Opéra de Toulon : “Madame Butterfly, l’amour volé”

26 décembre 2017

Opéra dans le pur style Puccinien, Madame Butterfly, à l’Opéra de Toulon,  dans une mise en scène de Daniel Benoin, sait nous plonger dans l’atmosphère d’un drame humain d’où l’on ne peut sortir indemne.

Sans aucun doute une œuvre majeure du grand répertoire Lyrique

Créé en février 1904 à la Scala de Milan, cet ouvrage lyrique est rejeté par le public, ce qu’il lui vaut d’être retiré de l’affiche après la première représentation. Victime d’une cabale, Puccini revoit sa partition et en mai 1904, il propose à l’Opéra de Breccia une nouvelle version, celle que nous avons eu le plaisir d’entendre à Toulon. “Madame Butterfly” sera ensuite joué à Buenos Aires, en Argentine, en juillet 1904 et en Uruguay avant de conquérir le monde entier et d’être un des ouvrages les plus populaires du répertoire des maisons d’opéras à travers le monde.

Une rencontre des cultures et des mondes que tout oppose !

Daniel Benoin transpose ce drame humain dans l’atmosphère de la fin de la seconde guerre mondiale, après l’explosion nucléaire de Nagasaki en août 1945. Le décor de Jean-Pierre Laporte est simple et non moins fonctionnel ; il sait créer l’unité de lieu dans les différentes phases de sa trame dramatique. Les interprètes sont portés par leur rôle et la direction musicale de Valerio Galli à la tête de l’orchestre de l’Opéra de Toulon. Daniz Yetim, Cio-Cio-San, sait nous émouvoir au plus profond de notre sensibilité et son rôle d’un papillon éphémère est remarquable. Qiulin Zhan, Suzuki, est la parfaite interprétation musicale et scénique du drame Puccinien, tout comme Roberto de Biasio et Anna Destaël dans ce couple américain, peu sympathique et voleur d’un amour innocent et sincère.

“Madame Butterfly” un des opéras le plus représenté sur les scènes lyriques au plan international !

Cet opéra, avec “La Bohème” et “Turandot“, est un des immenses succès de Puccini. Il est le sixième opéra le plus joué dans le monde. Une place méritée comme nous avons pu l’apprécier à Toulon dans une production de l’Opéra de Nice de 2013. Vraiment, une très belle soirée que nous avons partagée avec un public conquis.
“Madame Butterfly représente le triomphe de la poétique de la petite chose, des petites âmes et des petites tragédies qui semblent énormes et constituent un véritable condensé des conventions des temps”.
Cette tragédie, dans la version de Puccini de 1904 à Breccia, se passe dans le Japon de la fin du 19ème siècle ; c’est la rencontre de deux civilisations qui nous plonge dans un Extrème Orient fascinant et intriguant et un Occident arrogant et corrupteur. Butterfly, une jeune fille de 15 ans, sacrifie tout à son amour. Elle est rejetée par tous, sa famille, sa religion, son mari, jusqu’au sacrifice final sans doute le plus émouvant et le plus déchirant, l’abandon de son enfant.
Aussi, elle ne pourra trouver que dans l’acte suprême une rédemption qui lui est propre en se donnant la mort avec le tanto de son père, l’arme noble des Samouraïs où sont gravés ces mots :
“Celui qui ne peut vivre dans l’honneur meurt dans l’honneur”.

© Photo à la Une : Opéra de Toulon – Christian Rombi