Monaco : Concert au Palais Princier : « Musique au Palais, Musique des étoiles »

9 août 2017

Lieu de ralliement des Monégasques autour de leurs souverains, la Cour d’Honneur du Palais Princier de Monaco accueille à nouveau cette année l‘Orchestre Philharmonique de Monaco aux sons des musiques festives sous la majestueuse voûte étoilée de la Principauté Monégasque et ce depuis le XVIII siècle.

La musique, une tradition au Palais Princier de Monaco depuis des siècles…

Tradition mise en place par le Prince Souverain Antoine 1er (1661-1731) ami du surintendant des Musiques du Roi, André Cardinal – Des Touches, les concerts furent interrompus après le retour de Napoléon de l’Ile d’Elbe. Les concerts seront rétablis en 1959 à l’occasion des festivités en l’honneur de l’avènement au trône du Prince Rainier III.

C’est dans ce cadre enchanteur que l‘Orchestre Philharmonique de Monaco, sous la direction de Marc Albrecht, a proposé ce dimanche 6 août,  un programme consacré à deux grands compositeurs, Johann Nepomuk Hummel (1778-1837) et Ludwig van Beethoven (1770-1827). Considérés comme des rivaux, ces deux compositeurs sont pour l’histoire de la musique de grands génies.

L’orchestre a joué en première partie le concerto pour trompette en mi bémol majeur de Johann Hummel interprété avec brio par David Guerrier.

Enfant prodige, le jeune Johann est élève de Mozart qui l’héberge dans sa propre maison de 1786 à 1788 et grâce à qui il donne son premier concert à l’âge de 9 ans. Pianiste virtuose, il se produit dans toute l’Europe et connaît la gloire, ce qui lui permet en 1804, à 23 ans, de succéder à Joseph Haydn comme Maître de Chapelle à la cour du Prince Esterházy. Durant sa vie, Hummel compose de nombreuses œuvres musicales, dont ce concerto pour trompette, et 22 opéras, et a été reconnu par ses pairs comme un des plus grands musiciens de son temps. En 1842, cinq ans après sa mort, Chopin proclame que Mozart, Beethoven, et Hummel étaient les « maîtres que nous reconnaissons tous ». Hummel et Beethoven étaient ainsi réunis dans la gloire, faisant tomber dans l’oubli leur rivalité.

Il est de ce fait bien naturel que la deuxième partie du concert du Palais Princier soit consacrée à Beethoven. Nous avons ainsi eu le plaisir de pouvoir écouter la brillante et très raffinée interprétation de la 4ème symphonie par un orchestre d’une transparence sonore unique et d’une profondeur étonnante sous l’impulsion passionnée d’un Marc Albrecht, directeur de l‘Orchestre Philharmonique des Pays-Bas, en grande forme, sculptant l’orchestre dans une œuvre d’art alliant beauté et harmonie parfaite de l’exécution musicale à la splendeur du lieu.

Beethoven, compositeur et musicien de Résistance…

Considéré comme le dernier représentant du classicisme viennois, Beethoven écrit cette symphonie en 1806 dans un des moments les plus paisibles de sa vie. Pour la petite histoire, il résidait chez le Prince Linchnowsky, ancien élève de Mozart et généreux mécène, lorsque qu’éclata une brouille terrible entre les deux hommes. En effet, le Prince voulait imposer à son protégé de jouer devant un parterre de militaires français alors considérés par les Autrichiens comme une armée d’occupation ! Beethoven refusa catégoriquement et faillit en venir aux mains lorsqu’ils furent séparés par le Comte Franz Von Oppersdorff. Ce dernier offrit refuge à Beethoven et lui commanda deux symphonies, celle que nous avons entendue ce soir et la cinquième symphonie en ut mineur, dite symphonie du Destin.

 

Un concert d’une grande qualité dans un cadre unique et féerique avec un orchestre brillant. Aussi j’aimerais rappeler cet article de presse paru le 31 août 1959 dans « Le Parisien Libéré » :
« La formation que nous avons eu la joie d’entendre aujourd’hui prend d’emblée place parmi les meilleurs orchestres européens ; est-il possible de rêver un parterre de cordes plus soyeux, plus velouté, plus homogène ».

Photo : © Béatrice Gernez – Cour d’Honneur du Palais Princier – Monaco