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‘Léonie est en avance ou Le mal joli’, par le Centre Dramatique des Villages du Haut Vaucluse

En Vaucluse, de Saint-Roman-de-Malegarde à Réauville, en passant par Mornas, Colonzelle, Buisson, Montségur-sur-Lauzon, Visan, Richerenches, Lapalud, Savoillans et Mollans-sur-Ouvèze, du 11 juin au 9 juillet, le Centre Dramatique des Villages du Haut Vaucluse présente une pièce flamboyante de Georges Feydeau : ‘Léonie est en avance ou Le mal joli’.

Tournée dans les villages cet été 2022 du Centre Dramatique des Villages du Haut Vaucluse.‘Léonie est en avance ou Le mal joli’, du vaudeville de Feydeau. Un style théâtral flamboyant à servir pimenté pour partager la bonne humeur !

Le Centre Dramatique Des Villages du Haut Vaucluse, un hymne au partage

C’est presque du théâtre de rue car ils installent leurs tréteaux. C’est un même idéal qui forge le cœur du Centre Dramatique Des Villages du Haut Vaucluse, un même projet : porter la culture de villes en villages, aller à la rencontre de l’habitant. Plus de repli sur soi, le temps du confinement a vécu ! Place aux saltimbanques, à la vie, à la joie, à la complicité avec le public, au partage, au théâtre !

‘Léonie est en avance ou Le mal joli

Deux hommes, un idéal, pour la réussite de cette pièce de théâtre comique !

Gilbert barba - Frederic Richaud ‘Léonie est en avance ou Le mal joli’ CDDV

Frédéric Richaud  – Gilbert Barba -pendant les répétitions de ‘Léonie est en avance ou Le mal joli’ © Marie-Céline Solérieu

Lors des répétitions de ce vaudeville ‘Léonie est en avance ou Le mal joli’, par le Centre Dramatique des Villages du Haut Vaucluse, nous avons rencontré Frédéric Richaud et Gilbert Barba co-directeurs du Centre Dramatique du Haut-Vaucluse, « des êtres humains, disent-ils », qui se sont rencontrés il y a 24 ans avec un parcours artistique commun et qui collaborent depuis trois ans à la direction, à la mise en scène, au jeu, et tout ce qu’il y a à faire en qualité d’éducation artistique pour les enfants. Pour ‘penser’ le décor, Gilbert Barba a d’abord construit une maquette, comme il le fait habituellement. Un challenge difficile quand on joue l’intérieur d’une maison bourgeoise en plein air.

Feydeau et le Vaudeville

Développé en tant que style théâtral entre les années 1600 et 1700 en France, le vaudeville, qui désignait initialement une comédie entrecoupée de chansons, de musique et de danse, a pris un nouveau sens dans la seconde moitié des années 1800, le terme étant appliqué à des comédies brillantes caractérisées par des quiproquos et des rebondissements et totalement dépourvues de prétentions psychologiques, philosophiques ou littéraires. Georges Feydeau, cependant, s’est distingué des autres par sa capacité à exploiter les possibilités de ce type de vaudeville jusqu’à l’extrême limite, en utilisant une imagination débridée qui lui permettait de mettre ses personnages dans des situations comiques sans jamais franchir les limites de la logique et en construisant ses comédies avec une précision millimétrique.

Le vaudeville et ses caractéristiques

Le vaudeville – qui pourrait prendre le titre générique de « les portes claquent » – repose, mais pour l’usage exclusif (bénéfique ou catastrophique) du personnage, sur le contraste constant entre intérieur et extérieur, sur la décomposition de l’intérieur en de multiples sous-espaces à la fois interpénétrés et inconciliables. L’alternance ou la (presque) concomitance du caché et du montré génère un clignotement contrôlé et intempestif des espaces

 ‘Léonie est en avance ou Le mal joli’

Fin des clichés !

Fi du cliché que nous avons tous sur le théâtre de Georges Feydeau, qui est comme le cliché que nous avons depuis longtemps sur le théâtre de Racine et de Tchekhov : que tout se réduit à un claquement de portes, au détriment d’autres dimensions. Si le théâtre de Feydeau n’était qu’une machine, il suffirait de faire jouer ses pièces à toute vitesse pour qu’elle fonctionne. Et ce n’est absolument pas le cas. Un autre écueil à éviter est celui d’interpréter « un texte de Feydeau » au lieu d’interpréter la situation. En réalité, c’est précisément la capacité d’interpréter la situation, sans chercher l’effet, en toute spontanéité et avec la candeur nécessaire, qui donne à l’acteur toute sa liberté.

Avec Feydeau, la tragédie devient burlesque

Feydeau est dans le burlesque. Il cherche dans l’être humain la perversion, la folie, la noirceur même des êtres qu’il met en dynamique d’humour. Comme le faisait Chaplin qui travaillait sur un social parfois très tendu, mais avec lequel il faisait rire. Chaplin, pour lequel Feydeau voulait écrire.
Férocement égoïstes et moralement isolés, méprisants pour les autres et satisfaits d’eux-mêmes, peu charitables et extrêmement vindicatifs, les personnages de Feydeau sont sans scrupules dans le choix de leurs moyens et de leurs collaborateurs lorsqu’il s’agit de se venger. Leur caractère, bizarre, les entraîne toujours dans des situations inextricables qui tourneraient facilement à la tragédie si, en raison d’événements impondérables et d’excentricités latentes, Feydeau ne restait pas dans les limites de la comédie.

‘Léonie est en avance ou Le mal joli

Une pièce de théâtre comique voire hilarante

Leonie est en avance Vaudevile Feydeau - Centre dramatique des villagesArgument

Dans une famille bourgeoise Léonie Toudoux souffre des douleurs typiques de la maternité alors qu’elle ne devrait accoucher que dans un mois. La famille pense aux ‘qu’en dira-t-on’ ; elle gémit dans le salon, traînant derrière elle son malheureux mari qui n’appartient pas du tout au même milieu et que l’on sollicite vainement pour lui plaire. Léonie se venge en le maltraitant, et manifeste des colères proprement stupéfiantes, faisant preuve d’une tyrannie effroyable. Elle empêche Toudoux de dîner, puis le renvoie à table, puis le jette dehors en prétextant qu’il a mangé du fromage et que la terrible odeur de la nourriture l’offense. Elle exige de son mari qu’il porte un pot de chambre en guise de chapeau, et Toudoux tente en vain de résister mais sent que sa redoutable femme gagnera toujours ; il est donc silencieux, résigné, obéissant, vaincu, docile, anéanti, angélique… et cela ne peut que provoquer un léger rire. Mais vu sur scène, tout cela acquiert une profondeur surprenante. C’est la vie, soigneusement observée au microscope et amplement reproduite avec une perfection et une crudité inégalées. À la fin, lorsque Toudoux est épuisé, on découvre que Léonie n’est pas du tout enceinte mais que la sienne est simplement une grossesse nerveuse.

Feydeau et la psychiatrie

Grossesse nerveuse, on n’est pas très loin de l’hystérie de Charcot. Feydeau occupe une position particulière dans l’histoire des relations entre le vaudeville et la psychiatrie. Il commence à écrire en 1880, deux ans avant que Charcot n’ouvre son service de neurologie à la Salpêtrière. Le traitement de l’hystérie, propagé par les spectaculaires  » conférences du mardi  » au cours desquelles le  » Maître  » testait publiquement ses théories en les appliquant sur quelques malades sous hypnose, a profondément marqué les esprits de l’époque et éveillé l’imagination, notamment des romanciers. Un moment charnière qui s’avère donc particulièrement surprenant, car après cette époque d’extrême visibilité – et de théâtralisation – l’hystérie, en tant que champ nosologique et pathologique bien défini, connaît un déclin de popularité et, finalement, perd même sa réalité, après la mort de Charcot. Or, ce contexte est étroitement lié à l’évolution de la dramaturgie de Feydeau et du vaudeville en général, dont l’auteur est l’un des plus vivants, mais aussi le dernier, des représentants.

Informations pratiques, réservations, billetterie « Léonie est en avance ou Le mal joli », par le Centre Dramatique des Villages en Vaucluse

Sam. 11 juin – 21h Place du village – Saint-Roman-de-Malegarde
Ven. 17 juin – 21h Place de l’église Notre Dame de Val Romigier – Mornas
Ven. 24 juin – 21h Devant l’Espace Peyrolles – Colonzelle
Ven. 1er juillet – 21h Place sous le Barry – Buisson
Sam. 02 juillet – 21h Boulodrome – Montségur-sur-Lauzon
Lun. 04 juillet – 21h Place Humbert II – Visan
Mar. 05 juillet – 21h Place du village – Richerenches
Mer. 06 juillet – 21h Ancienne cours de l’école Jules Ferry – Lapalud
Jeu. 07 juillet – 21h Ferme Saint-Agricol – Savoillans
Ven. 08 juillet – 21h Théâtre de verdure – Mollans-sur-Ouvèze
Sam. 09 juillet – 21h Salle des fêtes – Réauville

Durée : 1h Tarifs et formules :
Tarif plein : 10€ Tarif enfant (- de 14 ans) : 7€
Distribution :
Production Centre Dramatique Des Villages
Mise en scène : Gilbert Barba
Avec : Sarah Nedjoum, Benjamin Kerautret, Elsa Kmiec, Agnès Sighicelli, Frédéric Richaud, Gilbert Barba
Scénographie : Gilbert Barba, Judith Dubois
Costumes : Marie Meyer
Perruques et Coiffures : Nathalie Champigny
Construction des décors : Freddy Quarlin et Bruno Lucazeau

Date : 7 juin 2022

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