Monaco : quand le Palais Princier vibre au son enchanteur et divin d’un violon

29 août 2018

Monaco – “Les Soirées Musicales du Palais Princier”- 29 Juillet 2018
Orchestre Philharmonique de Monaco
Veronika Eberle : Violon
Direction musicale : Thierry Fischer

C’est dans le cadre enchanteur du Palais de la famille Princière de Monaco que se déroulent les “Soirées musicales du Palais Princier”. Créés au XVIII siècle, ces instants privilégiés de musique classique permettent d’apprécier des concerts de la plus haute qualité artistique dans l’enchantement d’un lieu magique.

Un peu d’Histoire et une tradition : Les Soirées Musicales du Palais Princier

Cette tradition musicale a été rétablie lors des festivités en l’honneur de l’avènement du Prince Rainier III au trône en 1959. C’était une volonté du Prince de partager avec ses sujets Monégasques des moments culturels de grandes qualités, en ouvrant exceptionnellement la Cour d’Honneur du Palais lors de manifestations de prestige.
Placé sous la direction artistique de Kazuki Yamada, le festival est organisé par l‘Orchestre Philharmonique de Monaco. Les organisateurs de cet événement prestigieux nous ont proposé une palette de moments de choix en mettant en valeur des œuvres majeures du grand répertoire et en accueillant des solistes de renommés internationales. Kazuki Yamada nous a concocté en cette année 2018 huit concerts avec une programmation alléchante mettant à l’avant de la scène l‘Orchestre Philharmonique de Monaco, sans oublier le 25 juillet un concert dédié à Antonio Vivaldi interprété par Cécilia Bartoli et la formation musicale, “Les Musiciens de Prince”, dont elle est directrice artistique.

Veronika Eberle : la magie d’un violon a l’état pur !

Le dimanche 29 Juillet, notre intérêt a été attiré par un concert original et le côté intimiste de son choix artistique avec la participation de la très talentueuse Veronika Eberle dans une programmation toute en intériorité avec le concerto pour violon N°2 de Felix Mendelssohn et la symphonie inachevée de Franz Schubert. Placé sous la direction magistrale de Thierry Fisher, l‘Orchestre Philharmonique de Monaco a su nous transmettre toute la beauté de ces œuvres. En ouverture du concert, nous avons pu entendre une musique d’Arthur Honegger, Pacific 2.3.1, une merveille d’orfèvrerie au rythme nous transposant dans l’univers du compositeur.
Puis, avec le concerto pour violon n°2, opus 64, de Felix Mendelssohn, nous avons été conquis par l’interprétation de Veronika Eberle, violoniste virtuose ; un véritable enchantement d’être transporté de cette manière divine par son jeu et la sonorité de son violon. Cette soirée était un véritable enchantement et de pouvoir entendre son interprétation, la richesse et la magie de son monde intérieur étaient un privilège qui sans nul doute qui a ravi l’ensemble du public.

Pour clore ce concert, Thierry Fischer a su retransmettre toute la sensibilité d’une œuvre écrite par Franz Schubert dans une période un peu flou de sa vie que l’on surnomme “années de crise”. Durant cette période, ses compositions se raréfient et nombre des œuvres de cette époque restent inachevées. Bien qu’issue d’une famille modeste avec un père maître d’école et une mère cuisinière, il suit une formation musicale et compose dès l’âge de 13 ans. Malgré une vie très brève, 1797-1828 (31 ans), et les souffrances de son existence, il compose plus de 1 000 œuvres, comme cette remarquable symphonie N°8 en Si mineur.

Une soirée empreinte de magie sous la voûte étoilée majestueuse de la Principauté Monégasque, dans un lieu qui se prête merveilleusement à cette forme de musique. Il ne faut pas oublier de mentionner la bonne sonorité de ce lieu, ce qui est, avouons le, rare pour un lieu de plein air qui accueille des concerts de musique classique.

J’aimerais mentionner d’Edmond Jaloux, écrivain et critique littéraire :
Le nom de Schubert doit, avec celui de Weber, s’inscrire en lettres d’or à l’aube du romantisme ; c’est Schubert qui a donné au lied allemand une forme définitive. Schubert s’est toute sa vie complu dans cette forme du petit poème psychologique où il s’agit de créer une atmosphère musicale autour des paroles, où il s’agit de leur forger ces échos, ce mystère, qui restent en deçà des mots !”

Alors, pour conclure cet article, citons le commentaire d’un célèbre critique musical de l’époque Eduard Hanslick : “Lorsque, après quelques mesures, la clarinette et le hautbois entonnent un chant suave par dessus le calme murmure des violons, …une exclamation étouffée court, comme chuchotée à travers la salle… Schubert…!”

Pour plus d’informations sur l’orchestre et la saison prochaine : www.opmc.mc

© Photo à la Une : Axel Bastello-Palais Princier