Faust en clôture de la saison lyrique dans la salle de l’Opéra d’Avignon avant sa renaissance

27 juin 2017

Dernier opéra de la Saison Lyrique de l’Opéra d’Avignon, avant sa restauration qui durera deux ans, quelques images de l’Oeuvre de Gounod, pendant la générale, symbole de jeunesse.

 

L’opéra de Charles Gounod, inspiré de l’œuvre de Goethe, est indéniablement un chef-d’œuvre de l’art lyrique français. La production de l’Opéra du Grand Avignon nous l’a prouvé avec la mise en scène de Nadine Duffaut et les interprétations remarquables des artistes lyriques de la production sous la direction musicale d’Alain Guingal.

 

Si Charles Gounod est subjugué par l’œuvre de Goethe, il faudra attendre 1859 pour que l’opéra soit créé au théâtre lyrique de Paris. Mais les premières représentations ne connaissent qu’un succès mitigé, jusqu’à ce que le célèbre éditeur parisien Choudens décide de mettre l’œuvre à son répertoire.
Trop long, l’ouvrage doit subir plusieurs modifications. Il faut attendre 1869 pour connaître Faust dans sa forme définitive avec l’apport de la célèbre scène “la nuit de Walpurgis”, interprétée dans la mise en scène de Nadine Duffaut par le Ballet de l’Opéra du Grand Avignon dans une chorégraphie d’Eric Belaud. Il nous entraine avec talent dans l’univers des débauches “Bacchusiennes” sous les éclairages luxuriants de Philippe Grosperrin.

 

La mise en scène de Nadine Duffaut est tout en symbolisme dans une écriture contemporaine et des costumes années 60 de Gérard Audier. Les scènes majeures invoquent avec une sensibilité “diabolique” l’intrigue de Goethe et une descente aux Enfers de Faust l’ancien et de Faust le jeune, irrémédiable.

 

Marguerite est remarquablement interprétée par Nathalie Manfrino. Florian Laconi dans le rôle de Faust jeune, Jérôme Varnier dans celui de Méphisto, Lionel L’hôte en Valentin et Samy Camps dans le rôle de Siebel ont reçu du public une ovation on ne peut plus méritée.

 

Ce n’est pas un hasard si cette œuvre a été choisie pour cette dernière tombée de rideau avant la restauration de l’Opéra car elle est toute symbolique et a permis à l’Orchestre, aux Chœurs et au corps de Ballet de l’Opéra du Grand Avignon de paraître sur scène dans un chef d’œuvre musical français, qui, après Carmen de Bizet, est l’ouvrage lyrique français le plus joué sur les plus grandes scènes du monde.

 

Un fabuleux cadeau que nous lègue Raymond Duffaut en invitant sur scène, pour les acclamations finales, l’ensemble des artistes de la production artistique, mais également les techniciens et le personnel de l’Opéra. Il nous fait ainsi un au-revoir tout personnel et plein de sensibilité après tant d’années de succès, de créations et d’amour de la musique et de collaborations fructueuses.

 

© Bernard Gilhodes