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Gladys Cohen, une actrice magistrale aux talents multiples

Gladys Cohen est une artiste aux multiples facettes : cinéma, chant, musique, amour pour les langues. On la connait surtout à l’écran dans le rôle de Madame Boutboul, personnage dont on se lasse pas, pour le film « La Vérité si je mens » de Thomas Gilou et dernièrement à travers son interprétation de Seta Malkavian dans la série « Plus belle la vie ». Portrait d’une artiste entière, pétillante, aux yeux vifs et rieurs, et cela nous fait du bien !

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Rencontre intime avec Gladys Cohen, actrice de cinéma français et de théâtre, cantatrice, violoniste, connue pour ses rôles dans le film « La Vérité si je mens » (Maman Boutboul) et la série « Plus belle la vie » dans le rôle de Seta Malkavian. Autre talent, Gladys Cohen parle 9 langues couramment :  l’Hébreu, l’Arabe, le Grec ancien, le Français, l’Anglais, l’Espagnol, l’Italien et l’Allemand !

« Les gens vous voient dans un rôle, ils n’ont aucune imagination pour vous imaginer dans autre chose »

« Maman Boutboul: « Pour le traiteur, j’ai pensé qu’on pourrait prendre Lenôtre »
Maman Benamou : « Pourquoi pas. Et qui c’est ? »
Maman Boutboul : « Comment ? »
Maman Benamou : « Le traiteur ! Qui c’est ? »
Maman Boutboul : « C’est Lenôtre. Mais si vous préférez prendre le vôtre… »
Maman Benamou : « Nan, on a qu’à prendre le vôtre »
Maman Boutboul : « Parfait »
Maman Benamou : « Alors ? C’est qui ? J’ai compris, vous voulez pas le dire ! »

Gladys Cohen est Maman Boutboul, la mère de Dov, La vérité si je mens (1997)

Gladys Cohen, une artiste aux talents multiples

On la connait surtout par ses rôles dans le film culte « La Vérité si je mens » de Thomas Gilou et pour son interprétation de Seta Malkavian (la mère de Sacha) dans « Plus belle la vie », Gladys Cohen est une actrice aux talents multiples : violoniste, cantatrice, comédienne, actrice ; elle a eu plusieurs vies. Entière, pétillante, des yeux vifs et rieurs, Gladys est une femme qui fourmille d’idées, éminemment à l’aise dans son métier d’actrice et dont le regard intelligent scrute le monde -elle parle 9 langues-. On peut regretter de la voir trop souvent cantonnée aux mêmes rôles.

Nous avons rencontré Gladys Cohen, cette superbe actrice

« Elle nous confie qu’elle adore Marseille et ce soleil indispensable à sa vie »

Danielle Dufour-Verna – Projecteur TV : Gladys, quel a été votre parcours ?

Gladys Cohen : Oh mais ça remonte à la protohistoire si on peut dire ! J’ai débuté à l’âge de 4 ans comme violoniste puis, tout en continuant le violon, j’ai commencé à étudier le chant à l’âge de 18 ans et je suis devenue cantatrice d’opéra. Je suis partie en Italie, à l’école de La Scala où j’ai fait partie des cinq sélectionnés sur les 500 qui se sont présentés. J’ai beaucoup chanté en Italie, en Europe, en Israël, un peu partout pendant presque trente ans. J’ai fait des études de lettres, de philosophie et de langues qui m’ont permis d’approfondir toutes les langues dans lesquelles je chantais. Puis le cinéma m’est tombé sur la tête. A partir de là, il y a eu des concours de circonstances tragiques qui ont fait que j’ai dû laisser le chant et je me suis engagée dans le cinéma.

Danielle Dufour-Verna : Et le violon ?

« Chef de pupitre des seconds violons »

Gladys Cohen : Je n’ai jamais arrêté le violon. J’ai été violoniste à l’orchestre de Madrid, aussi bien à l’orchestre de la télévision qu’à la « Orquesta Nacional » qu’on traduirait par Orchestre National qui sont les deux grands orchestres qui existent à Madrid et que viennent diriger tous les grands chefs d’orchestre. J’ai été moi-même dirigée par de grands chefs d’orchestre comme Abado et tant d’autres. J’étais « premier » des seconds violons, c’est-à-dire chef de pupitre des seconds violons. D’ailleurs je chante toujours, je joue toujours du violon et j’étudie toujours les langues comme l’Hébreu, l’Arabe, le Grec ancien, que j’approfondis et je parle les cinq autres grandes langues européennes, Français, Anglais, Espagnol, Italien, Allemand, que je pratique régulièrement.

Danielle Dufour-Verna : Avec un tel bagage, on peut faire pratiquement le tour de la planète ?

« Je chante toujours, je joue toujours du violon et j’étudie toujours les langues comme l’Hébreu, l’Arabe, le Grec ancien, que j’approfondis et je parle les cinq autres grandes langues européennes, Français, Anglais, Espagnol, Italien, Allemand, que je pratique régulièrement. »

Gladys Cohen : (Rires) Théoriquement oui, pratiquement, il me reste encore beaucoup de contrées à aller visiter et de langues à apprendre. Mais je crois que ce sera dans une autre vie ! J’aurais aimé apprendre une langue asiatique, le Japonais ou le Chinois mais je n’aurai pas le temps ! (rires) C’est compliqué. Le Russe, je l’ai abordé parce que j’ai dû chanter Tatiana dans Eugène Oneguine de Tchaikowski. J’ai commencé à l’apprendre et mon prof de Russe est parti. Comme je fonctionne avec l’amour des profs, si je n’en retrouve pas un, je laisse tomber. Ça a été d’ailleurs une approche magnifique parce que j’adore le Russe.

Danielle Dufour-Verna : Vous étiez soprano et je vous ai entendue chanter. Vous avez gardé une très belle voix. Comment fait-on pour la conserver ?

Gladys Cohen : Il faut avoir une bonne technique, c’est très important. Il faut travailler et avoir une très grande hygiène de vie. Après, on a la voix que la nature nous a donnés. Je fais très attention à ma voix. Je fais attention à ne pas tomber malade etc.

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Gladys Cohen dans le film « La Vérité si je mens » – Capture écran

Danielle Dufour-Verna : Parlons cinéma. Vous dites que ça vous est tombé sur la tête.

Gladys Cohen : J’avais une meilleure amie cinéaste qui était l’amie d’un frère d’adoption avec lequel j’ai fait beaucoup de récitals. Elle a toujours voulu me faire faire du cinéma. J’ai commencé avec elle un court-métrage qui s’est révélé, parait-il, extraordinaire. Tout le monde me disait que je prenais merveilleusement la lumière et la caméra. Elle a fait ensuite un long métrage dont j’ai également fait partie. Ce qui m’est tombé sur la tête, en fait, c’est « La vérité si je mens » numéro 1. C’est-à-dire après avoir fait ces deux premières tentatives, c’est ce qui a ouvert les portes. C’est quelque chose qui est devenu incontournable dans le paysage cinématographique français.

Danielle Dufour-Verna : Culte…

Gladys Cohen : Oui, culte, absolument ! ça a été une rencontre assez extraordinaire parce que personne ne s’y attendait, et certainement pas moi, à jouer le rôle d’une mère juive avec l’accent pied-noir. Ça fait d’ailleurs partie de la 8e langue que je parle (rires).

Danielle Dufour-Verna : Vous prononcez plusieurs répliques cultes de ce film…

« Le rôle qu’on m’a donné est un rôle que les gens adorent : la mère à qui l’on prête toutes les qualités du monde et les défauts qui vont avec. »

Gladys Cohen : Oui, beaucoup de celles qui sont devenues cultes, absolument ! Et le rôle qu’on m’a donné est un rôle que les gens adorent : la mère à qui l’on prête toutes les qualités du monde et les défauts qui vont avec. C’est un personnage qui est plutôt sympathique avec lequel on n’a pas de mal à s’identifier. On n’a pas de mal à m’aimer. Ça a été aussi une grande chance.

Danielle Dufour-Verna : Est-ce qu’en contrepartie, cela ne vous a pas cantonnée dans ce genre de rôle ?

« Les gens vous voient dans un rôle, ils n’ont aucune imagination pour vous imaginer dans autre chose »

Gladys Cohen : Oui, et cela, c’est de la faute des institutions, de la façon dont cela fonctionne. Les gens vous voient dans un rôle, ils n’ont aucune imagination pour vous imaginer dans autre chose. Ça vous limite, alors que dans certains pays, on voit des acteurs et des actrices qui ont la chance de pouvoir sortir des rôles dans lesquels ils ont été, eux aussi, cantonnés. Bien sûr que peut-être je mourrai sans qu’on m’ait donné la possibilité de montrer ce dont je suis capable mais si dans « Plus Belle la Vie », j’ai interprété des situations tragiques auxquelles je ne m’attendais absolument pas. Même si dans ce film qui s’appelle « Fracture » j’ai pu donner un côté de mon jeu qu’on ne voit pas très souvent, tragique justement. En même temps, j’adore faire rire ! Ce n’est pas donné non plus à tout le monde !

Danielle Dufour-Verna : Faire rire, dit-on, est plus difficile que faire pleurer…

Gladys Cohen : C’est ce qu’on dit. J’aurais bien voulu jouer les méchantes, mais personne ne veut me le faire jouer, faire des choses différentes.

Danielle Dufour-Verna : « Plus Belle la Vie », vous m’en parlez ?

« Celui qui joue le rôle de mon fils, Avy Marciano, a décidé de quitter la série. »

Gladys Cohen : Je suis très contente d’y revenir ces jours-ci et en même temps je suis très triste parce qu’on ne m’appelle pas suffisamment. On m’a aussi cantonnée dans un certain rôle et pourtant dieu sait que je n’ai pas cessé de donner des idées aux auteurs mais visiblement, ça ne les intéresse pas ! En plus, apparemment, celui qui joue le rôle de mon fils, Avy Marciano, a décidé de quitter la série. Donc est-ce qu’on me gardera puisque je suis la mère de Sacha (Avy Marciano) ? Est-ce qu’on me donnera autre chose ? Je n’en ai aucune idée. Il me semble que ça va plutôt se terminer et c’est très triste, très triste pour moi. Non seulement parce que « Plus Belle la Vie » a été comme une sorte de famille pour moi, mais aussi parce que j’adore Marseille.

Danielle Dufour-Verna : Difficile, quand on est habitué au cinéma, de jouer dans un feuilleton comme « Plus Belle la Vie » ?

Gladys Cohen : Par excellence, l’art est difficile. Est-ce que c’est difficile pour moi ? Non. Est-ce que c’est difficile in a fractè, oui. Dans le cinéma, il faut trouver la fraicheur et l’inspiration constamment, même si on fait vingt fois la même prise. C’est cela la difficulté. C’est de trouver à chaque fois le sens du rôle qu’on interprète. Dans la série, c’est un personnage que l’on connait, avec lequel on vit. On connait ses réactions. On s’y attend d’une certaine façon. Et ça va vite. C’est encore une autre technique. Il faut être parfaite tout-de-suite. Ça aussi c’est difficile. Il faut être immédiatement efficace : pleurer tout-de-suite si tu dois pleurer, etc.

Danielle Dufour-Verna : Malgré la COVID, des projets ?

« J’avais commencé à écrire un « One Woman Show ». »

Gladys Cohen : Pour l’instant, je crois qu’on va terminer en beauté avec « Plus Belle la Vie » puisque Sacha va avoir toute une arche, c’est-à-dire, toute une histoire qui va se développer dans sa vie et comme j’en fais partie, je serai certainement là également. Pour l’instant, avec tout ce qui se passe, tout est arrêté. J’ai été, il y a deux ans, la maitresse de cérémonie du Festival de Musique d’Albi qui mettait l’Espagne à l’honneur. Comme vous le savez j’ai de très belles racines espagnoles et je maitrise la langue parfaitement. J’ai donc chanté tout un récital en Espagnol et j’ai présenté des œuvres importantes programmées dans ce festival. J’avais commencé à écrire un « One Woman Show ». Ça s’est arrêté avec le confinement et je ne sais pas quand ça reprendra. Pour l’instant l’inspiration n’est plus là.

Danielle Dufour-Verna : A cause du virus?

« J’ai pensé pendant un mois que j’allais mourir »

Gladys Cohen : Je ne sais pas. Oui, je pense qu’il y a eu une influence négative. Je l’ai eu, donc ça m’a beaucoup touchée. J’ai pensé pendant un mois que j’allais mourir. C’était horrible avec le climat anxiogène qu’il y avait. Grâce à dieu, ça ne s’est pas passé comme cela. On a surmonté les choses mais entre-temps, ça a bloqué quelque chose, je ne sais pas quoi. Ça va peut-être se débloquer, ça n’est pas exclu ! C’était ça les projets qu’il y avait sur la table.

Danielle Dufour-Verna : Vous employez souvent la phrase « Grâce à Dieu ! ». La religion compte beaucoup dans votre vie ?

Gladys Cohen : Pas du tout ! C’est une formule de langue qui appartient à ma mère et qu’elle m’a léguée. C’est une expression, je ne sais pas en fin de compte grâce à qui, grâce à dieu peut-être ! Si on me prouvait l’existence de Dieu, j’accepterais !

Danielle Dufour-Verna : On accepterait tous ! Pour vous, le bonheur, c’est quoi ?

Gladys Cohen : Pour moi, le bonheur, c’est qu’il n’y ait pas de tragédie. Qu’il n’y ait pas de tragédie dans la vie qu’on mène jusqu’au bout.

Danielle Dufour-Verna : La tragédie vous a touchée de près ?

Gladys Cohen : Eh bien oui ! Quand on connait les conséquences quand elle vous touche, c’est cela qu’il faut souhaiter. En tous cas, c’est ce que je me souhaite, échapper au tragique de la vie. C’est cela pour moi, la clé du bonheur. Et puis, prendre le maximum de soleil et de vitamine D dès que c’est possible ! (rires)

Danielle Dufour-Verna : Qu’est-ce-qui vous apaise ?

Gladys Cohen : La lumière, la lumière, le soleil, et lire bien sûr. Quand je nourris mon esprit avec toutes les choses que j’aime et dieu sait que j’aime beaucoup de choses, à ce moment-là, j’éprouve des moments de très grande intensité de bonheur. C’est certain, oui !

Date : 27 avril 2021

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