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Martin Helmchen et l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo fêtent Mozart

Ce dimanche 30 janvier à 18h à l’auditorium Rainier III, l’artiste en résidence Martin Helmchen a ébloui le public dans le concerto pour piano n°17 de Mozart, accompagné de talentueux solistes dans le sublime quintette pour piano et vents K.452. En deuxième partie, le directeur artistique Kazuki Yamada a dirigé la non moins sublime Sérénade n°10 « Gran Partita » pour 13 instruments à vent. Rencontre avec un pianiste virtuose authentique.

Martin Helmchen Pianiste classique virtuose OPMC

Le pianiste classique et virtuose Martin Helmchen, artiste en résidence de la saison 2021 / 2022 à l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo pour fêter Mozart.

L’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo fête l’anniversaire de Mozart !

Les Moments Mozart, un feu d’artifice musical

Du 25 janvier au 6 février 2022, l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo fête l’anniversaire de Mozart ! C’est un nouveau rendez-vous musical que l’OPMC propose à partir de cette année, avec une série de 6 concerts symphonique et musique de chambre, consacrés au génial compositeur autrichien, autour de sa date d’anniversaire, le 27 janvier 1756. Œuvres phares côtoieront pièces moins connues mais tout aussi belles, sur deux semaines, avec des programmations pour tous les goûts et tous les publics : concerts symphoniques, pièces vocales, musique de chambre, concert Jeune Public… Le tout interprété par les meilleurs artistes mozartiens du moment : le chef hongrois Gábor Takács-Nagy, la soprano égyptienne Fatma Saïd, le pianiste allemand Martin Helmchen (artiste en résidence cette saison à l’OPMC), les pianistes français David Fray et David Bismuth, sans oublier le directeur artistique et musical Kazuki Yamada et les solistes de l’OPMC. A noter la participation exceptionnelle de Cecilia Bartoli au concert du 6 février. Un feu d’artifice musical à ne pas manquer.

Rencontre avec Martin Helmchen, pianiste, artiste en résidence à l’OPMC

Quand l’intelligence du jeu se fait pianiste, elle s’appelle Martin Helmchen, l’un des pianistes actuels les plus demandés et les plus recherchés, caractérisé par l’originalité et l’intensité de ses interprétations, parallèlement à son excellente sensibilité tonale et ses capacités techniques. En 2020, Martin Helmchen a reçu le prestigieux Gramophone Music Award pour son enregistrement de l’intégrale des concertos pour piano de Ludwig van Beethoven avec le Deutsches Symphonie-Orchester Berlin sous la direction d’Andrew Manze, publié par Alpha Classics. Au cours de la saison 2021/22, Martin Helmchen est artiste en résidence de l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo.

Quintette et pianiste Martin Helmchen residence artiste OPMC Moments Mozart

Martin Helmchen au moment des répétitions du concert Mozart accompagné de Matthieu Petitjean hautbois Marie-B. Barrière-Bilote clarinette Arthur Menrath basson Andrea Cesari cor

Quand l’intelligence se fait pianiste

« Je ne cherche pas à plaire, je veux être authentique. »

Danielle Dufour Verna – Vous êtes en résidence et jouez le 30 janvier dans le cadre des Moments Mozart de l’orchestre philharmonique de Monte Carlo.

Martin Helmchen –Plusieurs concerts ont été reportés à cause du Covid mais je serai bien là pour les Moments Mozart.

DDV – J’imagine que le climat de Monte-Carlo est différent de celui de Kronberg où vous résidez. Qu’est-ce qui vous inspire le plus, la lumière vive du sud ou celle, plus tamisée, du nord ?

Martin Helmchen – oh c’est une belle question ! Kronberg n’est pas l’endroit où je vis. Je vis entre Berlin et Dresde. C’est vraiment un climat différent et j’ai, toute ma vie, aimé le sud méditerranéen. Adolescent, je suis tombé amoureux de la Méditerranée et nous, Allemands, avons une relation spéciale avec la Méditerranée, bien plus qu’avec n’importe quel autre endroit. Mais je dois dire que j’aime de plus en plus le nord. Nous vivons ici entre forêts et lacs et j’aime cela de plus en plus.

Interview Martin Helmchen pianiste classique Mozart

©Giorgia Bertazzi

DDV – Parmi tous les compositeurs, quelle importance a Mozart pour vous et lequel préférez-vous interpréter ?

« Il y a eu un moment dans ma vie où j’ai arrêté d’avoir peur. »

Martin Helmchen – J’ai énormément joué les concertos de Mozart pour piano et orchestre. Ce sont sans-doute les concertos les plus sublimes que l’on n’ait jamais composés. Les concertos de Mozart, aussi bien dans la quantité que dans la qualité, sont d’une richesse infinie. Il est impossible de dire lequel est votre favori. Non seulement chaque pianiste, mais chaque instrumentiste a peur de jouer Mozart car c’est tellement transparent, tellement délicat. Bien jouer, convaincre avec l’interprétation, relève d’un fil ténu. Si quelque chose va mal techniquement, on le voit immédiatement. Aussi, beaucoup d’instrumentistes ne se sentent pas à l’aise pour jouer. Il y a eu un moment dans ma vie où j’ai arrêté d’avoir peur. Le concert numéro 17 n’est pas beaucoup joué mais c’est définitivement l’un des plus riches, des plus originaux et des plus beaux.

DDV – Avez-vous déjà joué sous la direction musicale de Kazuki Yamada ?

Martin Helmchen – Oui, souvent et nous nous sommes immédiatement bien entendus. Je me souviens de la première fois où nous nous sommes rencontrés lors d’un congrès en Suisse. Nous avons joué un concerto de Schuman ensemble et ce fut un moment exceptionnel de sentiment musical et d’entente immédiate. C’était très inspirant. Nous avons joué plusieurs fois ensemble par la suite. Cela a toujours été formidable et j’espère que nous jouerons beaucoup ensemble tout au long de notre vie.

DDV – L’écoute du public est importante. Est-ce qu’elle interfère dans votre manière de jouer ?

« Nous devons être vrais dans notre travail »

Martin Helmchen – C’est une question très intéressante. Je pourrais en parler des heures. J’ai l’impression d’avoir trop peu de contact avec le public. On ne peut pas vraiment expliquer pourquoi on est musicien classique, pourquoi on joue Mozart par exemple. Je pense qu’il faut travailler afin d’avoir plus de contact mais il faut penser la manière de communiquer. J’ai un peu parlé des pièces de Prokofiev lors d’un concert à Monte-Carlo. Entendre la voix de l’interprète est une bonne étape pour la compréhension et l’écoute, on devrait le faire plus souvent. Il est important de savoir que nous sommes tous humains, tous les mêmes, spectateurs ou interprètes. Ne pas rester statique. Je pense qu’un artiste compositeur, interprète, au moment où il joue, ne doit pas penser à ce qu’aime le public. Nous devons être très confiants en notre travail, prêter attention au compositeur, donner le meilleur de nous-mêmes, être vrais et fidèles et ne pas chercher à plaire à l’audience. Nous devons être vrais dans notre travail, parfois surprendre l’audience et livrer quelque chose de spécial. Je pense qu’il est très dangereux de penser au succès de l’audience et d’attendre son approbation. Je ne cherche pas à plaire, je veux être authentique.

DDV – Vous êtes jeune, reconnu ; vous avez foulé les plus grandes scènes du monde. Comment envisagez-vous votre avenir ? Cette vie de concertiste ne pèse-t-elle pas un peu à la longue ?

Martin Helmchen – Avant toute chose, je suis très excité de passer ma vie avec ces compositeurs, tous, contemporains ou pas. Je suis absolument excité de faire cela pendant toute ma vie. Je ne fais jamais la même chose. Je connais des choses et des gens nouveaux avec de nouvelles perspectives dans la musique. Je serais le plus heureux de faire cela toute ma vie et devenir meilleur musicien encore. C’est vrai que c’est également une vie et une situation difficile avec une famille. J’aime voyager et j’aime rencontrer les gens à travers le monde et faire entendre partout le langage de la musique. C’est toujours fascinant pour moi de voir comment en Afrique, ou au Japon, ou en Argentine, comme le public peut s’émouvoir à la musique et par ce langage commun que nous essayons de comprendre. C’est définitivement ce que je veux garder pour le reste de ma vie.

DDV – Une dernière question : quelle est votre conception du bonheur ?

« Je ne pourrais pas envisager le bonheur sans des relations profondes et vivantes. »

Martin Helmchen – Pour moi, le bonheur a toujours à voir avec les relations. Comme je trouve que ce qui est le plus épanouissant dans la musique, ce sont les relations multiples et profondes entre l’artiste, le public, le compositeur et l’interprète, je ne pourrais pas non plus imaginer le bonheur sans des relations profondes et vivantes dans d’autres domaines de la vie. Je suis également une personne religieuse, où l’on retrouve le même concept de relation avec ce que l’on peut appeler Dieu, ou avec les autres croyants, ce qui ressemble beaucoup à l’expérience de communion que l’on peut vivre dans un concert classique.

Photo à la Une : ©Giorgia Bertazzi

Localisation : Monte-Carlo
Date : 4 février 2022

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