Ouvert aux autres cultures et aux expériences artistiques novatrices, cet homme de théâtre – metteur en scène, scénographe, mais aussi peintre et plasticien – n’en est pas moins ancré à Avignon depuis 1983. Dans ce théâtre des Halles qu’il a fondé, haut lieu historique avant de devenir phare culturel, puisque c’est ici, dans l’ancien couvent Sainte-Claire, créé au XIIIè siècle par les sœurs clarisses, que Pétrarque s’éprit de Laure, un jour de l’année 1327.

Et l’on se plaît à imaginer que l’esprit du poète florentin est encore présent dans ces murs qui depuis plus de trente ans ont si souvent renvoyé les échos des grands textes du théâtre contemporain. De ceux qui sont désormais des classiques : Ionesco, Adamov, Beckett, Jean Genet, Bernard-Marie Koltès entre autres, et dont Alain Timàr aime à faire entendre la voix.
« Ils ont marqué l’histoire du théâtre et ont une grande résonance dans le monde d’aujourd’hui, dit-il avec conviction, il faut les faire connaître aux jeunes générations. »
Il s’y emploie avec autant de ferveur que de talent, ciselant ses mises en scène comme de véritables œuvres d’art, dans ce théâtre qui fonctionne toute l’année. « Il faut le dire, c’est important », affirme-t-il, le doigt pointé vers l’interlocuteur. Et la douceur de la voix n’empêche pas le coup de patte à ces lieux éphémères qui ouvrent à la veille du festival et tirent le rideau aussitôt après.
Alors que se joue jusqu’au 29 juillet Dans la solitude des champs de coton, ce très beau, et néanmoins difficile, texte de Koltès auquel il a imprimé sa patte et son œil d’artiste, il est déjà dans la finalisation de deux magnifiques projets. Un opéra : Le dialogue des Carmélites de Francis Poulenc, qui se jouera fin janvier à l’Opéra du Grand Avignon. Et Les carnets d’un acteur, une œuvre de théâtre adaptée de Dostoïevski et Shakespeare, qui sera présentée en mars prochain au Théâtre des Halles.

On le voit, Alain Timàr n’en finit pas de courir sur les chemins de la création avec une passion inextinguible. Et même, à vélo, les jours de grand vent, il paraît que son chapeau ne bouge pas d’un pouce.

Localisation : Avignon
Date : 19 juillet 2017
Saison Culturelle Carpentras - AnimartCentre Dramatique des Villages - Haut Vaucluse

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