Ballet Nice Méditerranée : trois chorégraphies pour une alchimie musicale

23 mai 2018

Opéra de Nice samedi 21 avril 2018
Les solistes et les danseurs du Ballet Nice Méditerranée
Directeur artistique : Eric Vu-An

Eric Vu-An marque le ton avec des œuvres majeures du grand répertoire musical, rendant ainsi hommage à Maurice Ravel, Wolfgang Amadeus Mozart, Claude Debussy et Igor Stravinsky au travers de chorégraphies de Jérome Robbins, Dwight Rhoden et Oscar Araiz. Le directeur artistique du Ballet Nice Méditerranée et les danseurs de la compagnie reprennent en ce printemps 2018 trois œuvres offrant une large gamme d’émotions particulièrement chères à Eric Vu-An qui sait ainsi nous entrainer dans son propre univers avec beaucoup de sensibilité.

Ballet Nice Méditerranée : En Sol, Petrouchka, Verse Us

“En Sol” – Chorégraphie de Jerome Robbins

Solistes : Luis Valle – Marlen Fuerte Castro
Musique de Maurice Ravel
Décors et costumes : Erté

Dès 1939, Jerome Robbins se produit dans des comédies musicales chorégraphiées par George Balanchine. Dès l’année suivante, il entre à l’American Ballet Theatre de New York comme soliste, puis rapidement il chorégraphie ses premières œuvres comme “Fancy Free” sur une musique de Leonard Bernstein ; le succès est immédiatement au rendez-vous.
Avec “En Sol”, il propose un ballet fantaisiste que Clotilde Vayer revisité avec intelligence et humour. Un ballet on ne peut plus charmant sur la vie et les passions amoureuses de baigneurs et baigneuses que bien évidemment les solistes et danseurs du Ballet Nice Méditerranée interprètent avec l’élégance intemporelle du vocabulaire classique, rendant ainsi palpable la personnalité lumineuse de Jerome Robbins.

“Petrouchka” – Chorégraphie d’Oscar Araiz

Solistes du Ballet Nice Méditerranée et Ballet Nice Méditerranée
Musique : Igor Stravinsky
Costumes : Renata Schussheim

Oscar Araiz s’inspire avec brio de la partition de Stravinsky et de l’héritage des Ballets Russes pour transposer comme une parodie ce ballet du grand répertoire classique. Petrouchka est créé à Paris au Théâtre du Châtelet en 1911 ; Vaslav Nijinski dansait le rôle de Petrouchka. Ce fut un triomphe, et il a été joué à de nombreuses reprises, jusqu’à cette tournée en Argentine où Nijinsky épouse Romola de Pulsky, rendant fou de jalousie Diaghilev. C’est dans ce tourbillon de folie qu’Oscar Araiz puise son inspiration.
Lors de la création du spectacle, Stravinsky emploie plusieurs airs populaires dans la partition, ce qui rend l’ouvrage très intéressant et agréable. Le chorégraphe n’hésite pas à puiser dans les relations troubles entre Diaghilev et Nijinsky et réadapte ce triangle amoureux. Le mage et Diaghilev ne font qu’un, manipulant Petrouchka en le privant de son amour pour une belle danseuse. Amour passionnel et manipulations cyniques nourrissent ce ballet que les danseurs solistes et la troupe du Ballet Nice Méditerranée nous transmettent avec fougue et passion dans cette évocation scénique et le tourbillon magique des Ballets Russes.

“Verse Us” – Chorégraphie de Dwight Rhoden

Ballet Nice Méditerranée
Musiques de Frahm, Glass, Helbig, Järvi, Mozart, Debussy
Costumes : Christine Darch

Dwight Rhoden, ancien danseur d’Alvin Ailey, est plus connu du public français pour avoir dirigé et chorégraphié “The Great Gatsby” présenté à Cannes en 2017. Il propose avec “Verse Us” une danse classique mais libre pour un ballet brillant et résolument moderne. Les évocations musicales savent nous emmener tout au long du spectacle dans cette ambiance de sensualité, de précision et de rigueur où la chorégraphie, très physique, sollicite souvent les danseurs presque au-delà de leur limite.
Avec “Verse Us” le Ballet Nice Méditerranée nous entraine avec intensité dans un monde où les corps s’entrecroisent dans un chaos faisant écho aux changements et diversités rythmiques et nous donnent la sensation que les interprètes atteignent une forme d’achèvement qui les porte au sommet de leur art.

Un art de la Danse qui sait nous captiver avec des artistes au mieux de leur forme qui nous font partager avec enthousiasme ce désir de sentiments impossibles et tragiques par une interprétation superbe de précision de d’ingéniosité.

 

© photo à la Une : Opéra de Nice