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« De A à Zize », un livre tendre et bouleversant. Rencontre en toute confidence avec Zize

On sait que faire rire est un exercice bien plus difficile que celui de faire pleurer. L’humoriste ne possède pas seulement les ficelles qui déclenchent l’hilarité, il doit connaitre l’âme et il doit avoir su pleurer. Quand Thierry Wilson, alias Louis Naïtana, alias Zize, décide, tout en continuant sa carrière, d’endosser le rôle de l’écrivain, cela donne « De A à Zize », un livre d’une sensibilité à fleur de peau, un texte que l’on n’a pas besoin de décrypter à l’aide d’un dictionnaire, un texte aux mots simples et beaux, des mots qui ne heurtent pas, mais qui caressent. « De A à Zize » aux Éditions NaraprodEvents.

Livre de Zize, auteur humoriste de a a zize

Thierry Wilson sort aux éditions NaraprodEvents « De A à Zize« , un livre étonnant où, sous une apparente simplicité – pas de mots grandiloquents, pas de pseudo psycho-analyse freudienne -, l’humoriste et auteur dévoile une intimité faite de pudeur et de tendresse, une partie de sa vie liée à ses mentors, des êtres chers dont il est, en quelque sorte, le corollaire. Ne dit-il pas lui-même :

« Je suis un artiste. Mais avant tout, je suis un héritier. Héritier de mon père, héritier de Coccinelle, héritier de Michou… Le premier était ouvrier à Marseille, les deux autres, étoiles des nuits parisiennes. Chacun m’a construit à sa manière. Et moi, le petit Louis, Jean-Louis, Thierry Wilson ou encore Loulou pour les intimes et Zize Dupanier, transformiste devenu humoriste, j’existe parce qu’ils ont existé. »

« Thierry Wilson, Zize … donner à réfléchir tout en distrayant »

interview zize dupanier sans maquillageS’il a vécu cent vies, s’il dit exister parce qu’ils ont existé, le livre révèle la volonté, la persévérance, le courage, la bonté d’un homme libre qui a su faire des choix sans jamais se renier. S’il juge malsains les actes et les jugements de certaines personnes, aucune méchanceté dans ses propos, aucune amertume. Ce livre est un livre doux et, si on ose un jeu de mots, un livre qui plait parce qu’il est bien écrit mais aussi parce qu’il panse des plaies. Thierry Wilson raconte des moments de vie et, sans en avoir l’air, pas donneur de leçon du tout, cet homme « dit » simplement la souffrance. On la devine entre les lignes, discrète, ténue, réservée. Il ne la nomme pas. Il confie seulement des moments d’existence, mais on « sait » qu’elle existe. C’est cela la force de ce livre : Thierry Wilson donne à réfléchir tout en distrayant.

Sous sa forme tranquille, « De A à Zize » est un véritable réquisitoire contre l’homophobie. Ni va-t’en-guerre, ni belliqueux, ni tragique, ce livre est un vrai plaidoyer, mais un plaidoyer tendre, pour la compréhension, la liberté de vivre, de penser, d’aimer, c’est un livre de tolérance, une leçon d’humanité.

« Je vous parle d’un temps… »

Et puis il y a les souvenirs, mais sans le spleen. Un mélange d’avant et d’aujourd’hui qui mêle sourire et nostalgie, Tout de bleu vêtu, Michou, disparu il y a peu… Coccinelle, divine reine des nuits, Bambi, Lolo Ferrari, Amanda Lear, Laam, Jean-Marc Thibault qui guide ses premiers pas en Zize, et tant d’autres. Il y a les célébrités et il y a les autres, moins connus mais aussi chers au cœur de l’auteur : Hortensia, Manue, Danièle Discala, Loulou, José… « De A à Zize » ressuscite délicieusement ce temps d’avant. Plus encore, mêlant le passé au présent, Thierry Wilson réveille chez le lecteur un plaisir dont il avait peur de perdre le goût, comme celui des cerises de notre enfance, et le rend actuel.

Zize Dupanier, un homme à l’humour décapant

On connait Louis Naïtana sous le pseudonyme de Zize Dupanier, une femme plantureuse au franc-parler -bien du sud, comme on les aime- un personnage fantaisiste jubilatoire et extravagant au talent étourdissant. Qui ne connait pas Zize ? On adore Zize car elle dit tout haut ce que nombre d’entre nous pensent tout bas. On en raffole parce qu’elle nous fait marrer sans vulgarité. On l’aime parce qu’elle est nature, elle est vraie. Les artistes sont victimes de leur succès. Louis n’existe plus pour le public, il est Zize de tout temps, et plus d’un jurerait qu’une femme se cache sous ses traits. Non, Louis Naïtana n’est pas Zize. S’il est épris de ce personnage de composition, s’il l’aime –on ne peut pas faire vivre un tel personnage sans l’affectionner – Louis, un homme tendre, généreux, attachant, fidèle, se cache sous les traits de la blonde un peu fadasse, au maquillage à la Marylin et à la répartie vive, abrupte et cocasse.

Nous avons rencontré Zize Dupanier

Danielle Dufour Verna – ProjecteurTV : Bonjour, le personnage de Zize que vous incarnez sur scène est tellement « foldingue » et survolté qu’on a peine à imaginer un tel livre.

Louis Naïtana : C’est un livre que j’ai fait avec mon cœur, à partir de mes souvenirs, de tous ces moments incroyables que j’ai eu la chance de vivre. Par rapport à mon personnage, j’ai un public populaire, des gens simples, des gens sincères, avec de vrais sentiments. J’écris pour eux.

Danielle Dufour Verna : Pourquoi ce livre ?

« C’est Mireille Dumas qui m’a incité à écrire ce livre. »

Louis Naïtana : C’est Mireille Dumas qui m’a incité à écrire ce livre et si elle n’avait pas insisté, je ne l’aurais pas écrit. Elle est venue au théâtre voir mon spectacle et m’a invité par la suite dans une de ses émissions. Pour préparer son émission, nous avons beaucoup parlé et elle m’a dit à ce moment-là : « Il faut que tu écrives un livre. Ta vie, c’est énorme, ce n’est pas que Zize ».

Danielle Dufour Verna : Votre livre, qui est un véritable réquisitoire contre l’homophobie, ni va-t’en- guerre, ni amer, ni défaitiste, un plaidoyer pour l’humanité, la compréhension, la liberté, vous l’avez enrobé de tendresse. Pour faire réfléchir ?

« Le droit à la différence. »

Louis Naïtana : Ce livre, j’ai voulu l’écrire aussi pour cela. Pour les parents aussi, pour les parents qui ont des enfants homosexuels. Au-delà de ma vie, de mon parcours, j’avais envie qu’il y ait ce message. Ça l’est aussi dans mon spectacle, ce droit à la différence.

Danielle Dufour Verna : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

« En amitié je demande beaucoup parce que je donne beaucoup. »

Louis Naïtana : Je suis quelqu’un de simple qui aime les choses simples, qui aime la nature, qui aime les animaux, qui aime les gens. Je suis né dans un bistrot. Mes parents avaient un bistrot dans le quartier des Aygalades à Marseille. C’était l’endroit où les gens qui avaient de la peine venaient un peu se raconter, s’oublier. C’était les confidents. Mon père était un homme généreux, grand cœur, qui avait toujours envie d’aider les autres. Au-delà du commerce c’était presque, pour eux, une profession de foi. Ils étaient vraiment engagés dans ce commerce avec leurs clients. Ils les respectaient. C’est ce que j’ai aimé quand je suis allé chez Michou plus tard. Michou disait : « Ce ne sont pas des clients qui viennent au cabaret, ce sont des amis qui viennent nous voir. » Mon père disait exactement la même chose. C’est pour cela que je suis un peu excessif. En amitié je demande beaucoup parce que je donne beaucoup, car l’amitié, c’est quelque chose d’important et la trahison est pour moi la pire des choses. Ce sont toutes ces valeurs que m’ont enseignées mes parents qui ont fait de moi l’artiste et l’homme que je suis aujourd’hui. Je suis quelqu’un d’honnête, voilà.

Danielle Dufour Verna : Quand on connait la situation de beaucoup d’homosexuels qui ont eu à subir le rejet de leurs parents, ne vous sentez- vous pas privilégié d’avoir des parents qui, à une époque où c’était encore difficile, ont eu ce regard d’amour et de compréhension ?

« Cette différence qui était en moi, de tout petit, n’a gêné personne parce qu’il y avait beaucoup d’amour. » Louis Naïtana : C’est le message. Cette différence qui était en moi de tout petit n’a gêné personne parce qu’il y avait beaucoup d’amour. Il y avait déjà beaucoup d’amour entre eux. Mon père et ma mère, c’est une grande histoire d’amour. Jusqu’à la fin de sa vie, j’ai entendu mon père dire à ma mère qu’elle était belle. C’est merveilleux. Ma mère dit toujours : « Je n’ai connu qu’un seul homme. » J’avais 17 ans. Il y a cet amour, ce respect, cette confiance qu’ils avaient en eux. Quand mon père est mort, elle n’a jamais pensé à refaire sa vie. Je voulais tellement que ma mère soit heureuse et, bien que j’aimais mon père et que je n’aurais jamais voulu qu’un autre homme le remplace, je lui ai dit « Maman, si un jour tu rencontrais quelqu’un, que tu refasses ta vie, pour finir tes jours avec quelqu’un et être heureuse…. » Ma mère a eu cette réponse magistrale : « Je te remercie beaucoup, mais j’ai vécu avec ton père 46 ans et il n’y a de la place pour personne. L’amour qu’on avait à se donner, on se l’est donné. »

Danielle Dufour Verna : L’amour des parents, la plus belle des leçons ?

« J’ai eu une vie sexuelle très tard. »

Louis Naïtana : Oui, ils ont su me faire une place dans leur amour. Puis le théâtre est entré très vite dans ma vie. La lecture, le théâtre, les livres ont pris beaucoup de place. Je dis toujours (rires) « J’ai eu une vie sexuelle très tard » parce que je n’avais pas de place pour ça.

Danielle Dufour Verna : Il y a, dans le livre, un passage très tendre consacré à votre rencontre avec Richard Martin, directeur du Théâtre Toursky.

Louis Naïtana : J’ai rencontré Richard Martin et Tania qui a été très maternelle avec moi, j’avais 12 ans. Elle m’a offert un livre de Debureau et je dis toujours que s’il y avait le feu dans la maison, la seule chose que je prendrais avant de sortir, ce serait ce livre. Je l’ai rescotché, recollé ; je lui ai fait refaire une couverture en plastique pour le conserver le plus possible. C’est une des choses à laquelle je tiens le plus.

Danielle Dufour Verna : Lorsque vous avez fait votre spectacle au Théâtre Toursky avec Festifemmes l’émotion devait être décuplée. Vous avez retrouvé l’ambiance de vos 12 ans ?

« C’est toi qui te cachais dans les pendrillons, qui regardais les répétitions. »

Louis Naïtana : Le lieu a beaucoup changé, mais j’ai retrouvé la même ambiance en discutant avec Richard. Le lieu n’est plus le même ; les gens qui sont autour ne sont plus les mêmes, c’est très différent, mais par contre Richard n’a pas changé, lui. Richard est toujours le même. Il est toujours engagé, toujours à fleur de peau, toujours très humain et je me souviens de ce qu’il a dit sur scène avant mon passage : « C’est toi qui te cachais dans les pendrillons, qui regardais les répétitions ». Il n’avait même pas oublié ça ! Je lui ai dit « Comment tu peux ne pas avoir oublié ça ? » et il m’a répondu : « Parce qu’un enfant caché dans les pendrillons, il n’y en a eu qu’un. » C’est merveilleux. Et pour mon livre, il m’a envoyé un message très gentil.

Danielle Dufour Verna : Et la deuxième opportunité de votre vie ?

Louis Naïtana : La deuxième opportunité de ma vie, c’est Coccinelle.

Danielle Dufour Verna : Pourquoi avoir donné, dans ce livre, autant d’importance à Coccinelle et à Michou ?

« Coccinelle et Michou m’ont appris que dans la vie « à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire » et qu’il faut aller jusqu’au bout de ses rêves. »

Louis Naïtana : Parce que ce sont deux rencontres incroyables. Deux rencontres de personnes qui sont parties de rien. La maman de Coccinelle était vendeuse de fleurs, son papa était laveur de carreaux. Michou, lui, était d’une famille décomposée, recomposée, élevé par sa grand-mère, un petit peu abandonné par sa maman qui s’était remariée. Il s’est retrouvé dans la rue, à Paris. Pour se débrouiller, il a dû faire des choses terribles et il les a assumées. Ces gens-là m’ont appris que dans la vie ‘à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire’ et qu’il faut aller jusqu’au bout de ses rêves. Et ils l’ont payé de leurs angoisses, ils l’on payé de leur différence, mais ils ont réussi. Ils sont devenus ce qu’ils voulaient être : Coccinelle une femme et une star puisqu’elle a été une vedette au même titre que Line Renaud et Joséphine Baker ; Michou a rivalisé avec les plus grands. Il fait partie des plus grands cabarets alors que c’est le plus petit du monde. J’ai beaucoup d’admiration pour ces gens-là et j’ai eu beaucoup de chance de les rencontrer parce qu’ils m’ont appris la détermination, le respect, le courage et le devoir.

Danielle Dufour Verna : Ce livre est un hommage à ceux qui vous ont formé ?

« J’ai eu la chance de rencontrer Coccinelle à une période de ma vie où je me rends compte de ma différence, de mes préférences sexuelles. »

Louis Naïtana : Complètement. C’est mon compagnonnage. Quand ça s’est arrêté avec Coccinelle, Michou a pris le relai. Je ne sais pas pourquoi, c’est la vie. C’est comme ça. Lorsque je suis parti du cabaret Michou, j’ai laissé un patron et j’ai gagné un ami. On se vouvoyait. Il m’a dit « Vous avez raison, il faut que vous réalisiez vos rêves, mais sachez que la maison vous sera toujours ouverte. » Il me disait, « vous ne mettez en danger que vous-même, vous n’avez pas d’enfant. Vous voulez partir, voir autre chose ; c’est un peu risqué parce qu’ici vous avez une place avec un salaire, une garantie, une sécurité, mais vous pouvez revenir quand vous voulez. » C’est comme chez les parents. C’est pareil. Les parents vous laissent partir pour voler de vos propres ailes mais si tu as une tuile, tu reviens à la maison et tu retrouves ta chambre de quand tu étais petit. Chez Michou c’était pareil. J’ai eu la chance de rencontrer Coccinelle à une période de ma vie où je me rends compte de ma différence, de mes préférences sexuelles. Je ne pouvais pas en parler à ma mère pourtant j’étais très proche, mais à Coccinelle, je peux tout dire. Et elle me dit : « Je ne peux pas t’éviter de faire des erreurs, je peux juste essayer qu’elles soient moins douloureuses. » Ce sont des mots qu’on ne peut pas oublier. C’est presque une maman qui peut dire ça. J’ai eu beaucoup de chance. J’avais une maman, et une autre maman.

Danielle Dufour Verna : Vous avez toujours votre maman ?

Louis Naïtana : Je l’ai toujours. Elle est d’ailleurs là, à côté de moi.

Danielle Dufour Verna : A la fin de votre livre, vous parlez d’un second tome…

« Le parisianisme, c’est terrible. C’est Paris, mais ça ne me dérange pas du tout. Quand je veux y aller, mon producteur me loue un beau théâtre pour deux mois, et ça marche tellement que j’y reste sept mois. Il y a peu d’artistes, même invités chez Michel Drucker, qui font ça ! »

Louis Naïtana : Effectivement. Là, j’ai raconté de A à Zize, de ma naissance à la naissance de Zize. Après, j’ai la chance de vivre cette seconde vie. J’ai eu 20 ans de cabaret, une carrière merveilleuse, extraordinaire. J’ai eu la chance de jouer au cabaret sur toutes les scènes d’Europe jusqu’aux États-Unis. J’ai eu une seconde chance, une seconde vie. A un moment je décide de ranger les gants et de faire autre chose car je ne voulais pas arrêter ma carrière d’artiste sans avoir essayé de jouer au théâtre. C’est là que je décide de créer Zize. J’ai fait ma première scène au théâtre du Tocard. Puis j’ai eu la chance de rencontrer René-Paul et Gabrielle de la Grande Comédie sur le Vieux Port au Quai du Rire. Ensuite, le premier Festival d’Avignon en 2014. Au bout de trois jours, nous avons été complet jusqu’à la fin du festival. J’ai toute cette aventure de vie incroyable à raconter dans un second tome et tout ce qui est difficile dans Zize parce que c’est trop marseillais, c’est un homme qui joue une femme, l’accent du sud. C’est Paris n’aime pas Marseille. Rien n’a changé. On parlait toujours de Sylvie Vartan, de Sheila mais jamais par exemple de Michèle Thor. C’était toujours la troisième roue de la charrette. Michèle me dit « Tu vois, ça n’a pas changé ! Mais ça n’a pas empêché que je fasse une carrière quand même et que je sois toujours là. » Et c’est vrai, je suis un artiste du sud, à Paris on n’en veut pas de moi. Et ça c’est terrible. Il y a ce parisianisme qui est terrible. Titoff a eu le même problème. La chance qu’il a eu, c’est d’être rentré dans « la bande à Ardisson » et après dans « la bande à Laurent Ruquier ». C’est Paris, mais ça ne me dérange pas du tout. Quand je veux y aller, mon producteur me loue un beau théâtre pour deux mois, et ça marche tellement que j’y reste sept mois. Il y a peu d’artistes, même invités chez Michel Drucker, qui font ça !

Danielle Dufour Verna : Vous me racontez votre rencontre avec François David et sa maison d’Éditions NaraprodEvents ?

« Vu pour vous, Zize, dans « La famille mamma mia », une fresque pagnolesque de notre temps. » Télérama

Louis Naïtana : La rencontre avec François David est assez incroyable. Lorsque je joue Zize pour la première fois à Paris, on y va pour deux mois et ça marche tellement qu’on y reste sept mois. Et là, je n’ai aucun article de presse, aucun journal, même pas une ligne dans Le Parisien, rien du tout. Et je suis furieux. Un matin, le directeur du théâtre vient me voir et me dit « C’est génial, regarde. Tu as un papier dans Télérama. » Et, effectivement, il y avait marqué « Vu pour vous, Zize, dans « La famille mamma mia », une fresque pagnolesque de notre temps. » Je me suis dit, mais c’est magnifique, et je reçois un message de Nicolas Pagnol : « J’ai vu dans Télérama une critique sur votre spectacle et j’aimerais venir vous voir. Il vient me voir et me dit, les dialogues, c’est tout-à-fait ça. Et là, je suis flatté. Pagnol, pour lequel j’ai une admiration sans borne, j’ai tout lu, relu, revu. C’est vrai que dans Zize, j’ai voulu y mettre du Pagnol, avec mes moyens, avec ma culture, avec moi. Je n’ai pas fait un copié-collé. Nicolas Pagnol qui me dit ça, ça me fait vraiment très plaisir. Il me dit qu’il inaugure à Marseille une boutique au Panier en hommage à mon grand-père. Je descends à Marseille, je déjeune chez un ami et dans ce restaurant, je rencontre un monsieur qui s’appelle Fanfan qui me dit « Salut, on se connait. On s’est rencontré à Paris avec Coccinelle quand je travaillais chez Laffont. » Sans plus, on déjeune et je ne parle même pas de Nicolas Pagnol. Et, à l’inauguration de la boutique de Nicolas Pagnol, je retrouve Fanfan. On reste donc en contact. Quand Michel Drucker que je connais vient à Marseille, il m’invite avec lui. On reste en contact, sans plus et le jour où Mireille Dumas m’a proposé de faire ce livre, elle me conseille de le faire chez Héraclès. Les conditions chez Héraclès, c’est : 1,80 euros par livre, pas d’avance et il faut que votre producteur en achète 1000. Je leur réponds que presque, c’est moi qui paie le livre. Si c’est comme cela, je pense à ce moment-là le sortir à compte d’auteur ce que tout le monde me déconseille. Ce que je ne savais pas. Pour moi, le monde de l’édition est un monde totalement à part. Je savais que Fanfan David organisait les salons du livre. Je lui ai téléphoné pour avoir son avis qui me dit « Ecoute, tu sais quoi ? Moi je suis en train de monter une société d’édition, si tu veux tu es mon premier livre et on fait 50/50. » Je lui ai dit « Mais quel bonheur de faire ça avec un Marseillais, à Marseille ».

Danielle Dufour Verna : Surtout avec Fanfan.

Louis Naïtana : Oui, surtout avec Fanfan. J’ai dit : « Mais Banco, on le fait tout de suite. »

Danielle Dufour Verna : La période de COVID et de confinement, dure pour vous ?

« Un livre et un album de 12 titres : « On peut rire de tout » »

Louis Naïtana : Ça a été difficile car le contact avec le public me manque énormément. Mais on a Internet et je manie pas mal cela. Je suis sur tous les réseaux sociaux. Je fais des pastilles vidéo. Je suis présent sur la toile avec des amis artistes comme Liane Foly, Amanda Lear, plein de choses. Finalement je me suis quand-même mis en scène et j’ai trouvé le moyen de rester en contact avec mon public. J’ai la chance d’être à Saint Rémy, dans cette maison de famille qui est un havre de paix, un bonheur. On passe des moments formidables avec un couple d’amis. On n’a pas vu le temps passer. Premier confinement, j’ai fini d’écrire le livre. Deuxième confinement, Alain Turban, chanteur des années 70 et surtout un auteur formidable, m’a proposé de m’écrire une chanson. Quand on est allé en studio, cette chanson s’est transformée au fil des jours en album et on a enregistré douze titres. Je n’avais jamais fait ça de ma vie. Ils m’ont fait chanter. Ils m’ont donné l’envie de le faire et de me surpasser. On a donc passé le deuxième confinement à enregistrer cet album qui sortira en mai et sera sur les plateformes de téléchargement à partir du 19 mai. J’ai contribué à l’écriture de textes, à donner des idées avec par exemple une chanson ‘Le Charme de Marseille’ parce que ça me tenait à cœur. Je voulais faire une chanson un peu comme faisait Franck Fernandel à l’époque. On a écrit de très jolies chansons sur plusieurs thèmes.

Danielle Dufour Verna : Un livre, un album, d’autres projets ?

« A 8h 33, tous les matins, « Le clin d’œil de Zize Dupanier » sur France Bleu Provence et à l’Alhambra de Paris, pour la 500e du spectacle, le 21 juin 2021. »

Louis Naïtana : J’ai d’abord beaucoup de chance car je suis depuis plus de six mois sur France-Bleu Provence tous les matins où je réveille les Marseillais et les gens de la Côte d’Azur, les gens du sud, avec les chroniques de Zize. C’est un bonheur de continuer cette aventure tous les matins.

Danielle Dufour Verna : C’est un bonheur, mais il faut avoir l’esprit vif…

Louis Naïtana : Ah, mais moi j’adore ça ! J’adorerais participer aux Grosses Têtes ; à Paris, j’avais eu la chance d’intégrer les artistes du Théâtre des deux ânes qui faisaient une émission de radio extraordinaire « Le Clan des Chansonniers » et j’ai passé avec ces gens pleins d’esprit des moments extraordinaires. On s’amusait beaucoup. J’adore ça. J’aime l’impro, tout ça. Après, bien sûr, cet été, on a un gala à Allauch, au Théâtre de Verdure, qui me tient beaucoup à cœur. J’ai plusieurs dates de spectacle en été. Dans un premier temps, retrouver la scène, retrouver le public, les gens et des gens que j’ai connus et que je n’ai pas pu voir encore. Il y a une fille formidable qui a fait une poupée Zize, c’est fabuleux. On m’avait fait un souvent Zize rose fushia qui était formidable. Travailler avec des gens de la région, des artisans…

Danielle Dufour Verna : José, votre compagnon, vous a amené un équilibre…

« On se complète tellement. »

Louis Naïtana : Complètement. Dans ma vie, à un moment où ça n’allait pas. Je le raconte dans mon livre. José, c’est la force tranquille, voilà. Moi, quelquefois je peux être très naïf, candide. Lui est beaucoup plus terre à terre. José, c’est un terrien. Ses parents font du vin, ce sont des gens de la terre. Ils sont respectueux de leur héritage. Lui c’est le rat des champs, et moi le rat des villes. On se complète tellement.

zize album on peut rire de tout

Danielle Dufour Verna : Vos goûts en matière de musique.

« J’ai toujours été comme ça, de tout petit, curieux. »

Louis Naïtana : J’aime tout. Mais auparavant je me disais je n’aime pas le rap etc. Puis j’ai été contacté pour être la marraine d’une association de l’Estaque qui œuvre pour les enfants malades. Le parrain de l’association c’est Grand Corps Malade et là j’ai découvert Fabien avec son univers, son pianiste. Ils viennent jouer pour les enfants malades. Finalement je me suis rendu compte que j’aimais le Slam alors qu’au départ ce n’était pas mon truc (rires). J’adore le jazz, c’est pour ça que je suis ami avec Liane Foly parce qu’on partage cette passion. Mais j’aime la variété et je suis très proche de beaucoup d’artistes des années 80. J’ai été régisseur sur la tournée avec Olivier Kaefer quand ils ont créé « Les Années 80 ». Donc je suis parti avec Julie Pietri, Jean-Luc Lahaye. Et, chez Michou, j’avais la chance de partager la loge avec Hortensia qui faisait Brigitte Bardot et qui, lui, m’a fait découvrir l’opéra. L’opéra italien bien sûr, mais aussi Wagner etc. J’aime découvrir des choses. J’ai toujours été comme ça, de tout petit, curieux. D’abord je posais toujours la question : Et pourquoi ?

Danielle Dufour Verna : Qu’est-ce qui vous apaise, la nature ?

Louis Naïtana : Il y a plein de gens qui me disent mais tu ne t’ennuies pas ? J’aime les fleurs, les toucher, la nature. J’aime m’occuper du jardin, trifouiller dans la terre, planter. J’aime le ciel bleu.

Danielle Dufour Verna : Le bonheur pour vous, qu’est-ce-que c’est ?

« Entendre un enfant qui joue… Les choses simples de la vie. »

Louis Naïtana : Le bonheur, c’est tout. C’est entendre un enfant qui joue. Regarder un rouge-gorge chanter le matin quand je bois mon café ; un écureuil qui saute d’une branche à l’autre, mon chien qui me porte la balle ou qui dort près de la cheminée ; un feu de bois, les amis ; profiter de chaque moment ; les choses simples de la vie.

Zize Dupanier, Thierry Wilson … Bravo l’Artiste !

« De A à Zize », un livre, un album où chantent les cigales, des chroniques sur France-Bleu du lundi au vendredi à 8h 33 le matin. Loulou est un sentimental optimiste. Thierry, un écrivain talentueux. Zize est marseillaise, belle, pétillante. Bravo l’artiste !

L’album « On peut rire de tout »

1 – Faites chauffer la colle ! Single de lancement
2 – La reine des cagoles
3 – Les gros nénés
4 – Je suis comme je suis
5 – Le charme de Marseille
6 – Sexygénaire
7 – J’aime tes rouleaux de printemps
8 – Zize arobase point com
9 – Le phénomène
10 – Tous ces garçons
11 – On peut rire de tout !
12 – Ma différence

Date : 19 mai 2021

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