Exposition de récits photographiques à l’Abbaye de Silvacane

12 septembre 2017

Jusqu’au 30 septembre 2017, cinq photographes au parcours atypique, originaires des quatre coins de la planète, exposent sur les murs de l’Abbaye de Silvacane, à la Roque d’Anthéron.

Nature, portraits, objets, les photographes racontent chacun leur récit, immortalisé par la photographie, partagent et défendent leurs points de vue avec humour, poésie, émotion et engagement.

Une histoire humaine qui s’associe à l’histoire du patrimoine, celui de cette abbaye cistercienne, qui à travers les murs chargés d’histoire depuis des siècles, cette exposition devient unique chaque jour selon la lumière naturelle qui pénètre sous les voûtes, et les oiseaux qui ne se sentent pas dérangés par ceux figés sur la photo.

Les Photographes :
Hélène David – (France)
Au cours de ses travaux documentaires, Hélène a séjourné dans l’Arctique avec les Inupiaks d’Alaska et a embarqué régulièrement en haute mer pour sa série Marins. De ces expériences immersives, elle tire d’autres manières d’identifier l’être en relation à la nature. Inspirée par la philosophie de l’écologie et par les oeuvres du Nature writing, elle souhaite aujourd’hui interroger les différentes façons dont les humains entrent en relation avec le vivant, plus particulièrement les animaux. La série Les confins sauvages, en cours, explore l’imaginaire et les représentations du sauvage en Méditerranée.
De tout temps, le monde du vivant a nourri l’imaginaire des humains. En Méditerranée, bestiaires et mythologies convoquaient (toutes) les créatures de la mer dans une représentation fabuleuse.
Noces ou les confins sauvages est une approche sensible de notre relation à la nature dans le Parc National des Calanques. Au cours de quatre cycles, la mer, les bêtes et les hommes dialoguent dans un microcosme vivant et enchanté, instable et fragile. Hélène David, en s’appuyant sur la poésie sensorielle de Camus, interroge les interactions et la coexistence des humains et non-humains sur un même territoire

Amy Friend – (Canada)
Amy Friend, née en 1974 au Canada, passe son enfance à explorer les plages et collines entourant sa maison, coincée entre la rivière Détroit et le lac Saint Clair. La photographie lui permet d’explorer la relation entre visible et non visible. Les notions d’histoire, de mémoire, de temps sont autant de sources d’inspiration. Sa famille et leurs histoires sont rapidement apparues dans ses photos : qui sont ces gens ? Quelles sont leurs histoires ? Quel est leur part de secret ?
“Dare alla luce” est une série pour laquelle Amy Friend mélange vieux clichés familiaux et photos récupérées dans des brocantes. La photographe en altère ensuite les supports : des trous y ont été percés, laissant passer la lumière à travers ces personnages anonymes ou connus. Rétro éclairés puis re photographiés, les personnages sont à nouveaux “donnés à la lumière”, une expression italienne qui signifie “donner la vie”, “naître”. Amy Friend interroge la qualité fragile de l’objet photographique, mais aussi la fragilité de nos vies, notre histoire

Riitta Ikonen et Karoline Hjorth – (Finlande – Norvège)
Riitta Ikonen, artiste contemporaine finlandaise, travaille sur la conception de costumes, la performance photographique et l’art postal, ainsi que sur des projets collectifs.
Karoline Hjorth, est une photographe et journaliste norvégienne. Elle travaille “ici et là, de préférence partout”.
Riitta et Karoline collaborent depuis 2011, après s’être rencontré lors d’une résidence à Sandnes, en Norvège.
Cette recherche sur l’homme moderne et son appartenance à la nature est produite en collaboration avec des agriculteurs retraités, des pêcheurs, des zoologistes, des plombiers, des chanteurs d’opéra, des ménagères, des artistes, des universitaires et des parachutistes de 90 ans.
En tant que participants actifs dans notre société contemporaine, ces seniors encouragent la redécouverte d’un groupe démographique trop souvent étiqueté comme marginalisé ou même comme un cliché stéréotypé. Ce projet vise à générer de nouvelles perspectives sur nos identités et nos appartenances

Corey Arnold – (USA)
Corey Arnold vit à Portland, aux Etats-Unis, et est à la fois photographe et pêcheur.
Pendant deux mois chaque été, il part à la pêche au saumon sauvage à Bristol Bay, en Alaska. Le reste de l’année, il répond à des commandes pour la presse internationale, il monte des expositions et voyage.
“Lorsque l’économie a dégringolée en 2002, et que les commandes photo sont devenues rares, je décidé de partir vers le nord et de retourner pêcher en Alaska. J’ai décroché un emploi de matelot à bord d’un chalut. J’ai passé sept hivers à bord du f/v Rollo et documenté l’expérience.
Largement considéré comme l’un des jobs les plus dangereux du monde, nous avons enduré des vagues allant jusqu’à quarante pieds, et une succession apparemment sans fin de nuits sans sommeil, traînant régulièrement 800 livres de crabes sur le pont gelé. Je gardais deux appareils sur ma couchette, enveloppés dans des sacs Ziploc et du ruban adhésif, photographiant entre le travail et le sommeil.”

Renseignements et réservations : www.abbaye-silvacane.com
© Photos : Marie-Céline Solérieu