Pour « la der des ders » de l’Opéra Grand Avignon, rencontre avec Raymond Duffaut et Florian Laconi

10 juin 2017

© Jacques Jarmasson

Pour clôturer la saison lyrique, deux représentations exceptionnelles de Faust sont à l’affiche de l’Opéra Grand Avignon, ces vendredi 9 juin à 20h00 et dimanche 11 juin à 14h30.

Sur une mise en scène de Nadine Duffaut, une remarquable distribution est proposée avec Nathalie Manfrino dans le rôle de Marguerite, Florian Laconi dans celui de Faust et Jérôme Varnier dans celui de Méphistophélès.

 

A leurs côtés, nous trouverons la « grande dame du chant lyrique » Marie-Ange Todorovitch dans le rôle de Dame Marthe, Lionel Lhote dans celui de Valentin, Samy Camps est Siebel et Philippe Ermelier incarne Wagner.

Nous avons eu le privilège de rencontrer Florian Laconi et Raymond Duffaut en marge des répétitions.

Raymond Duffaut, pourquoi avoir choisi Faust pour clôturer votre dernière saison lyrique à l’Opéra Grand Avignon ?

« Faust est le premier opéra que j’ai vu durant la saison 1948/49. Je souhaitais terminer avec un ouvrage Français, avec une distribution Française, une façon de boucler la boucle. Et si j’en ai confié la mise en scène à Nadine Duffaut, c’est également pour une raison précise : le grand-père de Nadine était directeur du conservatoire de Boulogne et chef d’orchestre, et à l’âge de 7 ans, elle l’a vu s’effondrer au pupitre durant la générale, mort d’une crise cardiaque. Depuis ce jour, son rêve fut de monter Faust ».

 

Florian, pour vous également cet opéra est chargé de symbole.

« En effet, j’ai chanté Faust en 1999, à l’âge de 22 ans, ce qui est une hérésie, on ne chante pas Faust si jeune, mais c’était avec un orchestre d’amateurs dans la région de Metz, et cela reste un très bon souvenir pour moi … pour le public j’en suis moins sûr … (rires…) »

 

Cette année, sur la scène Avignonnaise, vous êtes passé de Katia Kabanova au Chanteur de Mexico puis Faust, c’est ce qui s’appelle un grand écart !

« Oui, surtout de Katia en novembre et Le Chanteur en décembre, mais pour moi je considère que c’est le même métier. Un métier de scène, où il faut donner toute son âme lyrique ou dramatique. Les plus grands ont chanté et l’Opéra et l’Opérette sans discernement avec le même amour de la musique ! Quant à Faust, ce qui me plaît beaucoup c’est d’abord le mythe, et puis il y a le fameux Air que tout le monde attend. C’est un rôle très long et exigeant, mais surtout très connu, avec d’illustres interprètes précédents, d’où cette difficulté supplémentaire. De plus il se termine par le trio de la prison, un des plus difficiles du répertoire, qui finit sur des notes très aigües ».

 

S’il y a un rôle que vous n’avez pas encore eu l’occasion d’interpréter, et que vous aimeriez chanter, quel serait-il ?

« Déjà sur Avignon, j’ai exploré une palette très large de mon répertoire, mais comme j’adore le répertoire Français, ​ et que​ je n’ai pas encore chanté Werther de Massenet​, ​j’attends donc que l’on m’offre cette opportunité ».

 

Opéra en cinq actes de Charles Gounod
Livret de Julies Barbier et Michel Carré

Mise en scène : Nadine Duffaut
Chorégraphie : Eric Belaud
Décors : Emmanuelle Favre
Costumes : Gérard Audier
Lumières : Philippe Grosperrin
Orchestre Régional Avignon-Provence dirigé par Alain Guingal